Développement

Filière viande : une nouvelle réglementation s’impose

Le ministère de l’Agriculture et de l’Elevage par l’entremise de sa direction de la santé animale a organisé une réunion à l’intention des commerçants du bétail, des responsables provinciaux de l’élevage et  des bouchers. L’objectif était de contribuer à l’amendement de deux projets d’ordonnances ministérielles relatives à la règlementation des abattoirs et à l’inspection de la qualité des viandes. Cela afin d’offrir à la population une viande saine.

Déogratias Nsanganiyumwami, directeur de la santé animale : « Lorsque la santé animale n’est pas bien assurée, elle affecte la santé humaine et l’environnement »

« Lorsque la santé animale n’est pas bien assurée, elle affecte la santé humaine et l’environnement », a informé Déogratias Nsanganiyumwana, directeur de la santé animale. Il a précisé que l’application des textes de lois souhaités  par les parties prenantes en ce secteur sera effective. M. Nsanganiyumwami a ajouté que les animaux importés seront dépistés  avant d’entrer sur le territoire burundais pour ne pas infecter les animaux locaux.

D’après Sévérin Bagorikunda, secrétaire permanent au ministère de L’Agriculture et de l’Elevage, la réunion est organisée dans le but de revoir les lois qui régissent les abattoirs car, comme il l’indique, ces dernières datent de longtemps et ne sont plus conformes à la réalité du moment .Il a ajouté qu’avec le contexte actuel de l’élevage, la réunion vise à conformer le Burundi aux normes internationales en matière de santé animale, surtout en ce qui concerne l’abattage des animaux et l’inspection de la viande.

Le transport et la vente de la viande, un défi à relever

Cependant, les intervenants dans ce secteur ont relevé beaucoup de difficultés. Ils ont indiqué que pour que la population consomme une viande de qualité, il ne faut pas que l’hygiène se limite seulement au niveau des abattoirs. Ils ont suggéré que des mesures d’hygiène soient prises depuis le marché

Les carcasses des chèvres suspendues sur des barres parallèles à l’emplacement réservé à la commercialisation de la viande chez de Bujumbura City Market (marché chez Sion)

du bétail jusqu’aux lieux de commercialisation de la viande.

Pascal Rugonumugabo, représentant des commerçants de la viande à Bujumbura City Market (marché chez Sion) rappelle que le transport des viandes constitue un des maillons les plus critiques du secteur. Les moyens de tout genre (taxis, motocyclettes, véhicules privés…) ne sont pas du tout appropriés. Pour lui, ces moyens créent parfois des situations allant à l’encontre des principes élémentaires de l’hygiène. Il déplore également que l’exposition des viandes dans les boucheries de détail ou dans les marchés ne se fait pas dans les meilleures conditions d’hygiène, aggravées, d’après lui, par le fait que les viandes sont maintenues pendant plusieurs heures à une température ambiante favorable aux proliférations microbiennes.

Le du travail de l’abattoir influe sur la qualité de la viande

Boniface Nduwimana, président-représentant légal de l’Union pour la Promotion et la Protection des Animaux (UPPA) est revenu sur le transport et le traitement du bétail à l’abattoir. Il parle de l’incidence que le travail de l’abattoir peut sur la qualité de la viande. Il fait remarquer qu’un animal stressé, accidenté ou blessé au moment de l’abattage secrétera des substances qui pourront altérer la qualité de la viande. Il souligne que cela peut être dû à l’augmentation du rythme cardiaque qui fait augmenter la température de l’animal. La dureté de la viande sera impactée en cas de stress. Dans le cas d’animal blessé, la viande pourra devenir plus sensible à certains germes et à de possibles contaminations. Son PH peut augmenter et la viande sera dite ‘fiévreuse, informe M.Nduwimana.

Impact environnemental

Richard Gahungu, conseiller juridique au ministère de l’Agriculture et de l’Elevage parle d’un impact de l’abattage des animaux sur l’environnement. Il indique que du fait de leur emplacement dans les zones urbaines, les abattoirs et les aires d’abattage génèrent des nuisances à leur proche entourage. Il ajoute par ailleurs qu’en l’absence de systèmes de collecte de sang et de traitement préalable des eaux usées, le rejet de ces  effluents dans le milieu hydrique nuit gravement à la qualité de l’environnement. En outre, poursuit le juriste, par manque de moyens, l’évacuation en l’état des déchets solides pose un problème à la fois environnemental et sanitaire. Ici il fait allusion à l’odeur pestilentielle que dégage la Société de Gestion de l’Abattoir de Bujumbura (SOGEAB) qui cause des nuisances à l’entourage.

Une étude menée en 2013 sur l’état des lieux des abattoirs d’animaux de boucherie en Afrique centrale (Cameroun – Congo – Gabon – Tchad) indique que les infrastructures d’abattage sont vieillissantes. Elles datent de plus d’une trentaine d’années. Les équipements indispensables font souvent défaut .Ce qui signifie que le secteur de l’abattage n’a pas depuis évolué. Quant aux aires d’abattage, même si certaines d’entre elles sont dallées et couvertes, elles ne peuvent en aucun cas répondre aux normes techniques exigées pour l’abattage des animaux dans de bonnes conditions d’hygiène. D’où le gouvernement du Burundi, en réponse à ce défi, bénéficie à travers le Projet de Réhabilitation et de Renforcement des Infrastructures d’Elevage (PRRIE) de la Banque Arabe de Développement Economique en Afrique (BADEA) de la construction et de la réhabilitation de quatre gros abattoirs, de l’aménagement de 19 aires d’abattage, de cinq marchés de bétail, de sept centres vétérinaires provinciaux, d’un laboratoire national vétérinaire et d’un centre national d’insémination artificielle, a indiqué Léonidas Ntibashoboka, coordinateur du projet .

A propos de l'auteur

Mathias Ntibarikure.

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