Société

Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard de la femme : «Carte rouge» aux auteurs des violences basées sur le genre

1334 cas de violences basées sur le genre dont 1197 femmes et 137 hommes ont été enregistrés au centre Humura de Gitega en 2015. En 2016, 1168 cas dont 1029 femmes et 139 hommes ont été signalés à ce même centre. De plus, un tiers des femmes au niveau mondial ont été victimes de violences basées sur le genre.

«J’ai subi des violences sans nom pour la seule raison que je mettais au monde des enfants de sexe féminin. Cette torture m’a été faite par mon mari. Il me tabassait beaucoup sans aucun souci. J’ai essayé de résister, mais en vain. J’ai fini par fuir avec mes cinq enfants pour sauver ma vie», indique Mme Espérance Nzinahora, victime des violences faites aux femmes et aux filles rencontrée au chef- lieu de la commune Kabezi dans la province de Bujumbura.

Nzinahora tente de se suicider

Après avoir dénoncé son mari pour possession illégale d’arme à feu, Nzinahora fait remarquer qu’il a été emprisonné. Elle informe que malheureusement il a été libéré après avoir donné des pots de vin. A son retour au foyer, cet homme n’a pas cessé de faire du mal à sa femme. Il a déployé beaucoup d’efforts pour la faire croupir en prison. Nzinahora affirme qu’elle est passée dans pas mal de cachots. De plus, elle souligne qu’elle a tenté un jour de se suicider. Mon enfant m’a dissuadé et j’ai cessé de commettre cet acte ignoble, explique-t-elle. Après quoi elle a fait savoir que son mari s’est remarié illégalement avec une fille qu’elle a enseigné en 5ème année primaire. Elle a saisi la justice et en est sorti indemne. 98 cas de VBG ont été signalés au Tribunal de Grande Instance de Bujumbura. Parmi ceux-ci ,13 ont été traduits en justice.

Malgré les menaces qu’elle a subies, elle affirme qu’elle n’a jamais pensé à abandonner ses enfants. Et Mme Nzinahora de marteler qu’elle en est fière .Elle conseille à toutes les filles de ne jamais penser à fonder leurs foyers d’une manière illégale pour se protéger contre les conséquences négatives des VBG.

Martin Nivyabandi, ministre de la Solidarité, des Droits de la Personne Humaine, des Affaires Sociales et du Genre (au milieu) : « Les auteurs des VBG méritent une carte rouge».

Joseph Butore, Deuxième Vice-Président de la République du Burundi souligne que 1334 victimes de VBG dont 1197 femmes et 137 hommes ont été signalés en 2015 au centre Humura de Gitega. Il ajoute aussi que 1158 cas de VBG dont 1019 femmes et 139 hommes ont été enregistrés à ce même centre en 2016. Selon Butore, les victimes des VBG se sentent humiliés… Et Butore d’ajouter que c’est toute l’économie du pays qui en pâtit.

Martin Nivyabandi, ministre de la Solidarité, des Droits de la Personne Humaine, des Affaires Sociales et du Genre a précisé que les auteurs des VBG qui seront attrapés seront sanctionnés sévèrement. Selon lui, ils méritent une carte rouge.

Les VBG s’observent partout

Selon Suzanne Mandong, représentante résidente du système des Nations Unies au Burundi, les violences basées sur le genre s’observent partout, tous les jours et pas seulement dans les situations de crise. Selon toujours elle, un tiers des femmes au niveau mondial ont été victimes des VBG à un moment ou à un autre.
D’autres conséquences des VBG s’observent.

Vue partielle des participants à la célébration de la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard de la femme.

Les violences basées sur le genre ont plusieurs conséquences : homicide, suicide, décès de la mère et décès dû au Sida. Elles ont aussi des conséquences sur l’état physique, l’état mental et la santé de la reproduction. Et d’ajouter que les VBG causent les grosse

sses non désirées, les formes de douleurs chroniques, les blessures, les dépressions, la consommation de l’alcool, le VIH et le syndrome d’irritation des intestins. Mandong fait remarquer que le mariage forcé est l’une des Formes des VBG. Et d’ajouter le harcèlement sexuel, la privation de liberté…

Qu’est- ce que la violence basée sur le genre ?

La VBG est définie comme tout acte de violence basé sur le genre qui résulte ou qui est de nature à causer du mal ou des souffrances physiques, sexuelles ou psychologiques aux femmes, y compris les menaces ressenties à travers de tels actes, la coercition ou la privation arbitraire de liberté, que ce soit dans la vie publique ou privée.
Signalons que cela a été dit le 25 novembre 2017 lors de la célébration de la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard de la femme dont le thème était : « Ne laissons personne de côté. Mettons fin aux violences faites aux femmes et aux filles».

A propos de l'auteur

Jean Marie Vianney Niyongabo.

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