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Adhésion aux mutuelles communautaires de santé : Un atout pour la santé et le développement

L’adhésion à une mutuelle communautaire de santé permet aux citoyens d’accéder plus facilement aux soins de santé. Une population en bonne santé est davantage en mesure de participer aux activités économiques et de contribuer au développement du pays. C’est le principal message qui est ressorti d’une synergie médiatique organisée le 6 août par la CONAMUS en partenariat avec MEMISA et en collaboration avec le Réseau des Journalistes Mutualistes du Burundi.

Béatrice Niyonzima, directrice nationale de la Confédération Nationale des Mutuelles de Santé (CONAMUS) : « Les mutuelles communautaires de santé comptent 56 000 ménages membres, représentant 249 427 bénéficiaires ».

 

A cette occasion, Dr Guillaume Ntawukuriryayo, le directeur de la Province Sanitaire de Butanyerera a souligné les différences observées entre les patients couverts par une mutuelle et ceux qui ne disposent d’aucune assurance maladie.

« Les personnes sans couverture sanitaire arrivent souvent à l’hôpital lorsque leur état de santé est déjà très grave, parce qu’elles craignent les frais médicaux. Ces patients nécessitent alors des traitements plus coûteux et plus complexes », explique-t-il.

Selon lui, cette réalité s’observe dans de nombreux pays. Les soins de santé sont généralement très coûteux. Les mutuelles communautaires de santé permettent toutefois de réduire cette charge financière pour les ménages et facilitent la prise en charge des patients par les établissements de santé grâce à un mécanisme de financement préétabli.

Les citoyens s’interrogent sur les modalités d’adhésion

L’intervention du Dr Ntawukuriryayo est intervenue face aux nombreuses préoccupations exprimées par les intervenants, qu’ils soient membres ou non des mutuelles communautaires de santé.

Méthode Nzohabonimana, résident de la commune de Kiremba en province de Butanyerera a souhaité savoir comment adhérer à une mutuelle communautaire de santé et quels avantages concrets cette adhésion offre aux citoyens lamda.

De son côté, Méthode de la commune Gitobe dans la province de Butanyerera s’est interrogé sur la possibilité pour un détenteur de la Carte d’Assistance Médicale (CAM) d’adhérer également à une mutuelle communautaire de santé.

Céléus Nijimbere de Kabarore dans la commune de Kayanza, en province de Butanyerera a demandé si un membre d’une mutuelle communautaire de santé peut obtenir des médicaments dans une pharmacie privée en présentant son carnet de mutualiste.

PAMUSAB et CONAMUS éclairent

Dr Edouard Nkurunziza, responsable du Programme d’Appui aux Mutuelles de Santé au Burundi (PAMUSAB) et coordinateur des programmes de l’ONG médicale de développement Memisa Belgique informe que les mutuelles communautaires de santé ont vu le jour en 1999 dans le diocèse de Gitega. Pour lui, le pays traversait alors une crise et la population éprouvait de grandes difficultés à accéder aux soins de santé.

« Les responsables du diocèse ont réfléchi à un système permettant aux habitants de se faire soigner sans subir de lourdes charges financières. Les citoyens ont été sensibilisés et ont commencé à adhérer aux mutuelles », signale Dr Nkurunziza.

Huit ou neuf ans plus tard, poursuit-il, cinq organisations, à savoir l’Appui au Développement Intégral et à la Solidarité sur les Collines (ADISCO), la Mutuelle Nationale de Santé (MUNASA) Twitwararikane, l’Union pour la Coopération et le Développement (UCODE-AMR), FVS-AMADE Burundi et Memisa Belgique se sont regroupées pour créer un réseau chargé d’accompagner les mutuelles déjà mises en place.

Béatrice Niyonzima, directrice nationale de la Confédération Nationale des Mutuelles de Santé (CONAMUS) indique qu’après 27 ans d’existence, les réalisations de la CONAMUS sont nombreuses.

« Au départ, il n’existait qu’une seule mutuelle communautaire de santé. Aujourd’hui, on en compte 130, toutes réunies au sein de la CONAMUS », se réjouit-elle.

Mme Niyonzima rappelle que l’objectif de la CONAMUS est de permettre à chaque citoyen d’accéder à des soins de qualité. Les mutuelles communautaires de santé collaborent entre elles, utilisent les mêmes outils de gestion et permettent à leurs membres de se faire soigner partout dans le pays.

La directrice nationale de la CONAMUS souligne que les mutuelles continuent à renforcer leurs capacités techniques et leurs équipements. « Leur système de gestion fonctionne désormais à l’échelle nationale et elles disposent d’un plaidoyer commun », précise-t-elle avant d’ajouter que les mutuelles communautaires de santé travaillent également à la création d’un fonds commun de solidarité.

Mme Niyonzima indique que les mutuelles communautaires de santé ont signé 710 conventions avec des prestataires de soins de santé dans tout le pays, soit environ 50 % des structures sanitaires.

Et de renchérir : « Aucune dette n’est enregistrée envers les établissements de santé. Les mutuelles communautaires de santé honorent régulièrement leurs paiements. »

La patronne de la CONAMUS souligne que les mutuelles communautaires de santé comptent 56 000 ménages membres, représentant 249 427 bénéficiaires.

En ce qui concerne l’adhésion, il suffit de se rendre à la mutuelle la plus proche, de s’acquitter de la cotisation familiale annuelle de 65 000 FBu, des frais d’adhésion de 2 000 FBu et du coût du carnet de membre également fixé à 2 000 FBu. La cotisation familiale peut être payée en deux ou trois versements, déposés progressivement sur le compte bancaire de la mutuelle.

Les établissements de santé collaborent efficacement avec les mutuelles communautaires de santé grâce aux conventions signées. La mutuelle prend en charge 80 % des dépenses de santé.

En cas de problème, les responsables des mutuelles et des établissements de santé se concertent afin de trouver une solution. Un membre d’une mutuelle communautaire de santé peut également acheter des médicaments dans des pharmacies privées, tandis que le détenteur de la Carte d’Assistance Médicale (CAM) n’a accès qu’aux médicaments disponibles dans les structures publiques de santé.

Le nombre d’adhérents aux mutuelles communautaires de santé reste faible.

L’autorité publique et l’expert saluent le rôle des mutuelles communautaires de santé

Le Dr Salvator Ndayitwayeko, directeur technique au Secrétariat exécutif permanent du Conseil National de la Protection Sociale (SEP/CNPS) déclare que le gouvernement ambitionne de disposer d’une population en bonne santé, où personne ne meurt d’une maladie évitable ou curable.

« Les mutuelles s’inscrivent parfaitement dans cette vision. Elles permettent aux citoyens d’accéder plus facilement aux soins tout en étant mieux organisées et mieux gérées », fait-il remarquer.

Le Dr Ndayitwayeko annonce que la Politique nationale de santé 2024-2033 prévoit le renforcement de la couverture sanitaire. A terme, l’adhésion aux mutuelles deviendra obligatoire, car une mutuelle comptant peu de membres dispose d’une faible capacité financière.

Les cotisations seront adaptées aux moyens des ménages afin de ne pas les appauvrir. Les personnes vulnérables et les plus démunies seront prises en charge par l’Etat.

Il fait savoir que l’Etat finance déjà plusieurs mécanismes, notamment la CAM. « Mais il arrive que ces fonds profitent également à des personnes qui pourraient contribuer elles-mêmes. C’est pourquoi une nouvelle réglementation est envisagée afin de garantir une meilleure couverture sanitaire », insiste-t-il.

Le Dr Ndayitwayeko compare la mutuelle communautaire de santé à une assurance automobile. Personne ne souhaite avoir un accident après avoir souscrit une assurance, mais chacun comprend qu’il vaut mieux être couvert en cas de problème. Il en est de même pour la mutuelle communautaire de santé.

Le Dr Blaise Pascal Iradukunda, enseignant d’université et chercheur en santé publique, spécialisé dans les questions de protection sociale souligne que sans carte de mutuelle, chacun vit dans l’inquiétude. La maladie survient sans prévenir et les coûts des soins sont imprévisibles. Lorsqu’une maladie grave frappe une famille, celle-ci est souvent contrainte de vendre ses biens.

La possession d’une carte de mutuelle communautaire de santé permet ainsi de lutter contre les décès évitables et contre l’appauvrissement des ménages.

« Cependant, le nombre d’adhérents reste faible. Les mutuelles communautaires de santé ne couvrent qu’environ 2 % de la population burundaise, tandis que les autres systèmes d’assurance maladie ne dépassent pas 6 %. Ainsi, près de 47 % de la population ne bénéficie d’aucune couverture », avise-t-il.

D’après lui, les principaux obstacles sont la pauvreté, la priorité accordée aux dépenses alimentaires et à la scolarisation des enfants et certaines habitudes culturelles. De nombreux Burundais préférent compter uniquement sur leurs propres moyens. Il note également que la qualité des soins demeure insuffisante : le manque de personnel, les pénuries de médicaments et la mauvaise qualité des services découragent certaines personnes d’adhérer aux mutuelles.

Il est recommandé d’améliorer les équipements des établissements de santé, de construire des infrastructures de qualité, de recruter du personnel qualifié, d’investir dans les technologies médicales modernes, de poursuivre les campagnes de sensibilisation afin d’augmenter le nombre d’adhérents aux mutuelles…

Les cotisations pour l’année suivante sont actuellement en cours de collecte.

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