L’exploitation anarchique des matériaux de construction dans la rivière Nyabagere menace les infrastructures riveraines dans les quartiers Kumatafari et Muyaga de la zone Gihosha. Les riverains lancent un cri d’arme. Pour inverser la tendance, l’administration locale promet de faire cesser ces travaux
A ces endroits (quartiers Muyaga et Kumatafari), des gens étaient en train de fabriquer des briques de part et d’autres de la rivière Gasenyi.
Le Réseau National de Communication et d’Information pour la Réduction des Risques de Catastrophes (RNCI-RRC) en collaboration avec la plateforme nationale pour la réduction des risques de catastrophes a effectué une descente mardi le 21 juillet 2020 dans les quartiers Kumatafari et Muyaga de la zone Gihosha en Mairie de Bujumbura (Au Nord de la capitale économique). A ces endroits, des gens étaient en train de fabriquer des briques de part et d’autres de la rivière Gasenyi. Il s’y observe aussi beaucoup de fours de briques, de gravier et de sable.
Les riverains se lamentent
Espérance Manirakiza, habitant le quartier Muyaga s’inquiète de l’exploitation anarchique des matériaux de construction dans la rivière Nyabagere. «Ça fait deux mois que j’habite cet endroit. Depuis que j’ai vu comment cet endroit est menacé par les exploitants des matériaux de construction, j’ai eu peur», alerte Manirakiza. Après la fabrication des briques, on laisse des fossés à ciel ouvert. Elle craint qu’il y ait bientôt des glissements de terrain dès que la saison des pluies s’annoncera. Le lit de cette rivière ne cesse de s’élargir. Plus on exploite ces matériaux, plus les berges de cette rivière deviennent fragiles et finissent par s’effondrer. Les arbres fixateurs situés au bord de cette rivière ont été coupés par les exploitants de ces matériaux pour fabriquer des briques tout autour de cette rivière. Les riverains ont peur du fait que leurs maisons vont bientôt s’effondrer si rien n’est fait dans l’immédiat.
«La population ignore les lois»
Pamphile Ndaboroheye de l’Office Burundais pour la Protection de l’Environnement (OBPE) fait savoir qu’on est au courant de cette situation. Selon lui, cela est dû non seulement aux pluies diluviennes, mais aussi aux activités anthropiques. Les habitants ne cessent d’y exploiter les matériaux de construction au vu et au su des élus locaux. On ignore les lois. Et d’affirmer que le personnel de l’OBPE et les moyens mis à leur disposition ne sont pas suffisants pour faire respecter les lois environnementales.
Le lit de la rivière Gasenyi ne cesse de s’élargir. Plus on y exploite les matériaux de construction, plus les berges de cette rivière deviennent fragiles et finissent par s’effondrer.
Promesse d’arrêter les travaux
Sur ce sujet, Floribert Sibomana, Chef de zone Gihosha promet qu’on va arrêter tous les travaux de curage sur ce site. Nous allons sortir un écrit cette fois-ci pour stopper définitivement tous les travaux qui se font actuellement à cet endroit.
L’élargissement inquiétant des lits des rivières s’observe aussi sur d’autres rivières qui traversent la ville de Bujumbura. L’exemple illustrant cette situation est la rivière Kanyosha. Les berges de cette rivière en amont ne cessent de s’effondrer. Les habitants des quartiers Kamesa et Kinanira II sont dans la désolation. Leurs infrastructures sont menacées. S’il pleut, la situation devient alarmante. Les infrastructures s’affaissent. A cet endroit, certains habitants ont déjà vidé les lieux.
Les riverains demandent à l’Etat et aux partenaires techniques et financiers d’aménager toutes les rivières qui traversent la ville de Bujumbura. Sinon, on risque de se retrouver dans une ville transformée en un ravin.