Benjamin Kuriyo, Directeur de publication
Les coupures intempestives d’électricité rythment le quotidien des habitants de la ville de Bujumbura. Certains quartiers demeurent dans le noir depuis des mois alors que d’autres bénéficient d’une alimentation très irrégulière en électricité, la nuit comme le jour. Les responsables de la Regideso évoquent les travaux de mise en réseau de l’électricité en provenance des centrales hydroélectriques en cours d’achèvement. Un argument qui a du mal à passer dans l’opinion. Avec l’offre nationale qui oscille autour de 107 MW, le pays est loin de satisfaire la demande. Il est parmi les pays qui affichent un taux d’électrification relativement faible.
Le souci du gouvernement d’accroître l’offre électrique est une œuvre à saluer, mais encore faut-il que cette énergie parvienne aux consommateurs (usines, hôtels, commerces, ménages, etc.). Il importe de signaler que l’énergie est une condition sine qua none pour toute industrialisation en général et pour toute activité économique en particulier.
Malgré la mise en service de trois centrales hydroélectriques (Ruzibazi, Kaburantwa et Rusumo Falls), la situation demeure préoccupante. Les coupures intempestives d’électricité paralysent l’ensemble des activités dans la ville de Bujumbura. Le mois dernier, la Regideso avait déclaré plutôt que les coupures d’électricité sont imputables aux travaux de maintenance des postes pour leur permettre de contenir la charge de l’énergie à venir. Cependant, la situation s’empire davantage.
Le porte-parole du ministère de l’Energie annonce que les coupures intempestives vont s’estomper avec la fin des travaux de mise en réseau projetée au mois de mai de cette année. Il se félicite déjà de l’augmentation de l’offre électrique. Paradoxalement, après plusieurs promesses non tenues, le patron de la Regideso a fini par accepter que le problème réside ailleurs : la vétusté du réseau. Pour lui, si on ne parvient pas à réhabiliter le réseau de transport d’électricité, il y aura toujours des coupures intempestives d’électricité dues à la vétusté des équipements. Les déclarations du Directeur Général de la Regideso prouvent que le réseau ne supporte plus les charges.
Le Burundi regorge d’énormes opportunités d’affaires. Le pays est doté d’un capital naturel exceptionnel, notamment dans le secteur agroalimentaire, l’énergie et des mines. Ces opportunités restent hors de portée si jamais le pays n’investit pas davantage dans le secteur énergétique. A titre illustratif, l’exploitation des ressources minières nécessiteraient une énergie évaluée à 200 MW. Le Plan National de Développement 2018-2027 prévoit que le Burundi aura besoin d’au moins 400 MW pour son industrialisation. Ces données montrent que nous avons du pain sur la planche pour non seulement aspirer à l’électrification universelle, mais aussi asseoir les conditions propices aux affaires pour les opérateurs économiques qui doivent faire recours aux énergies alternatives pour faire tourner leurs unités de productions.