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Adhérer à une coopérative pour bénéficier de revenus substantiels

Les agriculteurs ont souvent du mal à s’organiser pour se développer. Les uns préfèrent évoluer en solo quand d’autres se mettent ensemble pour se serrer les coudes et  accroître la production. La coopérative agricole « Abajamugambi » est l’exemple de ceux qui ont transformé leurs faiblesses en énergie productive

De 4 tonnes à 2.700 tonnes, la coopérative « Abajamugambi » prévoit accroître sa production pour étendre le marché d’écoulement

Localisée dans la commune Rugombo en  province Cibitoke, la coopérative « Abajamugambi » compte actuellement 76 membres dont 51 femmes et 25 hommes. Leurs champs s’étendent sur plus de 179 hectares pour le  riz et plus de 40 hectares  pour le  maïs. La production de cette année est de 2.700 tonnes et nous attendons une prévision de 3.000 tonnes l’année culturale à venir. Ces résultats ne sont pas le fruit d’un simple labeur, mais d’apports conjugués des agriculteurs qui ont compris que la complémentarité est source de réussite.

Un début difficile, mais prometteur

Pierre Burama, président de la coopérative « Abajamugambi » parle d’un début dubitatif. « L’idée souche nous est venue en 2000. Nous étions une dizaine d’agriculteurs et on se prêtait de l’argent pour acheter les semences », fait-il savoir. C’était sous forme de tontine pour s’entraider quand un membre avait besoin d’un coup de pouce pour initier une activité génératrice de revenus. « Nous utilisions les moulins des particuliers et ça nous coûtait beaucoup plus qu’on  gagnait. On avait un manque sérieux d’argent et il était  difficile de trouver quelqu’un pour vous emprunter une grosse somme à rembourser après la récolte », se rappelle M. Burama.

Avec tous ces défis, ils ont  pris la décision de créer une  association qui deviendra plus tard une coopérative pour  leur permettre de s’organiser afin de s’entraider mutuellement. Les femmes ont été les premières à adhérer favorablement à l’idée de coopérative, car elles sont en grand nombre  dans l’agriculture. « C’est pourquoi elles sont plus nombreuses que les hommes dans notre coopérative», précise-t-il avec un air égayé.

Du choc des idées jaillit la lumière

La petite association a continué à grandir en effectif et l’idée de coopérative se dessinait à l’horizon. «Nous avions échangé sur la manière dont nous pouvons concrétiser  cette idée. Chaque membre de la coopérative devait verser mensuellement 2.500 FBu, mais après moult propositions, nous nous sommes convenus de commencer avec une cotisation de 50.000 FBu pour chaque membre», indique M. Burama avant d’ajouter qu’après deux ans,  ils sont  parvenus à acheter leur  propre moulin et aussi à étendre les champs cultivables.

Les membres de la coopérative « Abajamugambi » témoignent

Fadia Hakizimana, une des femmes membres de cette coopérative révèle que l’idée de se regrouper en coopérative lui a été très bénéfique car, avant d’adhérer à cette association, elle labourait un petit lopin de terre. « Je parvenais difficilement à couvrir les besoins de la famille, car les moyens étaient modiques », indique-t-elle. Maintenant, la production est bonne et les revenus sont meilleurs par rapport à ceux d’avant la création de la  coopérative. Jérôme Ndikumana, en même temps  enseignant et agriculteur témoigne que grâce dividendes versés par la coopérative, il a pu se construire une belle maison  sans avoir à contracter  un crédit et a créé des emplois pour les travailleurs saisonniers qui labouraient ses champs de riz.

Avec les commandes de cette année, la coopérative « Abajamugambi » prévoit améliorer la qualité de la production et acheter  de nouveaux équipements,  à savoir : un moulin moderne, d’autres hangars  et  des sacs portant le logo de la coopérative.

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