Gouvernance

Burundi: Retour des marchés dans les mains de l’Etat

Une remise et reprise émaillée de chicaneries entre la mairie de Bujumbura et la société SOBUSE (Société Burundaise des Services) qui gérait les marchés de Ruvumera et Cotebu a été effectué en date du 31 mars 2017. La mairie de Bujumbura a procédé à la mise en pratique de la décision prise lors de la retraite gouvernementale de juillet-août 2016 selon laquelle tous les marchés exploités par les privés doivent retourner dans les mains de l’Etat.

marché

Ir Ramadhan Nkurikiye, conseiller principal du maire de la ville de Bujumbura : « Si une des parties se sent lésée, elle peut saisir les juridictions compétentes, mais nous, nous privilégions le dialogue pour résoudre le problème à l’amiable. »

Ir Ramadhan Nkurikiye, conseiller principal du maire de la ville de Bujumbura qui préside la commission multisectorielle de la mise en exécution de mesure prise par le gouvernement fait savoir que le contrat entre la société SOBUSE et la mairie de Bujumbura a déjà expiré depuis février 2017. Du côté de SOBUSE, il semble qu’ils ne soient pas prêts à céder la gestion des marchés de Ruvumera et Cotebu alors qu’ils étaient avisés depuis novembre 2016. L’intérêt du changement des gestionnaires des marchés est que les recettes que la mairie va encaisser ne seront plus les 17 millions de FBu par mois que donnait SOBUSE, mais la mairie compte percevoir le double et même le triple de cette somme pour le seul marché de Ruvumera, précise Ir Nkurikiye.

Un transfert mal ficelé

Lors de cette remise et reprise, la commission multisectorielle s’est heurtée à une résistance de la part de l’équipe dirigeante de SOBUSE. Depuis 10 h du matin jusqu’à 14 h, les membres des deux côtés se sont réunis pour trouver une solution, mais les membres de SOBUSE ont refusé de signer la remise et reprise et sont sortis avant la fin de l’activité, la colère se lisant sur leurs visages. Il faut noter que les OPJ ont procédé à l’identification du matériel en l’absence de SOBUSE. Les percepteurs envoyés par la mairie ont commencé leurs travaux le même jour. Ir Nkurikiye tranquillise cette société : « Si une des parties se sent lésée, elle peut saisir les juridictions compétentes, mais nous, nous privilégions le dialogue pour résoudre le problème à l’amiable. » 

A quand l’allègement du fardeau des commerçants ?

Certains commerçants rencontrés au marché de Ruvumera se réjouissent de la décision prise par la mairie. B.G, une commerçante de Ruvumera espère qu’il y aura réduction des taxes : « La société SOBUSE nous exigeait une somme énorme sans notre consentements, mais j’ai l’impression que la mairie analysera favorablement nos doléances». Elle ajoute que cette société fixait une somme forfaitaire à payer et le commerçant qui en manquait, on lui retirait certaines marchandises.

B.N, une commerçante rencontrée au marché de Cotebu se lamente : « Je n’avais pas encore terminé les processus d’assurance le jour où le marché central de Bujumbura est parti en fumée et j’ai perdu 2 millions de FBu. Je n’ai pu sauver aucun article. » On nous a obligé de construire les stands à la hâte dont le coût était de 1.200.000 FBu. Pour trouver cette somme, elle ajoute qu’elle a contracté un crédit et qu’elle a peur des intérêts de retard qui augmentent de jour en jour. Elle fait savoir qu’elle peut passer toute une semaine sans un client. Pas mal de stands et échoppes sont fermés suite au manque de clients.

Signalons que le représentant de la société SOBUSE nous a promis de s’exprimer sur cette remise et reprise à la fin de cette semaine. Notons aussi que les commerçants du marché de Cotebu souhaitent qu’il y ait un parking des bus à proximité de ce marché pour faciliter les commerçants et les clients.

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Burundi Eco.

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