Elevage

Provinces Ngozi et Kayanza : Le PRODEFI apporte un soutien sans faille aux agri-éleveurs

Dans le but de renforcer la Chaîne de Solidarité Communautaire Bovine (CSCB), le Programme de Développement des Filières (PRODEFI II), un des projets financés par le Fonds International pour le Développement Agricole (FIDA) a distribué 389 vaches dont 341 génisses et 48 taureaux géniteurs aux ménages des provinces Ngozi et Kayanza. Les bénéficiaires s’en réjouissent et espèrent que leurs conditions de vie vont s’améliorer

Les membres de la coopérative laitière de Muhanga démontrent comment on effectue les mesures de la qualité

Avant les cérémonies proprement dites de distribution des vaches, le coordonnateur national du PRODEFI, en compagnie du directeur général de l’élevage au ministère de l’agriculture et de l’élevage et des administratifs à la base, ont effectué une visite au sein du centre de collecte de lait de Muhanga. Celui-ci est situé à quelques mètres des bureaux de la commune Muhanga. Il est géré par la coopérative laitière « TEZIMBERE UBWOROZI » qui compte 110 membres dont 35 femmes. Les membres de la coopérative laitière ont expliqué aux visiteurs les différentes étapes de mesure de qualité du lait. « Nous prélevons des échantillons de lait pour en faire des analyses. Ainsi, des appareils comme le lactoscan nous aident à déterminer avec précision la composition du lait. Il est possible de connaître la teneur en lipides, en protéines, en eau, la concentration des substances solides, la température et la densité du lait, explique M. Polycarpe Misago, président de la coopérative. Et d’ajouter que la coopérative laitière de Muhanga a une capacité journalière oscillant entre 650 et 700 litres.

Une boutique d’intrants très bénéfique.

La coopérative laitière de Muhanga dispose également d’une boutique d’intrants zootechniques et vétérinaires où les membres de la coopérative peuvent s’approvisionner. La boutique d’intrants est bénéfique pour les agri-éleveurs. Les membres de la coopérative ont la possibilité d’acheter des produits vétérinaires à crédit qu’ils vont rembourser petit à petit. De plus, ils bénéficient d’une formation sur l’alimentation du bétail. Par conséquent, la production du lait a sensiblement augmenté. Avant la mise en place de la boutique d’intrants zootechniques et vétérinaires, la production journalière de lait était de 3 à 4 litres par vache et actuellement elle oscille entre 10 et 20 litres chez certains agri-éleveurs.

Les bénéficiaires rentrant avec leurs vaches

Ce mardi 14 novembre, les ménages des provinces de Kayanza et Ngozi ont bénéficié de 389 vaches dont 341 génisses et 48 taureaux géniteurs. La commune Marangara, dans la province de Ngozi, a reçu 110 vaches. Dans la province de Kayanza, les ménages des communes Muruta, Matongo, Muhanga et Butangazwa ont bénéficié de 279 vaches.

Les bénéficiaires se réjouissent

M. Boniface Ngendakubwayo de la colline Gisara en commune Muhanga ne cache pas sa fierté. « Je suis vraiment très fier d’avoir bénéficié d’une vache de la part du PRODEFI. Grace à cette vache, je vais avoir du fumier pour fertiliser mes champs. Et, de surcroît, la production agricole va augmenter. J’avais déjà cultivé le maïs dans mes champs, mais la croissance n’est pas aussi bonne. » Il précise qu’il s’est déjà préparé à l’avance, notamment en cultivant des herbes fourragères en quantité suffisante qui serviront de nourriture pour la vache.

Mme Francine Nimpera de la même colline, sourire aux lèvres, témoigne sa profonde gratitude envers le PRODEFI. « Je suis très ravie que le PRODEFI m’ait choisie pour me donner une vache laitière. Et cela va me faciliter la tâche parce que je vais faire de l’agriculture moderne et, partant, ma famille va vivre dans de bonnes conditions. Je demande au PRODEFI de continuer à nous soutenir », estime-t-elle. « Je n’arrivais pas à avoir une meilleure production, car mes champs perdaient leur fertilité au fil du temps. On n’avait pas assez de récolte et j’espère que cette vache va nous aider à avoir une grande production. C’est la joie dans toute la famille. C’est la fête! », indique Mme Dorine Nshimirimana, bénéficiaire.

Mme Francine Nimpera, bénéficiaire : « Je suis très ravie que le programme PRODEFI m’ait choisie pour me donner une vache laitière… »

Assurer l’entretien des bovins

Les bénéficiaires sont appelés à entretenir les bovins, car ceux-ci vont servir à beaucoup de choses. Ils vont produire du fumier pour fertiliser le sol. Cela permettra d’augmenter le rendement agricole et, partant, améliorer la sécurité alimentaire et surtout la production laitière. De plus, avec la commercialisation du lait, ils vont gagner de l’argent et subvenir à leurs besoins.

D’après M. Ndikumana, ce ne sont pas des bovins du PRODEFI, du FIDA, mais plutôt ces vaches appartiennent aux bénéficiaires. Ce qui veut dire que tout le monde va bénéficier des bienfaits de la chaîne de solidarité communautaire bovine. Il invite d’ailleurs les bénéficiaires à ne pas briser la chaîne de transfert des bovins. Il met en garde les agents communautaires de santé animale qui produisent de faux rapports sur la santé des bovins pour pouvoir les vendre frauduleusement. Par ailleurs, certains agents rapportent que des vaches ont été amputées de leurs jambes par des malfaiteurs ou sont dans un état de santé critique, mais ce sont des informations mensongères qu’on véhicule pour pouvoir les vendre. Quiconque sera attrapé sera puni conformément à la loi, martèle-t-il.

M. Serges Nkurunziza, directeur général de l’élevage au sein du ministère de l’agriculture et l’élevage interpelle les administratifs à la base, les agents des centres communaux de développement communautaire et les agents de développement communautaire à veiller au respect des règles de la chaîne de solidarité communautaire pour éviter qu’il y ait des blocages au niveau de la transmission des bovins.

Les réalisations du PRODEFI parlent d’elles-mêmes

Toute personnalité ayant pris la parole lors des cérémonies de distribution des vaches en commune Muhanga a souligné l’importance des projets réalisés par le PRODEFI dans la province de Kayanza. « Dans le cadre du repeuplement du cheptel, le PRODEFI I a distribué 77 vaches à 138 ménages tandis que le PRODEFI II en a déjà distribué 46 », a précisé M. Raymond Sindabizera, administrateur de la commune Muhanga.

Il note que les autres interventions faites par le PRODEFI en commune Muhanga sont la distribution des semences sélectionnées, l’aménagement des pistes d’accès, la construction d’un centre de collecte, l’aménagement des marais, etc. Par ailleurs, l’administrateur de la commune Muhanga a plaidé à ce que le PRODEFI relaie le Programme d’Appui à l’Intensification et la Valorisation Agricole (PAIVA-B) en matière de sécurisation foncière, car les interventions de ce programme ont contribué à la réduction des conflits fonciers, indique M. Sindabizera
M. Vianney Ndikumana, conseiller principal du gouverneur de la province Kayanza abonde dans le même sens. Grâce aux intervenants dans la promotion de l’agriculture, en particulier le PRODEFI, la province de Kayanza réalise des progrès dans le domaine agropastoral. « Nous saluons les efforts fournis pour les activités déjà menées par ce programme. Il s’agit entre autres de l’aménagement des marais de Rumira, Nyarubanda et Nyakagezi pour la culture du riz, de la protection des terres arables par le traçage des courbes de niveau et de haies antiérosives à l’aide des herbes fixatrices (Tripsacum, caléandra, etc). La construction des hangars de stockage et des centres de collecte de lait, la construction d’une usine de décorticage du riz (mini-rizerie) ainsi que la sensibilisation de la population à intégrer les groupes de caution solidaire pour bénéficier des microcrédits.

Le PRODEFI participe à l’augmentation de la production

Le PRODEFI a déjà réalisé plusieurs activités dans ses différentes zones d’intervention. Ainsi ses différents projets ont contribué à l’augmentation de la production agricole. La production du riz est passée de 2 tonnes par ha avant l’aménagement des marais à 5 tonnes par ha actuellement. Et, pour les cultures vivrières, la production a triplé. La production du lait aussi s’est nettement améliorée. C’est ainsi que le ministère de l’Agriculture et de l’Elevage a mis en place une ordonnance ministérielle qui réglemente le secteur laitier. Celui-ci comporte les conditions de production du lait, de collecte et de transport du lait et des produits laitiers destinés à la consommation humaine au Burundi. Elle prévoit également des sanctions aux contrevenants, a précisé M. Nkurunziza.

Notons que 1 312 ménages ont déjà reçu des vaches dans la seule province de Kayanza et, grâce à la chaîne de solidarité communautaire, le nombre de bovins atteint 1 952. A cet effet, 5 centres de collecte de lait ont été construits, à savoir: Muhanga, Gatara, Butanganzwa, Gahombo et Kibuye. Et c’est la société Modern Dairy Burundi, qui rassemble le lait local afin de le transformer.

A propos de l'auteur

Benjamin Kuriyo.

Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur.
La rédaction se réserve le droit de ne pas publier les commentaires enfreignant ces règles et les règles de bonne conduite.

http://burundi-eco.com/wp-content/uploads/2017/12/Journal-Burundi-Eco-nr-274-du-vendredi-08-Décembre-2017-Mailling.pdf

    Abonnez-vous à notre newsletter

éditorial

A tout seigneur, tout honneur

A tout seigneur, tout honneur

Pour la deuxième fois, l’Office Burundais des Recettes vient de célébrer la Journée Nationale dédiée au contribuable. Aucun pays au monde ne peut prétendre à un développement harmonieux et durable sans que ses contribuables n’accomplissent leur devoir de payer les impôts et les taxes. L’importance des prélèvements obligatoires est sans conteste dans la vie de tout pays dans le domaine politique, économique, social et j’en passe.

    Facebook

    Facebook par Weblizar Powered By Weblizar

éditorial

A tout seigneur, tout honneur

A tout seigneur, tout honneur

Pour la deuxième fois, l’Office Burundais des Recettes vient de célébrer la Journée Nationale dédiée au contribuable. Aucun pays au monde ne peut prétendre à un développement harmonieux et durable sans que ses contribuables n’accomplissent leur devoir de payer les impôts et les taxes. L’importance des prélèvements obligatoires est sans conteste dans la vie de tout pays dans le domaine politique, économique, social et j’en passe.