Comme 10 autres hôpitaux, l’hôpital communal de Mbuye dans la province de Muramvya attend toujours son ambulance qui devrait lui parvenir le 3 juin 2025 lors de la dernière distribution des ambulances par le ministère de la Santé et ses partenaires. Cela est due au fait que les clés de contacts de ces ambulances ont été égarées. Entretemps, cette situation met les vies des patients en danger.
L’hôpital communal de Mbuye ne dispose que de 38 lits et souffre de graves lacunes: une salle d’opération et une banque de sang inexistantes.
Sur un total de 50 ambulances qui devraient être distribuées aux différents hôpitaux nécessiteux le 3 juin 2025, seuls 39 sont déjà arrivées à destination.11 autres sont toujours garées dans la cour de l’INSP dont celui qui était destinée à l’hôpital communal de Mbuye dans la province de Muramvya. Comme le raconte Mme Evelyne Ndayisasirire, administrateur communal de Mbuye, ce n’est pas la première fois qu’une telle situation arrive à l’hôpital de Mbuye. « La première fois on a attribué une ambulance à cet hôpital et même le nom de l’hôpital a été écrit sur cette ambulance. Après quelque temps, on nous a dit qu’on doit l’amener dans un autre district sanitaire jugé prioritaire que l’hôpital de Mbuye. On nous l’a chipé et là on a compris », dit l’administrateur.
Après on a remis l’hôpital de Mbuye sur la liste des bénéficiaires des ambulances prévues pour être distribuées le 3 juin 2025. « Nous avons envoyé notre médecin pour la récupérer. C’était un réel plaisir à tel point que les habitants de cette localité ont cueilli des fleurs à mettre sur son passage », raconte-t-elle. « Pour apprendre après que l’ambulance ne va pas nous parvenir car son clé de contact a été égarée comme cela a été le cas pour 10 autres ambulances. Cela nous a surpris, car si le problème n’était que cela, il suffirait juste de modifier l’antivol pour qu’on puisse l’utiliser », ajoute-t-elle.
Les conséquences sont nombreuses
L’hôpital communal de Mbuye ne dispose que de 38 lits et souffre de graves lacunes: une salle d’opération et une banque de sang inexistantes. En cas de complications obstétricales, le transfert vers un hôpital mieux équipé est vital à condition d’avoir une ambulance disponible.
« Cet hôpital fait face à un problème sérieux de manque d’une salle d’opération et d’un endroit adéquat pour conserver le sang. Lorsqu’une mère a besoin d’accoucher et d’une transfusion sanguine, il faut l’amener dans un autre hôpital. Ce qui nécessite une ambulance. Sinon on risque de perdre à la fois la mère et l’enfant. Souvent, nous faisons recours à la voiture de l’administrateur de Mbuye », explique Evrard Budigiri, médecin responsable de cet hôpital.
Face à cette situation, l’administrateur de la commune Mbuye implore le Président de la République: « Nos malades paient le prix d’une logistique défaillante. Nous espérons que cette fois-ci, l’ambulance nous parviendra. Nos patients en éprouvent un besoin vital », insiste-t-elle.
Le ministre de la Santé Publique et de la lutte contre le Sida, Dr Lyduine Baradahana avait évoqué ce dossier à l’Assemblée nationale, précisant que 11 ambulances sur les 50 distribuées sont bloquées à l’Institut National de Santé Publique du fait de la disparition de leurs clés de contact. Elle qualifiait ces agissements de « travail du diable » et annonçait des enquêtes en cours avec les forces de sécurité.
