Le gouvernement du Burundi, les prestataires et les bénéficiaires des soins de santé se réjouissent de l’impact du projet «Action Citoyenne pour l’amélioration des services de santé dans les provinces sanitaires de Bujumbura-Mairie, Gitega, Ngozi et Rumonge». Ils remercient l’ABUCO-TI Burundi du travail accompli et lui demandent d’étendre le projet dans tout le pays
L’Association Burundaise des Consommateurs-Transparency International Burundi (ABUCO-TI Burundi) a organisé mercredi le 4 décembre 2019 un atelier d’échange sur l’impact du projet «Action citoyenne pour l’amélioration des services de santé dans les provinces de Bujumbura-Mairie, Gitega, Ngozi et Rumonge». Ce projet a été financé par le Bureau de la Coopération Suisse au Burundi. Dans son exposé Noël NKURUNZIZA, Secrétaire Général de cette association a indiqué que les soins de santé primaires sont faits de huit composantes à considérer comme essentiels. Il s’agit de la compétence technique, accès aux services, efficacité, relations interpersonnelles, globalité, continuité, innocuité et agrément. L’ABUCO-TI Burundi a initié cette activité dans l’optique de contribuer à l’amélioration des soins de santé de la population à travers le respect de ces huit composantes de la qualité des soins dans les structures de soins et services de santé des provinces pilotes de Ngozi, Gitega, Rumonge et Bujumbura-Mairie.
Pierre Nduwayo, président de l’ABUCO-TI Burundi : «Il est plus que nécessaire de disposer des soins de santé primaires plus solides pour atteindre les ODD liés à la santé et la couverture sanitaire universelle»
Les défis relevés
Pendant l’exécution du projet qui a duré une année, Noël NKURUNZIZA a informé les participants que les échanges faites avec les principaux acteurs du domaine de la santé ont révélé certains défis malgré les avancées enregistrées dans l’offre des soins et des services de santé.La plupart des prestataires de soins ont un bas niveau de formation de base par rapport à ce qui est préconisé par les normes sanitaires 2019-2023. Les résultats de l’enquête viennent de montrer que les prestataires de niveau A 2 sont prédominant avec un taux estimé à 49.6 % ; 44 % sont de niveau A3 au moment où les Médecins cliniciens sont estimés à 0,4 %.
Insuffisance des matériels et des médicaments essentiels
De surcroît, le Matériel médical fonctionnel était disponible dans des proportions différentes selon le type de matériel. Le thermomètre était disponible dans 93,8% des centres de santé, le stéthoscope dans 83,2 % des CDS, le tensiomètre dans 87,6 % des CDS, le microscope dans 93,8 % des CDS et le réfrigérateur dans 84,9 % des CDS. Il s’inquiète aussi du fait que 65,5 % des CDS avaient des médicaments périmés au cours des 6 derniers mois. L’électricité y était disponible à 70,8% et l’eau à 79,6%.
Les participants demandent à l’ABUCO-TI Burundi d’étendre le projet dans tout le pays
28,31 % des patients ne trouvaient pas tous les médicaments prescrits au CDS. Les prescriptions étaient convenablement suivies par 70,8% des patients. 29% des patients ne recevaient pas des explications sur les effets secondaires de la prise des médicaments prescrits. En cas de manque de médicaments au CDS, 58,9% des patients achètent ces médicaments dans une pharmacie privée. Certains patients sont obligés d’abandonner ces médicaments (1,3%). D’autres préfèrent revenir pour voir si le médicament est disponible ou se rendent dans un autre CDS.
Quid de l’accessibilité géographique des centres de santé ?
La majorité des patients enquêtés (512 soit 72,3%) vivaient à moins de 5Km du CDS contre 198, soit 27,7 % qui vivent à plus de 5 km. Dans la province de Ngozi, 81,8% des patients vivaient à moins de 5 km des CDS contre 18,2% qui parcouraient 5 km et plus pour atteindre le CDS le pus proche.Dans les autres provinces, moins de 80% des patients accédaient aux CDS après un parcours de moins de moins de 5 km. Les patients ont eu des difficultés à obtenir les soins de santé primaires à hauteur de 35,6 %. Les problèmes d’accès aux soins de santé existent dans toutes les provinces. Dans la municipalité de Bujumbura, 33,3% des patients ont des difficultés d’accès aux soins de santé. A Gitega, ils sont estimés à 30,5%, 34,5% à Ngozi et 22,2% à Rumonge. La CAM était utilisée par 56,6 % des patients contre 26,9 % qui payaient cash. 6,5% des patients utilisaient la mutuelle de la fonction publique.
L’état des lieux de la prévention des infections
Les prestataires enquêtés ont déclaré à 88,4% qu’il existe des directives de prévention des infections dans les CDS. 53,1% des patients ont affirmé que les CDS font la promotion des bonnes pratiques d’hygiène et de nutrition.L’approvisionnement en eau saine était effectif pour 79,6% des CDS et 80,5% de ces CDS disposaient de l’eau et du savon en consultation et dans d’autres services pour le lavage des mains. La stérilisation du matériel était effective dans 87,6% des CDS et la décontamination dans 73,5% des CDS.
Il y a encore à faire dans la gestion des déchets biomédicaux
Il existait des poubelles, des boîtes de sécurité, des fosses à placenta et des incinérateurs dans les proportions respectives de 95,6%, 90,3%, 95,6 % et 96,5%.Le matériel pour la gestion des déchets biomédicaux était disponible dans les CDS.
Le respect du port des blouses était observé dans 92,1 % des CDS. L’état des blouses était bon dans 94,7% des cas et elles étaient sales ou déchirées dans 2,7% des cas. Les gants en plastique étaient disponibles dans 93,8% des CDS.
Dr. Jacques Niyonkuru, Directeur de l’Offre et de la Demande des Soins au ministère de la Santé Publique et de la Lutte contre le Sida : «Je suis ravi du travail abattu par l’ABUCO-TI Burundi»
Quid de l’impact du projet ?
Après l’enquête, les prestataires de soins, les patients et les agents de santé communautaire se sont rendus compte qu’il ne faudra pas seulement tout attendre du niveau central du Ministère de la Santé Publique et de la Lutte contre le Sida pour pallier à certains défis liés notamment à l’amélioration l’hygiène et au traçage des pistes pour faciliter l’accès aux CDS. De plus, l’administration a compris la nécessité de promouvoir la santé communautaire. Elle contribue actuellement à la construction des CDS pour réduire le trajet qu’effectue la population pour les atteindre. Elle participe aussi au traçage des pistes d’accès aux CDS. Pour gagner le pari, les autorités administratives ont promis on a d’intégrer les plans de promotion de la santé dans les Plans Communaux de Développement Communautaire (PCDC). Ils demandent à l’ABUCO-TI Burundi d’étendre le projet dans tout le pays.
Le gouvernement s’en réjouit
Dr. Jacques NIYONKURU, chargé de l’offre et de la demande des soins au Ministère de la Santé Publique et de la Lutte contre le Sida est ravi du travail abattu par l’ABUCO-TI Burundi. «Cette enquête nous permettra de corriger certaines lacunes déjà constatées dans l’optique d’améliorer la qualité des soins. Il s’agit d’un miroir qui montre l’état des lieux de la qualité des soins offerts par les prestataires dans les CDS. Cela nous permet de comprendre les besoins et les attentes de la population», révèle Dr. Jacques NIYONKURU. Il tranquillise que l’Etat est à l’œuvre pour promouvoir la santé de la population en construisant beaucoup de CDS et d’hôpitaux dans tout le pays. Néanmoins, il affirme qu’il s’observe certains défis qu’il faudra surmonter pour gagner le pari. A titre d’exemple, il signale que les ressources humaines sont insuffisantes tant en qualité qu’en quantité, et que la répartition sur le territoire national est inéquitable
Pierre Nduwayo, président de l’ABUCO-TI Burundi rappelle que l’association qu’il chapeaute travaille dans le cadre de la protection des droits des consommateurs et de la promotion de la bonne gouvernance. Il a noté que c’est pour cette raison qu’on a entrepris des activités visant la contribution à l’amélioration de l’offre des soins de santé primaires en collaboration avec le Ministère de la Santé Publique et de la Lutte contre la Sida, l’ISTEEBU et les bénéficiaires des services de la santé dans les provinces sanitaires de Bujumbura- Mairie, Gitega, Ngozi et Rumonge. Il a rappelé qu’il est plus que nécessaire de disposer des soins de santé primaires plus solides pour atteindre les ODD liés à la santé et la couverture sanitaire universelle.