Editorial

Rentabilisation de la culture du café : Possible, mais difficile

D’une histoire datant de la période coloniale, le café est un atout pour la réduction de la pauvreté et l’augmentation de la croissance économique au Burundi. Initier dans le cadre de développer l’agriculteur par lui-même, le café est la principale culture d’exportation du pays. Il représente environ 60 à 70 % de la valeur des exportations totales. Le café burundais est classé premier au monde par sa qualité (fully washed). Un autre avantage pour qu’il reste le principal pourvoyeur de devises au Burundi.

Mélance Maniragaba, journaliste.

Cependant, la production moyenne du café et sa qualité tendent parfois à baisser. La cause n’est autre chose que le manque d’entretien. Les caféiculteurs également peuvent être ignorants, car l’effort fourni est inversément proportionnel aux recettes. Cela suite à l’évolution défavorable des cours du café. En témoigne le prix du café cerise par kg au producteur. Ce prix ne doit pas être en dessous de 500 FBu, soit environ 0, 28 USD au taux officiel pour la campagne café 2017-2018. Sûrement que l’exportateur gagnera plus, car il aura acheté en BIF et vendra en devises.

Malgré cela, les résultats de la formation des caféiculteurs sur les bonnes pratiques agricoles et leur mise en application par le bureau AgriBusiness Services et l’université de Ngozi en partenariat avec Christian Aid Burundi démontre qu’on peut quadrupler la production d’un kilogramme de café cerise par pied. Les études qui ont produit ces résultats ont été faites de 2015 à 2017.

Est-il alors possible de rentabiliser la culture du café via les bonnes pratiques agricoles ? Oui, mais très difficile. Cette réflexion fait référence à la démographie galopante du pays. Alors que la terre est devenue très exigüe pour l’agriculteur, il ne sera pas si simple de trouver les lieux d’implantation des caféiers voire les herbes à utiliser pour le paillage. Par ailleurs, le secteur caféicole a une main d’œuvre vieille. Or le système de production du café s’effectue sur une chaîne incluant les agriculteurs, les collecteurs, les exportateurs ainsi que les transformateurs. Ce qui exige plus de moyens et une main d’œuvre vigoureuse et nombreuse.

Etant promoteur, l’Etat doit prendre en main le secteur du café. Il serait mieux par exemple de disponibiliser les terrains pour cette culture comme c’est le cas pour la culture du thé. En plus, il faudrait inciter les opérateurs économiques à investir dans ce secteur et sensibiliser la population à planifier les naissances pour libérer l’espace. Il lui revient également d’encourager les jeunes à être dynamiques dans la production du café.

A propos de l'auteur

Mélance Maniragaba.

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éditorial

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