Journée Mondiale de la femme

Les femmes juristes au chevet de leurs consœurs dont les droits sont bafoués

Après avoir remarqué la fragilisation du statut de la femme et de l’enfant, les femmes juristes du Burundi se sont mis ensemble et ont créé l’Association des Femmes Juristes du Burundi (AFJB) pour inverser la situation

femme

Sonia Ndikumasabo, presidente de l’Association des Femmes Juristes du Burundi

«Promouvoir et protéger les droits de la femme et de l’enfant dans une société plus humaine et plus solidaire est notre objectif principal », indique Me Sonia Ndikumasabo, présidente de l’Association des Femmes Juristes du Burundi (AFJB). Elle fait savoir que cette association a été créée en 1995 par un groupe de femmes juristes pour renverser un complexe de cette époque qui était marqué par la fragilisation du statut de la femme et de l’enfant et par le recul de leurs droits. Elle ajoute que c’est une association qui assure la défense et la protection des droits de la femme et de l’enfant par plusieurs activités. Elle signale qu’elles ont une clinique juridique où elles accueillent tous les requérants, surtout les femmes, les écoutent et leur offrent une assistance juridique. Elle poursuit en disant que pour ceux qui veulent des orientations sur des dossiers en rapport avec les conflits familiaux, les conflits avec le conjoint et les instances en divorce, elles les conseillent juridiquement et les aident aussi à écrire leurs conclusions s’ils veulent aller en justice. « Mais aussi si on a des fonds, on les aide pour des cas qui nécessitent l’intervention d’un avocat», indique Me Ndikumasabo. Elle souligne aussi qu’elles assistent les enfants incarcérés qui ont moins de 18 ans et qui sont en conflit avec la loi. Pour ce qui est des droits de la femme, Me Ndikumasabo indique qu’elles organisent des séances de sensibilisation, des tables rondes, et des séminaires sur la lutte contre les Violences Basées sur le Genre (VBG).

Les cas traités

Parlant de la protection des droits de la femme, Me Ndikumasabo indique qu’elles traitent les dossiers en rapport avec les VBG en général, les violences domestiques, les violences conjugales, les conflits fonciers dans lesquels les femmes sont impliquées. « Pour ce qui est des enfants, nous traitons les cas des enfants qui sont en conflit avec la loi pénale, les enfants en quête de paternité, etc. » Elle fait savoir qu’elles pensent aussi à s’impliquer dans l’autonomisation de la femme parce qu’elles ont vu que si la femme reste dans la précarité, elle est soumise à plusieurs violences et injustices. Elle indique qu’à 80% ce sont elles qui traitent tous ces cas et que si c’est un cas qui nécessite une expertise qu’elles n’ont pas, elles font appel à un consultant.

Le statut de la femme dans la société burundaise

Pour Me Ndikumasabo, la femme burundaise n‘est pas considérée au même pied d’égalité que l’homme au niveau même financier. Elle souligne l’inexistence d’une loi sur la succession : « Tant qu’on n’a pas cette loi sur la succession, la femme reste dans une situation critique. Elle se retrouve être une mère à élever ses enfants, mais qui n’a finalement pas de droits dans sa maison », Indique Me Ndikumasabo. Par exemple, poursuit-elle, un couple a une maison, mais elle est inscrite sur le mari. Même si la femme a contribué en s’occupant de la ration alimentaire, des soins pour enfants, de l’accoutrement pout toute la famille, comme c’est le mari qui a construit la maison, elle est inscrite sur lui. Elle fait savoir qu’ailleurs dans le monde, quand un couple divorce, il y a des quotités pour que l’homme reçoive une part et la femme une autre part.

Signalons que Me Sonia Ndikumasabo est mère de trois enfants. Elle pratique son métier de juriste, mais aussi elle veille à trouver un temps libre pour s’occuper de sa famille. « Si nous ne faisons pas attention, nous risquons d’oublier notre rôle principal qui est celui d’éduquer les enfants et d’entretenir la famille. Quand les enfants ne sont pas bien éduqués, ils peuvent devenir des bandits et là on aura` échoué même si on a une noble tâche », souligne Me Ndikumasabo. Elle invite les autres femmes à veiller à ce que le travail ne prenne pas le dessus sur le rôle qu’elles ont dans la famille et à dégager du temps aussi bien pour la famille que pour le travail.

A propos de l'auteur

Burundi Eco.

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Un commentaire
  • Marie dit :

    J’encourage le benevolat de cette association car petite soit elle leur contribution beneficie a une de nos consoeurs.

    J’aimerais leur demander ou est qu’elles en sont avec la loi sur la succession. Si je me trompe pas il y avait un projet de loi qui a ete transmis au parlement il y a tres longtemps.
    S’il advenait que cette loi soit adoptee, elle changerait beaucoup pour la femme burundaise

Les commentaires sont fermés.

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