Le lac Tanganyika regorge d’opportunités d’activités commerciales. La pêche est l’une des activités génératrices de revenus qui y sont pratiquées. Cependant, cette activité reste peu développée. Le professionnalisme passe souvent au second plan. Certains pêcheurs n’y voient qu’un gagne-pain ou un métier héréditaire, c’est-à-dire transmis de génération en génération. Un reporter de Burundi Eco les a rencontrés
Il est 7 heures du matin. Entre les plages aménagées pour offrir une bonne détente aux visiteurs, un endroit non mis en valeur constitue une véritable manne pour ces amateurs de la pêche la plus rudimentaire. Selon un des pêcheurs rencontrés sur ce petit site de pêche improvisé, ces hommes plus rattachés à ce métier qui reste un des plus vieux du Burundi, viendraient des milieux plus reculés pour gagner leur ration. « Ce sont des gens originaires de la zone Kanyosha qui viennent jusqu’ici et arrivent très tôt le matin sur des vélos. Derrière eux sur la rive, on voit quelques vélos de sport. Ceux qui n’en ont pas embarquent dans le premier bus qui arrive », indique-t-il.
Certains d’entre eux sont assis sur des rochers dans cet espace où les vagues d’eaux viennent mourir quand le lac est tourmenté. D’autres plus débrouillards ont fabriqué des estrades un peu élevées sur lesquelles ils se tiennent assis au-dessus de la surface des eaux du lac. Ce qui leur permet ainsi d’aller pêcher à quelques mètres des bords du lac.
La pêche à la ligne pratiquée aux abords du lac Tanganyika sur de nombreux sites fait vivre beaucoup de familles.
A cette heure où les citadins sont en route pour rejoindre leurs postes d’attache, ces pêcheurs sont déjà nombreux sur place à lancer leurs hameçons dans le lac encore calme. Chacun d’eux a pris soin d’amener un ou deux seaux où il conserve son butin. Généralement, une personne utilise deux ou trois hameçons qu’il doit surveiller sans froncer les sourcils. Même s’il est visible qu’ils se connaissent les uns les autres, le silence est de mise et la compétition est sans précédent. En effet, chacun doit se concentrer sur son objectif pour attraper le plus de poissons possible. De temps en temps, ils se lancent de petits mots ou échangent des grimaces.
Un métier qui fait vivre bien des personnes
Nous nous sommes entretenus avec ces pêcheurs en herbe pour savoir pourquoi ce travail les intéresse. Selon E. N, leur activité est très bénéfique. « Le lac Tanganyika fait vivre beaucoup de personnes plus qu’on ne le pense », indique ce chasseur de poissons qui affirme que son travail est payant. Interrogé sur son gain quotidien, il en a profité pour expliquer un peu les méandres de son métier. Selon lui, les revenus varient d’un jour à un autre. « On peut même attraper des poissons qu’on peut vendre au marché à 50 mille et cela jusqu’à 10 heures du matin », affirme ce jeune homme qui, cependant, prend soin de montrer que la moisson n’est pas toujours bonne. De toutes les façons, il serait difficile de travailler jusqu’à 10 heures sans avoir gagné au moins 10 mille FBu. « Quand on a sacrifié la grasse matinée, ce serait aberrant de ne pas gagner au moins 10 mille FBu », souligne notre interlocuteur qui considère que l’essentiel est de pouvoir gagner sa vie.
Un marché à la portée de la main
Derrière les pêcheurs, on aperçoit quelques personnes. Si certains passants sont impressionnés par ces chasseurs de poissons, d’autres veulent s’offrir des poissons frais à bas prix. « Ils commencent à vendre les poissons aux environs de 10 heures et les derniers quittent les lieux à midi », explique Saidi Ndabakunda qui affirme avoir souvent acheté le poisson à cet endroit.
En effet, le vent qui vient troubler les eaux du lac dans les heures de l’avant-midi met fin à la pêche. « Les vagues violents de 10 heures empêchent les poissons de s’approcher de nos pièges et on a peu de chance d’avoir quelques butins », justifie E. N. D’autres poissons sont achetés par des petits commerçants qui les acheminent vers différents marchés où ils les vendent. E. N affirme que les prix sont indexés aux moyens utilisés.
Si elle constitue la partie la plus obscure de la pêche sur le lac Tanganyika, la pêche à la ligne pratiquée aux abords du lac Tanganyika sur de nombreux sites fait vivre beaucoup de familles.