A une semaine de la rentrée scolaire, l’heure est aux préparatifs pour cette année scolaire 2020-2021 qui débutera le 7 septembre. Les parents à la recherche du matériel scolaire se heurtent à la cherté de ce matériel. Ils se disent désespérés et ne savent pas quoi faire
Au centre-ville de Bujumbura, lundi le 31 août précisément à l’ex-marché central de Bujumbura, tout autour grouille des vendeurs de matériel scolaire. Les cahiers de 100 feuilles, 60 feuilles, 48 feuilles et 36 feuilles s’achètent successivement à 1 200 FBu, 750 FBu, 650 FBu et 550 FBu. Selon les commerçants, ce prix a été fixé par le ministère du Commerce et tout commerçant des cahiers de marque « Pacobu » est obligé de respecter ce prix plafond. Néanmoins, étant donné que le prix du carton de cahiers Pacobu est fixé à 148.000 FBu, indiquent-ils, ils travaillent à perte. « Nous sommes obligés de réduire ce prix du fait que si le client achète plusieurs cahiers par douzaines, on est obligé de faire une réduction du prix pour pouvoir vendre ».
Ils gagnent peu sur ces cahiers fabriqués localement. « On engrange à peine un bénéfice de 1000 FBu pour une douzaine de cahiers alors qu’avant la fixation des prix par le ministère du Commerce on pouvait percevoir un bénéfice de 1500 FBu », se plaint Candice Akimana, jeune vendeuse de fournitures scolaires. Un petit souffle surgit dans la vente des autres cahiers importés. Les cahiers de marque « Exercices » se vendent au même prix que ceux fabriqués chez Pacobu, mais la nuance est que le prix de gros est à 138.000 FBu par carton. « Je préfère vendre les cahiers importés car là je reçois un léger profit ».
« Une rentrée de classe trop chère »
Les préparatifs semblent encore poser problème pour plusieurs parents d’élèves. Si certains ont été prudents en prenant des précautions à temps, il n’en est pas le cas pour bien d’autres qui sursautent à la dernière minute. Le matériel scolaire est trop cher étant donné leur faible niveau de vie. « Chaque année, je dois faire face à un gouffre financier, malgré les économies que je mobilise spécialement pour la scolarité de mes deux enfants. Les livres et autres fournitures scolaires sont très chers. Et je dois, par ailleurs, payer des effets scolaires pour les élèves qui sont venus en vacances chez moi », déplore Anne-Marie Manariyo, une veuve rencontrée au Palais des Arts, venue acheter les fournitures scolaires.
Selon les parents d’élèves, le matériel scolaire est très cher sur le marché.
Pour François Ndihokubwayo, chef de famille, cette rentrée scolaire ne lui laisse pas de répit. Pour ce père de 3 enfants, étudiant respectivement en 5e fondamentale, 3e fondamentale et en maternelle, la situation est compliquée. Il doit acheter 20 cahiers pour son enfant de la 5e année fondamentale et 18 cahiers pour celui de la 3e année fondamentale. Pour tout cela, il a besoin de deux et demi douzaines de cahiers de 100 feuilles qui vont lui coûter 35.000 FBu. Les livres vont lui coûter environ de 250 mille FBu. A cela s’ajoute le coût des uniformes qui varie entre 20 mille et 25 mille FBu.
En outre, Ndihokubwayo fait savoir que l’école que fréquente ses enfants leur exigent deux paires d’uniformes pour chaque enfant. J’ai été obligé d’acheter une seule paire d’uniformes faute de moyens ». Ces uniformes lui ont coûté 69 mille FBu, car une paire était à 23 mille FBu. Le prix des cartables pour ses 3 enfants s’établit à 60 mille FBu. « Sans oublier qu’il y a du matériel qui doit être payé à l’école, entre autres six papiers hygiéniques, 2 savons « Muganga », etc. qui, en tout, va me coûter 50 mille FBu ».
A cela s’ajoute le minerval scolaire pour ses trois enfants. Par trimestre, il paie 90 mille FBu pour chaque enfant. « Il m’est difficile de trouver de l’argent en suffisance pour tous ces besoins en y ajoutant les frais d’assurance établis à 100 mille FBu pour chaque enfant et 15 mille FBu pour les frais de petit déjeuner de la cadette qui est en maternelle ».
François Ndihokubwayo soutient qu’avec son salaire estimé à 350 mille FBu, il lui est impossible de couvrir tous ces frais. « Même si j’ajoute le salaire de ma femme de 250 mille FBu, cela ne suffira pas ». Pour ce, il a été obligé de contracter un crédit « Tous à l’école » équivalant à 4 mois de salaire payable en 10 mois avec intérêt. « Rassembler une somme d’environ un million de FBu est toutefois pénible pour un fonctionnaire de ma catégorie ayant presque 600 mille FBu de ressources familiales ».
L’Unicef vient en aide aux élèves vulnérables
Donaig Le Du, Chef du département de la communication à l’UNICEF Burundi fait savoir que la première campagne BTS (pour « Back to School ») a été lancée en 2004 à Ruyigi dans la commune de Nyabitsinda. Les bénéficiaires de cet aide sont des enfants issus des provinces les plus vulnérables comme les populations déplacées, retournées, à faibles indicateurs scolaires, etc.
Pour cette année scolaire 2020-2021, les élèves de toutes les Ecofo des six provinces les plus vulnérables du Burundi, à savoir : Cankuzo, Kirundo, Makamba, Muyinga, Rumonge et Ruyigi recevront des kits scolaires. Un kit de fournitures scolaires pour un élève renferme : cahiers de 96 pages, 1 stylo bleu, 1 crayon, 1 gomme, 1 latte de 30 cm en plastique, le tout contenu dans un sachet biodégradable. Et de soutenir que plus d’un million d’enfants sont soutenus dans leur scolarité.
Cette année, ce sont 1 350 000 de dollars américains qui sont injectés dans l’opération BTS grâce au soutien de la Banque Mondiale et du Partenariat Mondial pour l’Education. Le Gouvernement du Burundi consacre plus de 20% du budget national à l’éducation. « Les efforts du Gouvernement conjugués aux appuis des partenaires techniques et financiers dont l’UNICEF ont permis d’élargir la couverture scolaire avec un taux brut de scolarisation au-dessus de 115% depuis plus d’une décennie ».