Commerce

Rumonge : Des femmes engagées dans le petit commerce

Elles sont de plus en plus nombreuses dans les marchés et autres endroits à faire le petit commerce afin de gagner la vie, mais elles demandent à être soutenues et encadrées afin d’avoir accès à des microcrédits pour s’auto-développer.

Ce sont des femmes chefs de ménages, des veuves, des femmes célibataires, des ex-prostituées, des femmes abandonnées, des femmes rapatriées et déplacées qu’on rencontre dans les différents marchés et autres endroits en train d’exercer le petit commerce.

Des femmes commerçantes étalant le petit poisson «Mukeke»

Elles font le commerce du poisson, des légumes, de la farine, des tubercules; bref le commerce des produits alimentaires.

Ces femmes indiquent qu’elles parviennent à faire vivre leurs familles en exerçant ce commerce malgré qu’il soit jalonné de beaucoup d’embûches.

Des défis à surmonter pour prospérer

Dévote Ndayizeye, une marchande des amarantes au port de Rumonge, indique que leurs préoccupations ne sont pas connues des autorités administratives et qu’elles ne sont jamais invitées dans des réunions organisées par l’administration ou l’OBR. Et cela suite au manque d’un cadre d’expression. Elle demande que ces femmes soient regroupées en associations ou coopératives pour être fortes car, aujourd’hui, chacune d’entre elles travaille en solitaire avec un petit capital. Mme Ndayizeye demande d’être soutenue, car elles sont vulnérables et elles ont des enfants en charge. «Malheureusement nous ne pouvons même pas contracter des crédits dans les banques ou institutions de microfinance, car nous n’avons pas d’hypothèques » renchérit-elle.

L’autre défi, poursut Mme Ndayizeye, est la méconnaissance des techniques de gestion de leur petit commerce. Elles ne savent pas tenir une comptabilité élémentaire.

Fatuma Ciza et Fidélité Inarukundo, toutes commerçantes de poissons au marché de Rumonge demandent aux différents partenaires techniques de s’intéresser à ce secteur, surtout d’encadrer et de soutenir ces femmes vulnérables. « La commune nous fait payer des taxes exorbitantes. Cela constitue aussi un défi au développement de notre petit commerce », indiquent ces femmes.

« Ces femmes doivent se regrouper en associations pour le soutien mutuel »

Contacté au téléphone, Célestin Nitanga, administrateur de la commune de Rumonge indique que le nombre de femmes vulnérables qui exercent le petit commerce ne cessent d’augmenter même en milieu rural.
Il demande à ces femmes de se regrouper en associations pour un meilleur encadrement et un soutien sans faille, car on ne peut pas soutenir une femme qui opère en solitaire.

« Une fois regroupéés en associations, elles seront reconnues au niveau des communes et les Ongs œuvrant dans la province pourront mieux les encadrer et les soutenir. La promotion des droits de la femme et des autres programmes de développement sera aisée, car tout se passera au niveau des associations » renchérit M. Nitanga.

L’administrateur communal de Rumonge encourage les femmes vulnérables à s’engager dans les activités de petit commerce au lieu de passer tout le temps à mendier et leur promet que l’administration est prête à les soutenir.
M.Nitanga conclut en indiquant que l’administration communale reste disposée à appuyer les associations des femmes vulnérables pour le développement des communautés locales, car la femme est le pilier du développement.

Création d’un fonds d’appui

Angelo Bazombaza, représentant de l’Ong locale Parcem en province de Rumonge demande aux administrateurs communaux de faire un recensement des femmes vulnérables dans leurs communes respectives pour connaître leur nombre, leurs aspirations, leurs capacités et leurs faiblesses afin de mieux les encadrer.

Les parlementaires et les autres associations de la société civile doivent mener des plaidoyers auprès du gouvernement pour la création d’un fonds d’appui aux activités génératrices de revenus. Cela pour appuyer ces femmes et d’autres personnes qui sont dans une situation d’indigence.

Ce fonds pourra leur octroyer des crédits qu’elles vont rembourser. Cela réduira le taux de pauvreté et d’indigence qui s’observe dans notre pays et contribuera à inculquer à la population l’amour du travail au lieu de tendre la main aux hypothétiques bienfaiteurs.

A propos de l'auteur

Felix Nzorubonanya.

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