Sport

Championnat de volleyball féminin : La phase aller est terminée, mais les défis sont nombreux

La phase retour du championnat de volleyball féminin va bientôt commencer. Malgré les efforts consentis par quelques  intervenants, les défis à relever sont encore nombreux.

Liliane Nshimirimana (en survêtement bleu et noir) coach adjointe avec ses joueuses.

Le championnat de volleyball féminin est similaire à celui de son homologue masculin. D’ailleurs dans le championnat de l’Association de Volleyball Amateur de Bujumbura (AVAB),  les matchs des dames et des hommes se jouent en parallèle le même jour. L’AVAB fait office de championnat pilote au niveau national. Mais à côté de l’AVAB, d’autres associations de volleyball existent à l’intérieur du pays et dans chacune d’entre elles un championnat de volleyball féminin est prévu. Dans l’AVAB, le championnat se joue en deux phases (aller et retour). La phase aller se joue en 3 journées de compétition. 5 équipes dames et 5 équipes hommes évoluent dans ce championnat. Au bout des deux phases, un classement détermine le vainqueur du championnat national. Lors de la dernière journée de la phase aller, New Colombe a battu les As par 3 sets à 2. ASB a dominé BUN sur le même score. Quant à Muzinga, il a défait GLC sur un score de 3 sets à 1.  Au classement général, c’est  Muzinga qui occupe la première place. La deuxième place revient aux As. GLC occupe la  3ème place suivi par New Colombe et Spirou.

Des défis à relever

A mi-parcours, beaucoup de défis restent à relever en volleyball féminin. Liliane Nshimirimana, point focal du volleyball auprès des médias et coach adjointe de l’équipe New Colombe déplore que le volleyball féminin ne soit pas soutenu. Les équipes féminines n’ont aucun soutien. Il n’y a pas de motivation pour attirer les jeunes joueuses. Les filles volleyeuses ne sont pas traitées de la même manière que les garçons. Par exemple, il n’y a même pas de récupération après les entrainements. On ne leur donne même pas de frais de déplacement. Le volleyball féminin est délaissé, se lamente Mme Nshimirimana. Ce ne sont que les anciens volleyeurs et volleyeuses qui se donnent corps et âme pour faire survivre ce sport. Les entraineurs travaillent bénévolement. Ils ne gagnent rien, indique-t-elle

L’encadrement des filles, un autre grand problème

L’encadrement des volleyeuses est assuré par des hommes. Cela constitue un vrai problème en ce sens que la plupart des joueuses sont adolescentes et par conséquent facilement influençables. Certaines d’entre elles se retrouvent enceintes et il arrive que les encadreurs soient à l’origine de ces actes ignobles, se désole  Liliane Nshimirimana.  C’est un comportement déplorable, mais qui est couramment observé malheureusement. Même certains dirigeants du volleyball sortent avec les jeunes filles qu’ils sont supposés encadrer. Ce problème est presqu’un tabou, mais il faut que ce mal soit suffisamment connu pour mieux le guérir, assure Mme Nshimirimana. Quand ils voient cela, les parents interdisent à leurs  filles de pratiquer le volleyball.  C’est un défi qu’il faudra relever à tout prix pour le bien du volleyball, ajoute-t-elle

Sophie Ndayihimbaza, est responsable de la commission Genre et Développement au sein de la Fédération Burundaise de Volley Ball (FBVB). Elle sait que ce problème d’encadrement des jeunes filles existe. Les femmes devraient s’impliquer davantage pour combattre ce fléau des encadreurs hommes qui profitent honteusement de la jeunesse des volleyeuses  pour les tromper. Mme Ndayihimbaza affirme  que la FBVB prodigue des conseils aux jeunes filles individuellemnt ou en groupe. Mais kuvuga si ukuvura (parler aux jeunes filles ne suffit pas) tient-elle à préciser.

Pas de femmes dans les instances dirigeantes du volley

Sur 5 équipes féminines, une seule est dirigée par une femme. C’est peut-être pour cela que cette discipline connait ce genre de problèmes. Peut-être que les hommes se couvrent  mutuellement dans leurs turpitudes. Si les femmes étaient nombreuses dans les instances de prise de décision, certains problèmes n’existeraient pas.

Liliane Nshimirimana plaide pour une formation d’entraineuses pour les équipes féminines. Il faut absolument qu’on recycle les anciennes entraineuses et qu’on forme de nouvelles parce que le volleyball comme d’autres sports est en perpétuelle évolution, indique Mme Nshimirimana.

Le volleyball en général et le volleyball féminin en particulier reste au stade amateur alors que dans d’autres pays c’est une discipline pratiquée par des joueurs professionnels. Des efforts devraient être consentis pour attirer beaucoup de jeunes Burundais vers ce sport qui est connu depuis longtemps au Burundi, mais qui enregistre un retour  en arrière depuis quelques années.

A propos de l'auteur

Parfait Nzeyimana.

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