Commerce

Expiration de la période d’exonération : Les prix des produits alimentaires repartent à la hausse

Les prix de certains produits alimentaires ont flambé, remarque-t-on dans les différents marchés de la capitale Bujumbura. Cela suite à l’expiration de la période d’exonération des taxes pour six de ces produits, à savoir : le riz, les graines de maïs, le manioc, la farine de maïs et de manioc et le haricot sec

Face à la démographie galopante qui entraine une augmentation des besoins alimentaires, la production agricole ne suit pas. Les saisons culturales ne sont plus maîtrisées par les agriculteurs qui, à cause du changement climatique récurrent, produisent moins que par le passé et n’arrivent pas à assurer la sécurité alimentaire de la population. En vue d’aider les Burundais à faire face à la flambée des prix des produits alimentaires, le Gouvernement du Burundi avait sorti l’ordonnance ministérielle no 540/769/2017 au mois de mai 2017 portant exonération des droits de douane, des taxes sur la valeur ajoutée et de la redevance administrative sur certains aliments de base qui allait durer trois mois.

Le journal Burundi Eco a fait une descente dans certains marchés de Bujumbura pour s’enquérir des prix de ces produits après l’expiration de cette ordonnance et a remarqué qu’ils ont augmenté. Un vendeur rencontré au marché de Kamenge déclare : «Je vends le haricot à 1500 FBu. Précédemment, je l’avais acheté à 1.300 FBu le kilo mais, maintenant, je l’achète à 1.400 FBu. Je parviens à trouver le riz du Burundi (Umurundi) à 1.600 FBu et, après déduction des frais de transport, j’ai fini par le vendre à 1800 FBu le kilo.

Tableau montrant la variation des prix de certains aliments avant, pendant et après l’exonération

Produits alimentaires Prix avant l’exonération / kg Prix pendant l’exonération /kg Prix après l’exonération /kg
-Riz (Umuzambiya) 1800 FBu 1600 FBu 1800 FBu
-Riz (Umutanzaniya) 2200 FBu 2000 FBu 2800 FBu
-Farine de manioc (Ikivunde) 1700 FBu 1600 FBu 1500 FBu
-Graines de maïs 1150 FBu 1100 FBu 1100 FBu
-Farine de maïs 1250 FBU 1150 FBu 1200 FBu
-Haricots : -Kirundo 1200 FBu 900 FBu 1000 FBu
-Kinure 1500 FBu 1000 FBu 1200 FBu
-Jaune 1750 FBu 1350 FBu 1500 FBu
-Muhoro 1600 FBu 1300 FBu 1400 FBu
-Faux jaune 1600 FBu 1300 FBu 1400 FBu
-Marwabari 1300 FBu 1000 FBu 1100 FBu
-Burengeti 1500 FBu 1400 FBu 1200 FBu

Les taux des droits de douane, de TVA et de redevance administrative pour les produits importés de la Communauté Est Africaine (EAC) sont établis comme suit : 25 % pour les droits de douane, 18 % pour la taxe sur la valeur ajoutée et 0.5% pour la redevance administrative. Mais les produits dits sensibles comme le riz sont soumis à des taux plus élevés allant de 35 % à 100 %.

Par rapport aux prix d’avant la période d’exonération, les prix ont légèrement baissé suite à la détaxation. Mais après l’expiration de la mesure portant sur l’exonération de ces produits, nous trouvons que les prix ont légèrement augmenté par rapport à la période d’avant l’exonération grâce aux bonnes récoltes réalisées cette année, surtout pour le haricot.

Selon l’Observatoire de Lutte contre les Malversations Economiques (OLUCOME), l’exonération des produits alimentaires n’a pas suffi dans la mesure où la durée a été courte. Elle était prévue pour une période de trois mois. Ce qui nous a laissés tout au plus deux mois et demi, car elle avait été amputée de 15 jours dans la mesure où la décision y relative est sortie le 12 mai alors qu’elle était supposée être entrée en vigueur depuis le 27 avril. L’importation des aliments et les formalités douanières durent à peu près deux semaines. Ce qui fait que les prix restent élevés même dans les premières semaines de la période d’exonération. Donc en réalité, la période d’application de cette mesure a été de deux mois seulement. Cette dernière a par après coïncidé avec la période de récolte. D’où une légère diminution des prix. « Nous avions demandé que la période d’exonération dure au moins une année pour qu’il y ait un léger mieux pour la population », ajoute-t-elle.

D’après Noël Nkurunziza, président de l’Association Burundaise des Consommateurs (ABUCO), les prix ont augmenté aussitôt que les trois mois d’exonération se sont écoulés. Ce qui montre que la détaxation de ces produits alimentaires a eu un effet positif. Mais ce qui est nécessaire est qu’il y ait une commission qui fasse le suivi-évaluation de la situation de manière à savoir quelle quantité de nourriture vient de l’extérieur ou de l’intérieur. Il n’y aura pas moyen de savoir exactement pourquoi les prix ont diminué si c’était à cause d’une bonne récolte dans le pays ou bien d’une quantité importante d’aliments qui viennent de l’extérieur. Ce que je demande c’est qu’il y ait une commission qui étudie les entrées et les sorties et aussi que le gouvernement augmente la période d’exonération de ces aliments pour que la population parvienne à s’alimenter dans cette période où la saison culturale A va commencer.

Notons que seuls 28% de la population burundaise sont sécurisés au niveau alimentaire et jusqu’à 58% sont chroniquement malnutris. Même pendant la période des récoltes, les familles consacrent jusqu’à deux tiers de leurs revenus à l’achat de la nourriture. Comme d’autres pays d’Afrique centrale, le Burundi est également victime des catastrophes naturelles, avec des inondations récurrentes, des tempêtes de grêle, des sécheresses et des pluies torrentielles selon le Programme Alimentaire Mondial.

A propos de l'auteur

Patrice Muhire.

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