Les bénéficiaires des appuis du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) dans les provinces de Makamba, Rutana et Ruyigi s’en réjouissent et affirment avoir marqué des pas en avant. Cela dans tous les domaines où ce programme est intervenu dont, entre autres, l’octroi d’actifs financiers et non financiers aux pauvres économiquement actifs, l’amélioration de l’accès des populations aux services administratifs et judiciaires et au droit, l’accès à l’énergie solaire
« Vive le PNUD. C’est un programme qui est à notre service. Si c’était possible, on allait le porter sur le dos, le bercer et l’amadouer », acclame Pascal Mukaba, représentant d’Unissons-nous pour la Promotion des Batwa (UNIPROBA) dans la commune Kayogoro de la province de Makamba, bénéficiaire des appuis du PNUD.
Dans la commune Butaganzwa de la province Ruyigi, le PNUD intervient dans l’octroi des microcrédits. Ce programme appuie les initiatives locales des populations exerçant de petits métiers.
Du sommet à la base, tout le monde applaudit les actions du PNUD sur terrain.
« Le PNUD est un partenaire actif du gouvernement. Son appui nous a permis de finaliser la localisation des Objectifs pour le Développement Durable (ODD) dans 14 communes pilotes », déclare Vital Nigarura, directeur général en charge de la décentralisation au ministère de l’Intérieur, de la Sécurité Publique et du Développement Communautaire.
Des actifs financiers et non financiers à la rescousse du petit métier
Dans la commune Butaganzwa de la province Ruyigi, le PNUD intervient dans l’octroi de « Microcrédits aux Pauvres Economiquement Actifs (MCPEA) aux initiatives locales des populations qui exercent les petits métiers.
Au total, ce sont 765 hommes et femmes, regroupés dans les Groupes de Caution Solidaire (GCS) de 5 à 10 personnes, qui ont bénéficié de cet appui sur les 39 collines qui composent la commune. Chaque bénéficiaire reçoit 50 000 FBu (environ 26 USD) remboursables dans cinq mois, avec un intérêt de 9%, soit 10 900 FBu par mois.
Le PNUD est représenté au Burundi depuis les années 1975.
« Après avoir reçu 50 000 FBu de la part du PNUD, je parviens à gagner 12 000 FBu par semaine alors qu’auparavant je gagnais 8 000 FBu par semaine », témoigne Claudette Girukwishaka, vendeuse de vin de banane, 42 ans et mère de 4 enfants.
« Avec l’appui du PNUD, mon capital est passé de 10 000 FBu à 95 000 FBu », acclame Judès Ntirampeba de la colline Gasasa, commune Butaganzwa, province de Ruyigi, commerçante des semences de pomme de terre, des régimes de banane, des pommes de terre et des colocases crues. Cette mère de 6 enfants, mariée et âgée de 34 ans certifie que son bénéfice journalier variait entre 1500 et 2000 FBu. Avec l’apport du PNUD, elle a réalisé pour la première fois un gain de 25000 FBu sur un seul lot de marchandises vendues. « La même scène s’est produite pour la deuxième fois et j’ai gagné 20 000 FBu. Voilà comment je suis arrivé à un capital de 95 000 FBu », informe-t-elle. Cette trentenaire qui avant faisait le commerce ambulant au sein du marché de Muriza, de la commune Butaganzwa, loue aujourd’hui un kiosque à 8000 Fbu par mois au sein du même marché. Elle ambitionne de la racheter plus tard.
Selon Gilbert Ndayishimiye, menuisier habitant la colline Nyaburondwe, commune Butaganzwa, province Ruyigi, le jour où le PNUD lui a donné 50000 FBu, il s’est immédiatement approvisionné en 35 planches.
« Avant, je devais attendre qu’on me paie une avance pour livrer le matériel. Ce qui retardait les livraisons des commandes au moins d’un mois voire plus et occasionnait des querelles entre moi et mes clients. Maintenant, je suis en bons termes avec mes clients car j’apprête les commandes à temps », avoue-t-il.
M.Ndayishimiye explique que la strtégie adopté par le PNUD dans la mise en œuvre de ce projet l’a familiarisé avec la culture de l’épargne et du crédit. Ce qui lui permettra à la longue de contracter un crédit consistant et d’élaborer un projet ambitieux.
Services administratifs, judiciaires et droits améliorés
Dans le cadre du secteur de l’«Amélioration de l’accès aux services administratifs et judiciaires et aux droits», le PNUD a appuyé les administrations communales pour une distribution gratuite des cartes nationales d’identité, des extraits d’acte de naissance, des extraits d’acte de mariage (régularisation des mariages), des extraits d’acte de décès. Cet appui concerne l’accès aux services administratifs à au moins 270 000 personnes dont 118,286 Hommes, 135 000 Femmes, 514 Batwa et 8100 déplacés/rapatriés et 8100 personnes vivant avec handicap à travers les guichets uniques provinciaux, les services d’Etat-civil et les services fonciers communaux.
Pascal Mukaba, représentant d’Unissons-nous pour la Promotion des Batwa (UNIPROBA) dans la commune Kayogoro de la province de Makamba : « environ 100 Batwa sont déjà rétablis dans leurs droits grâce au PNUD. Ils ont obtenu gratuitement des cartes nationales d’identité et d’autres documents délivrés par les services d’Etat-civil ».
« Mon mari est parti il y a de cela 6 ans. Maintenant je vis seule avec mes 6 enfants enregistrés à l’Etat-civil. Avant leur enregistrement, je ne savais pas à quel saint se vouer, car je n’avais pas l’argent exigé pour les faire enregistrer ainsi que les amendes. Grâce au PNUD, j’ai déjà fait enregistrer mes 6 enfants à l’Etat-civil. J’ai été épargnée des amendes ainsi que d’autres procédures à suivre pour le faire », applaudit Godelieve Ntirandekura, quadragénaire de la colline Nyarubere, commune Rutana, province Rutana.
Même son de cloche chez Pascal Mukaba, représentant d’Unissons-nous pour la Promotion des Batwa (UNIPROBA) dans la commune Kayogoro de la province de Makamba. Environ 100 Batwa sont déjà rétablis dans leurs droits grâce à l’appui du PNUD. Ils ont obtenu gratuitement des cartes nationales d’identité et d’autres documents délivrés par les services d’Eta-civil.
« Ne pas avoir des extraits d’acte de mariage et des extraits d’acte de naissance prive les familles Batwa de beaucoup de droits dont la gratuité des soins pour les enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes », reconnait M.Mukaba avant de marteler que la possession de certains documents a permis aux familles Batwa de faire enregistrer leurs propriétés foncières.
Selon Juvénal Bizimungu, conseiller technique chargé des affaires administratives et sociales dans la commune et province Rutana, l’action du PNUD a facilité l’enregistrement d’un grand nombre de citoyens, de déclaration des décès et de mariages illégaux. Bien qu’il ne détienne que les seuls statistiques de depuis l’appui du projet jusqu’à fin octobre 2020, il ne doute pas de dire que les services à l’Etat-civil ont été améliorés.
Depuis août jusqu’à fin octobre 2020, le nombre des personnes enregistrées a augmenté. Par exemple, selon toujours lui, les statistiques montrent que les inscriptions au niveau des naissances sont de 87 personnes (8 Batwa, 9 rapatriés, 50 femmes vulnérables et 20 autres personnes vulnérables. Le nombre de décès déclarés est de 3 personnes et 5 couples sont mariées légalement. «Cela parce que les documents que les habitants de la commune payaient 1 000 FBu par la pièce sont maintenant accordés gratuitement», précise-t-il.
Pour ce qui est de la carte nationale d’identité, l’Etat-civil de la commune Rutana a délivré un total de 84 cartes nationales d’identité, soit 10 cartes nationales d’identité pour les Batwa, 25 cartes nationales d’identité pour les rapatriés, 3 cartes nationales d’identité pour les personnes vivant avec un handicap, 35 cartes nationales d’identité pour les femmes vulnérables et 11 cartes nationales d’identité pour les autres vulnérables.
Pour la résolution des problèmes fonciers
Via toujours le même programme d’appui à l’amélioration de l’accès aux services administratifs et judiciaires et aux droits (PASD), le PNUD renforce les capacités opérationnelles des services fonciers communaux, en accordant des dons en équipements nécessaires
« Grâce à l’appui du PNUD, nous avons amélioré nos services. Avant, on enregistrait entre 50 et 70 personnes par mois. Au cours des trois derniers mois, nous avons enregistrées 700 personnes », indique Léonidas Nyabenda, chef du guichet unique foncier dans la commune Rutana, province Rutana. Il signale que le programme a donné au guichet unique foncier de la commune 45 registres de demande, 45 registres fonciers, les procès-verbaux, 3 tables moyennes, une armoire, une table de dessin.
Eric Bizimana, habitant la colline Rutana, commune Rutana dans la province de Rutana confirme que les appuis du PNUD ont amené de la valeur ajoutée dans l’enregistrement de ses trois propriétés.
«Non seulement l’enregistrement a été rapide, mais aussi mes propriétés disposent de certificats fonciers ayant la même valeur que le titre foncier », stipule-t-il.
Des rapatriés rétablis dans leurs droits
Le PNUD a été aussi aux côtés des réfugiés burundais de 1972 qui séjournaient en Tanzanie depuis de longues années. Rapatriés dans leur pays d’origine, certains d’entre eux devraient saisir les juridictions pour être rétablis dans leurs droits.
Emima Kabura est mariée et mère de 6 enfants. Elle habite la colline Mabanda, commune Mabanda, province Makamba au Sud du pays. Rapatriée, elle a bénéficié d’une aide légale de la part du PNUD pour la résolution d’un conflit foncier entre elle et un autre résident de la localité.
Emima Kabura : « Suite à la vente des produits issus des propriétés récupérées grâce au PNUD, je me suis acheté deux véhicules de type «Probox », un à 10 000 000 de FBu et un autre à 8 000 000 de FBu. J’ai acheté également 3 vaches, une pour 900 000 FBu, une autre pour 800 000 FBu et une troisième pour 600 000 FBu. J’ai acheté même une parcelle à 7 000 000 de FBu ».
« Je suis retournée au pays en 2008. Moi et ma mère avons engagé immédiatement un procès pour récupérer les propriétés foncières spoliées. Nous avons gagné le procès auprès de la Commission Nationale des Terres et autres Biens (CNTB). La défense a fait appel devant la cour spéciale des Terres et autres Biens. C’est là où a commencé le calvaire, car les procès se déroulaient à Bujumbura. Pour prendre part au procès, je devais dépenser un ticket de 10 000 FBu, soit 20 000 FBu pour un aller-retour. Je devais également payer le ticket des témoins qui oscillaient autour de 10 ainsi que leur séjour. Heureusement que le PNUD est rapidement intervenu en nous procurant un avocat. La partie adverse a dû céder et voilà que nous avons été rétablis dans nos droits en 2019 », dit-elle sourire aux lèvres.
Après avoir récupéré ses propriétés, dame Emima Kabura a commencé à les exploiter. « Suite à la vente des produits issus des propriétés récupérées, je me suis acheté deux véhicules de type «Probox », un à 10 000 000 de FBu et un autre à 8 000 000 de FBu. J’ai acheté également 3 vaches, une pour 900 000 FBu, une autre pour 800 000 FBu et une troisième pour 600 000 FBu. J’ai acheté même une parcelle à 7 000 000 de FBu », se réjouit-elle.
Possible accès à la justice formelle par les vulnérables
Les groupes vulnérables habitant à de longues distances peinent à accéder aux services de la justice. La distance par rapport au lieu où se déroulent les procès et les procédures judiciaires lacunaires amènent les justiciables à abandonner les procès. Céline Nzeyimana, mère célibataire de 7 enfants, habitant la colline Sanzu, commune Ruyigi, province Ruyigi, témoigne :
«J’avais abandonné mon procès en première instance il y a de cela 3 ans. Faute de moyens, il était difficile pour moi de suivre le procès. Mais avec l’appui du PNUD, qui a mis à ma disposition un avocat, j’ai fait appel», renseigne-t-elle toute souriante.
Edouard Mporwubusa, 52 ans est aussi très ravi des interventions du PNUD. « Grâce à la compétence d’un avocat que j’ai eu de la part du PNUD, j’ai fait appel et j’ai eu un rendez-vous au cours de ce mois de décembre. Pourtant, cela faisait 6 ans que le procès n’avançait pas, parce que la cause n’était pas défendue. Au fait, je ne savais pas moi-même que je devrais envoyer des convocations à la partie adverse », révèle-t-il.
Les Guichets Uniques Provinciaux pour faciliter les procédures
Acquérir des documents (passeports, permis de conduire, extraits de casier judiciaire, laissez-passers…) revient cher pour des personnes qui n’habitent pas dans la capitale économique Bujumbura, seul lieu où on pouvait les trouver. L’appui du PNUD, pour la mise en place et le fonctionnement des GUP, à faciliter l’établissement des documents et réduits les coûts pour les populations.
C’est depuis 2019 que l’association « Mukenyezi w’iterambere » a reçu des panneaux solaires de la part du PNUD. Maintenant les habitations sont éclairées. Les apprenants révisent les cours sans difficultés. Ce qui a occasionné les réussites au cours de leur cursus scolaire. De plus, la préparation de la nourriture est facile et propre.
A Rutana par exemple, « depuis mars 2020, nous avons délivré ici au Guichet Unique Provincial (GUP) de Rutana 660 extraits de casier judiciaire, 70 laissez-passers et 6 passeports. Toutefois, nous ne détenons pas les statistiques d’avant l’intervention du projet. Mais, nous réaffirmons une nette amélioration du service », affirme Firmin Barutwanayo, directeur du GUP de Rutana. Le ticket pour se rendre à Bujumbura rappelle-t-il, « coûtait 9 000 FBu, soit 18 000 FBu pour un aller-retour, sans tenir compte des frais engagés pour assurer les déplacements au centre-ville de Bujumbura, le coût des distances parcourues à l’intérieur de la province Rutana (les bénéficiaires n’habitant pas tous au chef-lieu de la province) ainsi que les frais de séjour. L’intervention du PNUD est venue donc au moment opportun. Les documents dont on bénéficiait après des mois avec des frais élevés, s’obtiennent aujourd’hui, soit après une semaine pour l’extrait du casier judiciaire et après 2 semaines pour le passeport », atteste-t-il.
Les femmes autonomisées grâce à l’énergie solaire
Dans le domaine de l’accès à l’énergie, le PNUD a mis en place des infrastructures et des outils pour la fourniture de l’énergie solaire (des mini-réseaux solaires, des kits solaires.
« C’est depuis 2019 que nous avons reçu des panneaux solaires de la part du PNUD. Maintenant que nos habitations sont éclairées, les apprenants révisent les cours sans difficultés. Ce qui a occasionné les réussites au cours de leur cursus scolaire. De plus, la préparation de la nourriture est facile et propre comparativement au temps où nous étions dans l’obscurité », explique Capitoline Ndayizeye, trésorière de l’association « Mukenyezi w’iterambere » basée à la colline Shaka, commune Kayogoro, province de Makamba. Trente (30) femmes membres de l’association « Mukenyezi w’iterambere » profitent de ces plaques solaires. Une fois la semaine, elles se rencontrent pour charger les lampes.
Le soir, poursuit Mme Ndayizeye, nous allumons ces lampes. Ce qui nous éloigne de l’usage des torches qui, à leur tour, produisaient de la fumée, celui-ci étant nuisible à l’environnement.
« Egalement, à l’aide du courant électrique fournit par ces panneaux solaires, nous chargeons les téléphones portables pour les non membres de l’association à raison de 300 FBu par téléphone. La somme collectée est déposée dans notre caisse », ajoute-t-elle.
Le PNUD est représenté au Burundi depuis les années 1975.
Il intervient sur trois axes, à savoir: la consolidation de la paix et le renforcement de la démocratie, la planification du développement et la croissance inclusive ainsi que le changement climatique et la gestion des ressources naturelles.