Les ambulances qui étaient immobilisées depuis le 3 juin 2025 à l’INSP pour avoir perdu leurs clés de contact, ont été enfin octroyées aux hôpitaux de destination. Pour l’Association Burundaise pour la Défense des Droits des Malades (ABDDM), il est impératif que des mesures correctives soient prises pour garantir que de telles situations ne se reproduisent plus à l’avenir.
« La vie et la santé des patients ne peuvent pas être compromises en raison d’une telle négligence ».
Enfin, les ambulances qui avaient « perdu leurs clés de contact » depuis le 6 juin 2025 vont parvenir à leurs destinations. Ce 5 août 2026, le ministère de la Santé Publique a procédé à la distribution de ces ambulances aux responsables des hôpitaux de destination. Le 26 juin 2025, la ministre de la Santé Publique, Dr Lydwine Baradahana, avait assuré devant l’Assemblée Nationale que le ministère de la Santé Publique collaborait avec les forces de l’ordre pour résoudre ce problème. Elle avait même évoqué la recherche d’alternatives pour que ces ambulances puissent être utilisées malgré la perte des clés.
Pour l’Observatoire de lutte contre la corruption et les malversations économiques (OLUCOME), il est urgent de faire une enquête sur l’immobilisation de ces ambulances car, elle est incompréhensible. Alexis Nimubona, chargé de communication à de cette organisation, ne cache pas son indignation: « Nous ne comprenons pas ce manque de responsabilité de la part des responsables administratifs du ministère de la Santé Publique », déplore-t-il.
Un cas de malversation
M.Nimubona déplore également que ce cas ne soit qu’un exemple parmi tant d’autres de mauvaise gestion du matériel de l’État. « Le système administratif burundais est marqué par un manque de responsabilité. Ce qui entraîne un profond mépris du bien public », affirme-t-il.
D’ailleurs, selon lui, ce cas constitue une forme de malversation économique. Comme il l’explique, ces ambulances ont été offertes au Burundi et pas à un autre pays précisément parce que le besoin était urgent. « Que pensent les bailleurs en apprenant cela? Cela donne l’image d’un pays incapable de gérer les dons qu’il reçoit », déplore-t-il. Pour Nimubona, chaque vie perdue est une perte immense pour le pays car l’être humain est un capital précieux et le laisser mourir par négligence est inacceptable. Et le pire, c’est que ces ambulances, qui avaient été laissées à l’abandon pendant tout ce temps, risquent de se détériorer et leur réparation coûtera encore plus cher à l’Etat.
Une négligence de la part des responsables sanitaires
L’Association Burundaise pour la Défense des Droits des Malades (ABDDM) partage cette inquiétude. Son représentant légal, Pierre Nindereye, souligne qu’une telle négligence de la part des responsables sanitaires met en péril la vie des patients.
Pour l’ABDDM, cela démontre un manque de planification et de suivi adéquat des équipements vitaux pour assurer la continuité des soins aux patients. Cette association propose une enquête approfondie sur cet incident afin d’identifier les responsables de cette négligence. « Il est impératif que des mesures correctives soient prises immédiatement pour garantir que de telles situations ne se reproduisent plus à l’avenir. La vie et la santé des patients ne peuvent pas être compromises en raison d’une telle négligence », souligne M. Nindereye. Elle propose aussi des mesures concrètes: un système de suivi des équipements médicaux, des protocoles d’urgence en cas d’immobilisation des ambulances et un mécanisme de signalement des dysfonctionnements pour que les autorités réagissent plus rapidement.
Rappelons que ces ambulances font partie d’un lot de 50 véhicules d’une valeur de 2,3 millions USD, acquis dans le cadre du projet Covid-19.