Développement

Construction des centrales hydroélectriques : Où en est-on ?

Depuis un certain temps, le Burundi cherche les voies et moyens pour pallier à l’insuffisance énergétique dont il souffre. C’est pourquoi, avec l’appui de ses partenaires, il a lancé les travaux de construction des barrages hydroélectriques et des centrales thermiques. Cependant, le chemin est encore long car les travaux lancés ne rassurent pas à en croire l’état d’avancement des travaux de construction de ces barrages.

Côme Manirakiza, ministre de l’Energie et des Mines lançait les travaux de construction de la centrale photovoltaïque de Mubuga (Source : site du ministère)

Invité à l’Assemblée Nationale mardi le 29 décembre 2015 pour répondre aux questions liées à l’état des lieux des travaux pour les barrages en projet ou en cours de construction , Côme Manirakiza, ministre de l’Energie et des Mines a fait savoir que la centrale hydroélectrique Jiji-Murembwe sera la première du point de vue de sa capacité. Elle produira en effet 49 mégawatts. Il a informé que les travaux de construction de cette centrale couteront 270 millions USD .M.Mnirakiza a tenu à informer qu’il n’y a pas que Jiji-Murembwe. D’autres programmes sont en préparation ou en cours d’exécution en vue d’augmenter la production énergétique au Burundi. Ici il parle du barrage hydroélectrique de Mpanda qui fournira une puissance de 10.4 mégawatts.

De plus, at-il ajouté, le barrage de Kaburantwa donnera une puissance de 20 mégawatts. Mais des études ont montré que celui-ci pourrait donner une puissance de 30 mégawatts .Il a indiqué qu’un autre barrage, celui de Kagunuzi pourra offrir une puissance de 12 mégawatts. Il n’a pas manqué de rappeler qu’il y a un programme de construction du barrage de Ruzibazi et de celui de Kirasa-Karonge d’une puissance de 27 mégawatts.

Côme Manirakiza a profité aussi de l’occasion pour indiquer  que deux autres barrages sont partagés soit entre le Burundi, le Rwanda et la Tanzanie; soit entre le Burundi, le Rwanda et la RD Congo. Il s’agit respectivement de Rusumo et de Ruzizi III. De ces derniers, le Burundi bénéficiera respectivement de 27 mégawatts et de 49 mégawatts

D’après M.Manirakiza, des centrales solaires  seront aussi installées à Bubanza, à Gitega et à Mubuga. Une centrale à base de déchets urbains sera aussi installée, toutes d’une puissance de 57.5 Mégawatts. « Ce sont des centrales qui devraient en principe avoir déjà produit de l’électricité avant même la fin de l’année 2015 n’eût-été la crise », a précisé M.Manirakiza. Il avait rassuré cependant que le courant électrique issu de ces centrales sera exploitable dès septembre-octobre 2016.

Le taux d’électrification demeure faible

Le rapport préliminaire sur le bilan de mise en œuvre du Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté 2012-2015 2ème génération (CSLP II) , quant à lui , indique qu’en vue d’accroître l’offre de l’énergie, la construction de trois micro centrales hydroélectriques : à savoir Kayongozi (500 kilowatts) à Ruyigi, Nyamyotsi (350 kilowatts) à Kibimba et la réhabilitation de celle de Murore (25 kilowatts) à Cankuzo et l’acquisition d’une centrale thermique de 5 mégawatts et la location d’une autre de 10 mégawatts ainsi que le recours aux énergies alternatives telles que la tourbe, l’énergie solaire figurent parmi les actions initiées. A moyen terme, un programme d’envergure visant 158 mégawatts de puissance additionnelle a été mis au point, ajoute le rapport. Par ailleurs, informe le rapport, la revue du cadre légal et réglementaire a été opérée en vue de permettre aux privés d’investir dans la production de l’électricité et d’accompagner ainsi l’industrialisation.

Le rapport précise qu’en vue d’élargir les opportunités d’accès à l’énergie, un programme d’extension du réseau électrique a permis d’accroître le nombre d’abonnés à un rythme soutenu. Ce rapport indique que l’achèvement des lignes HT 220 KV Muyinga-Gitega et Kamanyola-Bujumbura permettra, dans l’immédiat, de renforcer le réseau de distribution de l’électricité.

Cependant, déplore le rapport, le taux d’électrification demeure faible. Il est évalué à 7% selon l’Enquête Modulaire sur les Conditions de Vie des Ménages réalisée sur la période 2013/2014. Mais la question épineuse qui reste posée concerne les pertes techniques de la REGIDESO qui sont loin d’être maîtrisées et qui freinent les possibilités d’extension du réseau et sa rentabilité, souligne le rapport. Il signale que la part effectivement facturée s’est rétrécie au cours des dernières années. Cette évolution est l’une des conséquences de la vétusté du réseau et des problèmes de recouvrement que la généralisation des compteurs prépayant pourrait atténuer.

L’ambition d’atteindre un taux d’électrification de 13% à l’horizon 2020 nécessite l’intensification des réformes visant une meilleure performance de la REGIDESO.Il s’agit de l’application rigoureuse du Plan d’Affaires de cette entreprise qui prévoit notamment la restructuration organisationnelle, le fonctionnement, l’exécution de nouveaux investissements et la mise en œuvre d’un programme de protection des revenus.

Environ 45 % de l’offre électrique totale est importée

Selon le plan d’action pour les infrastructures au Burundi de septembre 2009, pour faire face à l’insuffisance énergétique observée sur le territoire burundais, il faudrait établir d’ici 2015 un réseau national de transport et de distribution d’électricité desservant 24h/24 et à un coût raisonnable. Une fois le réseau mis en place, il portera le taux d’électrification de 2% des ménages actuellement à 25 % avant 2020 et à 40 % d’ici 2030. En 2020, 85 % des ménages urbains bénéficieraient d’un accès continu au réseau national de distribution d’ici 2030, un tiers de tous les ménages ruraux serait raccordé au réseau, estime ce plan. Ce dernier encourage la poursuite du développement des sources d’énergie nationales afin d’éviter de dépendre excessivement d’un approvisionnement électrique de l’étranger. À l’heure actuelle, environ 45% de l’offre électrique totale est importée, informe le plan pour les infrastructures au Burundi.

Selon ce plan, pour satisfaire la demande attendue en électricité, la capacité de production électrique du Burundi devrait atteindre environ 600 mégawatts d’ici 2030 contre moins de 40 mégawatts produits actuellement. Les centrales électriques nationales et régionales identifiées et prévues au projet du programme d’action suffiraient à couvrir les besoins du pays jusqu’au milieu des années 2020, précise le plan. .À condition qu’aucun grand projet minier ou industriel gourmand en électricité ne soit lancé d’ici là, le déficit d’approvisionnement se creuserait pour atteindre environ 1 240 gigawattheures en 2030. Le Burundi aurait donc besoin de 200 mégawatts de capacité additionnelle pour satisfaire la demande nationale. Selon l’hypothèse sur laquelle se base le programme proposé, ce déficit sera compensé par l’importation d’une électricité supplémentaire. A plus long terme, il faudra décider politiquement s’il convient d’envisager la mise en place de nouveaux sites de production, souligne le plan d’action.

Etat d’avancement des travaux  d’installation des barrages

Contacté par téléphone lundi le 04 septembre 2017 pour savoir l’état d’avancement des travaux de construction de ces barrages, Leonidas Sindayigaya, porte-parole du ministère de l’Energie et des Mines se réserve de tout commentaire. Il indique qu’il ne s’exprimera sur cette question qu’après les travaux d’installation et de production de l’énergie de la nouvelle centrale thermique de 20 mégawatts en cours de construction . Cependant, dans une interview qu’il a accordée au groupe de presse Iwacu posté le 05 septembre 2017, il a indiqué : « Les projets d’hydroélectricité prennent beaucoup de temps, les études pouvant prendre cinq ans. Il y a un certain avancement à l’heure actuelle. En avril dernier, nous avons procédé au lancement officiel des travaux de la centrale régionale de Rusumo Falls (27Mw). En ce qui concerne les centrales hydroélectriques de Jiji et Murembwe (50 MW), les travaux pourraient démarrer l’année prochaine. Nous avons déjà lancé les appels d’offre. Pour le cas de la centrale hydroélectrique de Mpanda, nous avons eu de petits problèmes avec l’entreprise exécutrice de ce projet. Nous sommes en train de négocier avec elle afin que les travaux puissent avancer à un rythme plus satisfaisant. Pour les énergies vertes M.Sindayigaya a indiqué à Iwacu : «  On a fait également recours à l’énergie solaire. En janvier dernier, nous avons procédé au lancement officiel de la centrale solaire de Mubuga en province Gitega (7.5 MW). Prochainement, ce sera le tour de la centrale de Rubira (11 MW). On n’aura peut-être pas les 560 MW en 2020, mais on sera à un stade avancé dans la fourniture de l’énergie électrique au Burundi » .

A propos de l'auteur

Mathias Ntibarikure.

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