Social

Et si la miséricorde des uns encourageait la mendicité

Plus les années avancent, plus la question des enfants en situation de rue se complique. Il est très difficile de connaître qui est enfant de la rue et qui est enfant dans la rue. Les intervenants dans le domaine de la protection de l’enfant craignent de faire face aux familles de la rue dans les jours à venir. D’où il faut prévenir le phénomène à temps.

 

Le nombre d’enfants en situation de rue n’a cessé d’augmenter ces dernières années. Beaucoup d’associations

: Les enfants de la rue pratiquant le jeu d’échec avec l’argent quémandé

Les enfants de la rue pratiquant le jeu d’échec avec l’argent quémandé

œuvrent dans le domaine de la protection de l’enfant mais, jusqu’ à maintenant, la question de ces enfants n’a pas encore été résolue.

 

Un phénomène contagieux

 

Tout au début, les enfants en situation de rue étaient ceux qui se sont retrouvés sans parents suite aux guerres qui ont secoué notre pays, d’autres suite à la pauvreté ou à la mésentente avec leurs parents, d’autres encore viennent dans la rue suite à la délinquance. Et ces dernières années d’autres enfants ont trouvé dans la rue une source de revenus pour assurer la survie de leur famille. Alors que certains sont des enfants en situation de rue (qui vivent réellement dans la rue et passe leur nuit là-bas) d’autres sont des enfants dans la rue (ils viennent pour quémander et rentrent chez eux le soir).

D’après Jacques Nshimirimana, secrétaire général de la Fédération Nationale des Associations engagées dans le domaine de l’Enfance au Burundi, (FENADEB), le phénomène des enfants en situation de rue est un phénomène contagieux. Certaines familles ont pris cette mauvaise habitude d’envoyer les enfants dans la rue pour quémander. « C’est vrai, certains enfants vont dans la rue juste pour avoir de quoi nourrir leur famille, mais d’autres juste parce qu’ils ont vu qu’on peut rentrer facilement avec 5 000 ou 10 000 FBU et certains d’entre eux sont encouragés par leurs parents. Si un autre enfant trouve que son voisin a gagné quelque chose alors qu’il est dans la même situation que lui, il va aussi suivre pour quémander. C’est comme cela que le nombre d’enfants dans la rue augmente du jour au jour. M. Nshimirimana s’inquiète que très bientôt on aura des adultes puis un père, une mère et des enfants. Bref, des familles entières dans la rue. « C’est une situation qui est très délicat. Le gouvernement devrait se sentir interpellé et prendre en priorité cette situation et nous les partenaires nous sommes prêts à contribuer afin de trouver des solutions meilleures et constructives en faveur de nos enfants », renchérit-il.

 

On croit faire du bien, mais 

 

La mendicité est devenue un fonds de commerce pour certaines familles qui ont pris l’option de louer les enfants handicapés. Pour M. Nshimirimana, les gens qui se font champions de la miséricorde en donnant 100 FBu ou 200 FBu, croyant qu’ils aident ces enfants, ne font que les encourager directement ou indirectement mendier. Il fait remarquer que donner cet argent à ces enfants ne contribue en rien à les ou à résoudre leurs problèmes. Si personne ne donnait de l’argent à ces enfants, dans trois jours ils ne seraient pas là. Ils retourneraient à la maison parce qu’ils verraient qu’il n’y a plus d’argent dans la rue. Il demande à ceux qui veulent aider ces enfants de leur demander plutôt pourquoi ils sont dans la rue afin de décourager ce phénomène.

 

Une politique de protection sociale des enfants

 

Selon M. Nshimirimana, le travail avec les enfants en situation de rue n’a pas un cachet social comme celui qui se fait pour d’autres catégories d’enfants, mais plutôt il s’agit d’un travail scientifique. En effet, depuis 2012. Une étude qualitative et quantitative sur la situation des enfants de la rue a été menée. Après la présentation des résultats aux instances habilitées, le gouvernement a pu adopter une politique de protection des enfants en situation de rue mais, suite au manque de budget, il n’y a pas eu la mise en œuvre de cette politique.

 

Pour M. Nshimirimana, aussi longtemps qu’il n’y aura pas de budget pour mettre en œuvre cette politique sur les enfants en situation de rue, on aura toujours à gérer ces enfants, là où ils sont. La construction des centres d’accueil n’est pas une solution primordiale. Le problème majeur c’est la pauvreté qui fait que beaucoup d’enfants aillent dans la rue. Cela n’empêche pas qu’il y ait d’autres qui vont dans la rue soit à cause de la mésentente avec les parents soit par indiscipline.

 

Si le pays ne développe pas de politique de protection sociale des enfants au niveau de leurs familles, de leurs communautés, ce phénomène des enfants en situation de rue va persister au Burundi. Le manque d’initiatives suffisantes en matière de protection sociale des enfants, c’est-à-dire en matière d’appui aux familles par des activités génératrices de revenus qui feront que les familles soient à mesure d’honorer leur engagement, leur devoir d’éduquer, de nourrir, va accentuer la situation. Une étude s’avère nécessaire pour indiquer ce qu’il faut faire et qui doit faire quoi afin ne pas s’attaquer aux conséquences, mais plutôt aux causes de la vulnérabilité des enfants de rue.

 

A propos de l'auteur

Bella-Sonia Ndamiye.

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