Transport

Transport rémunéré : De grands chamboulements en 2018

Alors que le Président de la République Pierre Nkurunziza a déclaré que le gouvernement va en découdre avec le désordre observé dans le transport rémunéré, les différents intervenants dans ce secteur s’activent pour la mise en application de la mesure.

« Depuis 2018, le gouvernement va en découdre avec le désordre constaté dans le secteur du transport. Les transporteurs devraient se regrouper en associations, utiliser des bus décents et se défaire de ceux qui sont amortis », a précisé le président de la République du Burundi Pierre Nkurunziza lors de la conférence publique du 29 décembre 2017. En référence aux propos du Président de la République du Burundi, la direction générale des Transports a adressé une correspondance à l’Association des Transporteurs du Burundi (ATRABU) pour lui demander le plan de travail, exercice 2018.

« J’ai l’honneur de bien vouloir me faire parvenir au plus tard le 11 janvier 2018 votre plan de travail pour l’année 2018, dans le cadre de la mise en œuvre du contenu du discours du Président de la République du Burundi en matière d’amélioration et de facilitation des services de transport en Mairie de Bujumbura et ses environs. Comme cette activité revêt un caractère urgent, une réunion de validation de votre plan de travail est prévue en date du 15 janvier 2018 », lit-on dans cette correspondance.

L’ATRABU déjà en action

Charles Ntirampeba, secrétaire général de l’ATRABU : « Nous avons mis en place une commission de transporteurs chargée de contrôler les véhicules en mauvais état pour qu’ils puissent s’arrêter momentanément afin de les amener au garage. Cela pour question de leur remise en état. Nous espérons que cela va se faire tout au long des mois de janvier et février. Les véhicules en état lamentable seront suspendus de la circulation »

Selon Charles Ntirampeba, secrétaire général de l’ATRABU, une réunion a été déjà tenue à l’endroit des transporteurs, surtout ceux de la Mairie de Bujumbura pour communiquer sur la mise en application du discours du Président de la République du Burundi du mois de décembre dernier visant à réformer le transport rémunéré. « Dans cette optique, nous avons mis en place une commission de transporteurs chargée de contrôler les véhicules en mauvais état pour qu’ils puissent s’arrêter momentanément afin de les amener au garage. Cela pour question de leur remise en état. Nous espérons que cela va se faire tout au long des mois de janvier et février. Les véhicules en état lamentable seront suspendus de la circulation », fait-il remarquer.

M. Ntirampeba explique que pas mal de causes sont à la base de l’état vétuste des bus de transport. Il cite notamment la mesure prise en 2008 d’interdire l’importation des bus type main gauche moins chers par rapport aux bus type main droite. «Les commerçants n’étaient pas à mesure d’importer les bus main droite au Burundi. Ce qui n’a pas facilité le renouvellement du charroi», poursuit-il.

Une ligne pilote identifiée

Pour continuer à exécuter leur devoir et s’impliquer dans les nouvelles réformes, M. Ntirampeba indique que l’ATRABU a déjà identifié une ligne pilote et les endroits où on va ériger des arrêts-bus qui avantagent un nombre important de passagers. Ladite ligne concerne le nord de la capitale, plus précisément les bus qui se rendent à Carama, Kamenge, Kinama, Kuryakanyoni et Mutakura.

« Nous allons en premier lieu recenser les bus, ensuite les enregistrer et enfin mettre des signes distinctifs. Ce travail se terminera avec le mois de janvier. On va démarrer avec le mois de février par la ligne pilote », annonce-t-il. M. Ntirampeba informe qu’avec la ligne pilote, l’ATRABU va rassembler les transporteurs qui entreprennent dans les mêmes localités pour les regrouper en une coopérative. « C’est cette coopérative qui va gérer la ligne », renchérit-il.
M.Ntirampeba signale qu’on va essayer de réglementer les rotations et d’affecter les bus selon l’importance du nombre de passagers quitte à ce que ceux-ci débarquent ou embarquent dans les bus sans problème. « Nous avons constaté qu’une fois l’expérience réussie, les transporteurs vont gagner. Nous faisons allusion à la situation actuelle où le bus « Coaster » est loué à 50 mille FBu par jour. Avec les nouvelles projections, la location pour le bus « Coaster » est estimée entre 80 et 100 mille FBu par jour, soit le double », martèle-t-il. Les passagers pourront avoir des véhicules à tout moment et à des endroits plus précis, d’après M. Ntirampeba. Et de continuer : « Les embouteillages vont également diminuer surtout que les chauffeurs de bus n’entretiendront plus de concurrence pour embarquer en premier le client. Il sera aussi facile pour le gouvernement de collecter les recettes, car les bus seront bien identifiés ».

M. Ntirampeba informe qu’au départ les transporteurs regroupés en coopératives vont verser les bénéfices sur leurs comptes bancaires tout en sachant qu’au fur et à mesure ils vont verser des actions dans les coopératives. Cela pour avoir un trésor commun. L’objectif final étant de créer un fonds de garantie qui leur facilitera l’obtention des crédits. « Comme cela, il leur sera facile de renouveler le charroi », certifie-t-il.

Un effort collectif

M. Ntirampeba demande à la Mairie de leur faciliter la tâche pour l’installation des panneaux de signalisation, la construction des arrêts-bus et aider à sensibiliser les passagers à l’usage des nouveaux endroits. Et de convier : « Que les transporteurs comprennent également qu’ils devront s’acquitter d’une petite contribution (une cotisation) afin de mettre en pratique tous ces changements ».

Tolérance zéro au désordre à l’OTRACO

Albert Maniratunga, directeur général de l’OTRACO : « Le transport public est également un secteur informel. Vous trouverez plusieurs transporteurs à titre individuel, notamment les taxis-vélos, les taxis-motos, les tuk-tuks, les taxis-voitures…Normalement, la bonne organisation dans le transport public est le regroupement de tout ce monde en une société ou en une coopérative »

Albert Maniratunga, directeur général de l’Office des Transports en Commun du Burundi (OTRACO) dit que la tolérance zéro au désordre lié à la défaillance des missions de l’institution qu’il dirige est devenue un slogan. Ce qui rentre dans la droite ligne des réformes entreprises dans le transport rémunéré tel que prévue par le Président de la République du Burundi. Pour alors M. Maniratunga, la fin de l’année 2016 a été caractérisée à l’OTRACO par un plan d’action correcteur.

« Il y avait à l’OTRACO, des détournements de fonds généralisés. L’entreprise allait tomber en faillite. A ce moment, la situation du compte de l’OTRACO était de 12 à 15 millions de FBu. Pourtant, les employés devraient être payés une somme qui va au-delà de 37 millions de FBu par mois. Via le changement des techniques d’appliquer la règle de la prévention et de l’éradication du vol en mettant l’ordre, la discipline et la rigueur dans la collecte de recette, nous arrivons aujourd’hui à une situation à la banque de 145 millions de FBu », témoigne-t-il.

Pour éviter alors tout désordre en ce qui est du paiement à l’OTRACO, M. Maniratunga rappelle que celui-ci se fait sur un compte ouvert à une seule banque dénommée Banque Commerciale du Burundi (BANCOBU). Cependant, il regrette qu’il existe un mode de paiement manuel pour les bus qui font les trajets de l’intérieur du pays. Toutefois, Il avise que l’office a impliqué pour le moment des instances comme les services de renseignement, la police, la brigade anti-corruption, les collectivités locales afin de suivre de près ces bus.

« Pour ce qui est du côté technique, aujourd’hui, l’obtention du contrôle technique est lié non seulement aux standards internationaux, c’est-à-dire à la convention de Genève (une convention qui définit les normes standards en matière de conduite des véhicules et motos), mais aussi au code de la circulation routière du Burundi. Désormais pour faire son contrôle technique, il faut une présence obligatoire du véhicule qui doit passer sur la fosse pour subir un diagnostic mécanique. Il doit aussi être enregistré sur le nom du propriétaire. Donc sur la carte rose du propriétaire. La loi sur le transfert n’est pas respectée. Ce qui fait que dans de tels cas nous appliquons les pénalités, soit 200 FBu par jour sur le retard de transfert. Un véhicule non transféré ne bénéficie pas de contrôle technique», notifie-t-il.

Quant au remplacement des bus amortis ou à l’achat des bus neufs, M. Maniratunga informe que cela est inclus dans le plan quinquennal de l’OTRACO depuis 2017. Néanmoins, M. Maniratunga déplore que l’autorisation de transport soit aux mains de la direction générale des Transports. Cela au moment où il existe des bus et des véhicules-taxis qui ne répondent pas aux normes de transport des personnes. Ce qui constitue un défi dans ce domaine.
« Pour améliorer son charroi, l’OTRACO compte sur deux volets : Premièrement chercher des investisseurs dans le transport à l’étranger par le partenariat public-privé et les procédures sont déjà entamées. Deuxièmement, comme la trésorerie de l’office monte positivement, nous prévoyons contracter une ligne de crédit dans une banque locale et par rapport au concessionnaire local qui représente par exemple la marque « Toyota ». Les démarches sont aussi engagées.Il reste à voir si les comptes tournent bien», fait-il savoir.

Des inquiétudes

M. Maniratunga reconnait que les exigences telles que définies par l’Union Internationale des Transports Publics (UITP) ne sont pas respectéess. Par référence à celles-ci, il confie que le transport public au Burundi manque une loi spécifique pour le réglementer.

« Le transport public est également un secteur informel. Vous trouverez plusieurs transporteurs à titre individuel, notamment les taxis-vélos, les taxis-motos, les tuk-tuks, les taxis-voitures…Normalement la bonne organisation dans le transport public est le regroupement de tout ce monde en une société ou en une coopérative », rassure-t-il.
M. Maniratunga revient enfin sur les infrastructures routières. Il renseigne qu’il y a un manque de BRT (Bus Reduce Transit=Petits corridors se trouvant sur la chaussée pour servir d’arrêts-bus), les centres de terminus ainsi que les gares routières. Et d’éclairer : «Ce sont des investissements macro-économiques».

A propos de l'auteur

Mélance Maniragaba.

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