Transport

Transport lacustre : moins cher et plus pratique

Comment désenclaver le Burundi, comment créer les conditions de son développement en améliorant son accessibilité ? Améliorer les voies de communications, toutes, vers le Burundi, est-ce promouvoir son intégration dans l’EAC ?

Alors que presque 70 % des marchandises transitent en camions par les routes, soit du corridor nord depuis les ports de Mombasa  jusqu’à Bujumbura, soit par le corridor central, Dar-es-Salaam-Isaka-Bujumbura, certaines autorités mettent en évidence une alternative du corridor central.  Cette alternative privilégie le train jusqu’à Kigoma puis le bateau par le lac Tanganyika, elle permettrait l’arrivée des marchandises avec une réduction de 40 % du coût de transport. Ce que confirment beaucoup de témoignages.

Il faut d’abord se rappeler les grands modes de transport des marchandises : la route, l’eau c-à-d le lac, l’air et le fer (voies ferrées inexistantes à ce jour au Burundi). Il faut aussi avoir à l’esprit le fait que le pays étant enclavé, étant un cul-de-sac, le coût du transport par container par exemple est très élevé, car les 90 % de ces containers repartent vides donc sans location. Ce n’est pas le cas des villes et régions qui disposent d’une industrie manufacturière avec des produits finis d’exportation. Dans ces cas, les containers repartent remplis de produits à livrer vers d’autres destinations et le coût du transport est partagé sur les deux voyages.

Carte illustrant le transport sur le lac Tanganyika

 

La réhabilitation du chemin de fer Dar-es-Salaam-Kigoma a donné une lueur d’espoir, non seulement aux autorités burundaises, mais aussi à certains usagers du corridor central donnant accès à cette voie ferroviaire via le lac Tanganyika. Alors qu’il recevait deux bateaux qui transportaient plus de 800 tonnes de marchandises au mois d’avril 2017, le ministre des Transports, des Travaux publics et de l’Equipement a annoncé que le coût du transport des marchandises sera réduit de 40 % grâce à l’usage du corridor central (train + bateau). Sans toutefois donner des précisions sur les chiffres, Célestin Nsavyimana, qui a travaillé plus de 30 ans dans le domaine du transport maritime, affirme que cette voie est la moins chère parmi tous les modes de transport. Ce qui le pousse à confirmer que le corridor central, train + bateau, est moins cher et plus pratique. « Le bateau, qu’il soit sur un fleuve, la mer ou sur un lac, transporte de très gros tonnages, nettement supérieurs aux autres modes, que ce soit la route ou le fer », explique-t-il avant d’ajouter qu’il pollue moins la nature. Il est donc plus écologique et durable. Pour ce qui est de la voie ferroviaire transit entre le lac Tanganyika et le port de Dar-es-Salaam, M.Nsavyimana fait remarquer que l’usage des chemins de fer sous-entend le transport des marchandises par wagons. Ces derniers transportent à leur tour de gros tonnages. Toutefois, il reconnait que la voie routière est la plus rapide et que le transport par camion est plus flexible. « Mais elle ne supporte pas de gros tonnages », rappelle-t-il. Pour la sécurité des marchandises, les corridors routiers ont pris progressivement plus d’importance. Cela car le tronçon du chemin de fer Dar-es-Salaam-Kigoma est ancien, peu entretenu et ne dispose qu’une d’une seule voie, ce qui ralentit la circulation des trains. De plus, « Il y avait parfois sur ce tronçon des éboulements, des inondations et des coupures de voies à réparer. Mais n’oublions pas que dans les années 1980, la situation était tout autre et que 80 % des marchandises passaient par ce corridor central train + bateau », rappelle-t-il.

Transport par bateau moins cher et plus durable

Vue des bateaux au port de Bujumbura

Un des syndicalistes de Global Port Services Burundi (GPSB), une société concessionnaire du port de Bujumbura confirme le bas coût de la voie lacustre comme moyen de transport des marchandises. Par ailleurs, ajoute-t-il, cette voie facilite le transport de gros tonnages. Il met en évidence que les bateaux qui font le transport lacustre ont une capacité de transport variant entre 500 et 1500 tonnes. Et de rappeler : « Quant aux camions, seules 35 tonnes sont autorisées par camion. Vous constaterez qu’un seul grand bateau peut transporter l’équivalent de plus de 50 camions ». Une des autorités de GPSB abonde également dans le même sens que le syndicaliste. Dévoilant quelques chiffres, cette autorité fait savoir qu’au mois de juillet 2017, le port de Bujumbura a accueilli 300 camions, soit 10.500 tonnes de marchandises. La même autorité indique qu’on reçoit chaque semaine entre 3 et 5 bateaux transportant de 500 à 1 500 tonnes de marchandises. Cependant, elle indique que presque 75 % des marchandises passant par le lac Tanganyika proviennent de la Zambie par le port de Mpulungu. Selon elle, sur les 15 bateaux qui arrivent une fois la semaine, 9 empruntent la direction zambienne.

La majeure partie des marchandises transportées sur le lac le sont donc à partir de la Zambie et non de Kigoma.

ARNOLAC, dans le même camp de la reconnaissance

Eupaphrodite Makarakiza, directeur administratif et d’exploitation à l’Armement Nord du Lac (ARNOLAC) confirme que le transport lacustre est le plus économique. Il indique que l’entreprise ARNOLAC (entreprise privée qui exploite les bateaux depuis 1967) détient 9 bateaux dont 7 pouvant convoyer entre 350 à 1200 tonnes de marchandises et 2 pouvant convoyer 150 et 420 m 3 de carburant. « Concernant le carburant, le camion citerne est autorisé pour le transport de 30 m3 », signale-t-il. Ce qui fait que l’usage du lac est plus bénéfique par rapport à la route pour des raisons de volumes transportés.

Nous vous présenterons dans la prochaine publication le coût du transport lacustre des marchandises.

A propos de l'auteur

Mélance Maniragaba.

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