Commerce

Pourquoi la recrudescence de la fraude des pagnes ?

Les frais de dédouanement très élevés, les cas de fraude avec complicité, la mévente des pagnes importés constituent les principaux obstacles au commerce des pagnes. Les commerçants demandent la réduction des frais de dédouanement à 5 000FBu par pagne

Bujumbura City Market (BCM) communément appelé chez Sion est très réputé dans la commercialisation des pagnes. L’emplacement réservé à la commercialisation des pagnes est riche en couleurs. D’un coté les pagnes produits localement dits COTEBU et de l’autre les pagnes importés qui transitent par la République Démocratique du Congo. Mais ces derniers font l’objet de fraude comme le témoignent certains commerçants.

« Je vend les pagnes depuis des années mais leur importation devient de plus en plus difficile suite à la surtaxation à la douane. Pour gagner plus, on fait recours à la fraude. Dans ce cas, on cache les pagnes dans d’autres marchandises ou passent par des entrées secrètes » explique un commerçant sous couvert d’anonymat

Vue globale des pagnes étalés à l’un des stands au marché « Bujumbura City Market ».

D’autre part, les commerçants évoquent les fraudes organisées impliquant certaines autorités et les forces de l’ordre. «Je vois de temps en temps des gens qui débarquent au niveau de ce marché avec des pagnes. Souvent ils utilisent des voitures luxueuses qui ne sont pas destinées au transport des marchandises.», témoigne une commerçante de pagnes. Un autre commerçant abonde dans le même sens « certaines autorités et les agents des forces de l’ordre se déguisent en agents de l’OBR et négocient avec les fraudeurs pour les laisser passer.  Nous voyons des jeeps aux vitres fumées qui déchargent une grande quantité de pagnes, ce qui attirent notre attention sur l’origine de ces pagnes ».

D’après un vendeur de pagnes qui a requis l’anonymat, les importateurs des pagnes doivent à l’Etat 16 500 FBu pour chaque pagne importé. Ils expliquent donc que certains commerçants préfèrent passer par des voies illégales pour gagner plus. En conséquence, il y a une mévente des pagnes pour les commerçants qui passent par les services de la douane. «Je n’arrive pas à vendre mes pagnes, je passe des journées entières sans clients. Ceux-ci préfèrent les pagnes produits localement dits COTEBU parce qu’ils sont moins chers», regrette une commerçante de pagnes d’origine congolaise rencontrée chez Sion.

Les prix des pagnes importés varient de 45 000 FBu à 50 000 FBu alors que les pagnes dits COTEBU ont des prix très bas oscillant entre 10 000 FBu et 30 000 FBu selon la qualité. « Je paie 9 dollars par pagne en République Démocratique du Congo. Actuellement sur le marché, les ventes sont en régression  à cause de la fraude.Les fraudeurs vendent  à moins chers et les clients se dirigent là où les prix sont plus bas », affirme une commerçante de pagnes.

Les clients affirment qu’ils préfèrent le pagne COTEBU car il est moins cher et a une qualité comparable à celle des pagnes importés. D’après N. N, les pagnes dits COTEBU se ressemblent étrangement aux pagnes importés. On ne peut pas les distinguer facilement. Donc, pour question d’économie, je préfère les pagnes produits localement.Un commerçant qui a requis l’anonymat estime que l’Etat surtaxe les pagnes dans le but de protéger la production locale. Une stratégie qui réussit plutôt bien.

Pour limiter les cas de fraude et promouvoir le commerce des pagnes, les commerçants demandent l’OBR de baisser les taxes à 5 000 FBu. Ce qui va faire chuter sensiblement les prix des pagnes importés et augmente la clientèle.

L’important,  c’est la dénonciation de la fraude

« Il s’observe ces derniers temps une recrudescence de la fraude des pagnes en provenance de la RDC malgré les efforts de l’OBR. Le dernier cas en date est celui de la saisie de 550  pièces de pagnes au bord du lac Tanganyika dans la commune urbaine de Muha », indique le porte-parole de l’OBR Jean Mvuyekure.

Il précise que la saisie des pagnes n’apporte pas beaucoup de recettes à l’OBR, mais que cela constitue un manque à gagner pour le trésor public. Pour lui, le plus important, c’est la dissuasion et la dénonciation de toute fraude pour la combattre avec vigueur et détermination, car elle constitue un danger social.

Concernant les droits de douane qui sont jugés trop élevés par les commerçants, M. Mvuyekure indique que cela est justifié par le fait que les pagnes sont parmi les produits dits sensibles et, qu’en conséquence, les droits de dédouanement pour les pagnes qui viennent hors des pays de l’Afrique de l’Est sont de 50 %. L’autre justification est que le gouvernement doit protéger les produits locaux dont les pagnes produits par l’AFRITEXTILE.

A propos de l'auteur

Bella-Sonia Ndamiye.

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