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Action humanitaire : Un accent particulier mis sur la lutte contre les VBG

A l’initiative de ONU Femmes Burundi, plusieurs organisations féminines ont participé mercredi le 11 mars 2026 à Bujumbura à un atelier de renforcement des capacités consacré à l’intégration de la dimension genre dans la programmation humanitaire et la gestion des catastrophes. Cette rencontre visait à améliorer la prise en compte des besoins spécifiques des femmes et des filles dans les situations d’urgence.

Les femmes participantes à l’atelier ont appris que les violences basées sur le genre (VBG) constituent un problème sensible qu’il faut combattre à tout prix.

Au cours de l’atelier, différents exposés ont été présentés afin de rappeler l’importance d’intégrer la dimension genre à toutes les étapes du cycle d’un programme humanitaire. Parmi les interventions marquantes figurait celle de Dieudonné Nahimana, chargé de la mobilisation communautaire et de la communication à UNFPA Burundi. Son exposé portait sur la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG) et la prévention de l’exploitation et des abus sexuels dans le contexte humanitaire.

Dans sa présentation, l’intervenant a commencé par expliquer certaines notions essentielles. Il a rappelé que les situations d’urgence humanitaire entraînent souvent de lourdes conséquences telles que des pertes en vies humaines, des déplacements forcés de populations ainsi qu’une dégradation de la société et de l’économie. La présentation a également permis de mieux comprendre la notion de violences basées sur le genre. Il a été précisé que le sexe renvoie aux caractéristiques biologiques, anatomiques, physiologiques et génétiques qui distinguent les hommes et les femmes et qui restent fixes. Le genre, quant à lui, correspond aux attentes et aux rôles que la société attribue aux femmes et aux hommes et peut évoluer selon les époques et les contextes sociaux.

Selon les explications fournies, les violences basées sur le genre regroupent tout acte de violence dirigé contre une personne en raison de son genre. Elles touchent principalement les femmes et les filles, mais peuvent également concerner les hommes et les garçons. Ces violences peuvent prendre différentes formes, notamment le viol, les violences physiques, économiques et psychologiques.

Les participants ont également examiné les causes et les effets de ces violences. Parmi les facteurs évoqués figurent des normes sociales qui accordent davantage de pouvoirs aux hommes, les inégalités entre filles et garçons, le silence autour des abus ainsi que les conditions propres aux contextes humanitaires comme la précarité, la pauvreté ou les déplacements de populations. Ces situations peuvent entraîner de nombreuses conséquences pour les victimes, notamment des douleurs physiques, des blessures, des grossesses non désirées, des infections sexuellement transmissibles, mais aussi des troubles psychologiques tels que la dépression, l’anxiété, la peur ou la honte. Elles peuvent également provoquer l’abandon scolaire, l’isolement social et une perte de confiance en soi.

Les travailleurs humanitaires mis en garde

L’atelier a par ailleurs mis en avant les principes de prévention de l’exploitation et des abus sexuels dans l’action humanitaire. Il a été rappelé que ces actes constituent des fautes graves pouvant entraîner des sanctions disciplinaires sévères. Toute relation sexuelle avec une personne âgée de moins de 18 ans est strictement interdite, indépendamment de la législation nationale sur l’âge de la majorité. Il est également prohibé d’échanger de l’argent, un emploi, des biens ou des services contre des faveurs sexuelles ou tout autre comportement humiliant ou dégradant.

Les intervenants ont souligné que les relations sexuelles entre travailleurs humanitaires et bénéficiaires de l’aide sont également interdites en raison du rapport de force inégal qu’elles impliquent. Les travailleurs humanitaires sont tenus de signaler tout soupçon d’exploitation ou d’abus sexuel impliquant un collègue, que ce soit dans leur propre organisation ou dans une autre. Ils ont aussi l’obligation de contribuer à la création d’un environnement de travail qui empêche ces pratiques et favorise le respect des codes de conduite, avec une responsabilité particulière pour les responsables à tous les niveaux.

Enfin, les discussions ont porté sur les normes minimales pour prévenir et répondre aux violences basées sur le genre dans les situations d’urgence. Les participants ont insisté sur l’importance d’adopter une approche prenant en compte les différentes vulnérabilités, de placer les femmes et les filles au centre des actions, de promouvoir l’égalité des genres et l’autonomisation des femmes et des filles, tout en renforçant les systèmes nationaux et la coordination entre les acteurs humanitaires.

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