Le Burundi est confronté au phénomène de tarissement des sources d’eau. C’est à titre illustratif la source d’eau connue sous le nom de Kinuke située sur la colline Mirama de la commune Mukaza dans la province de Bujumbura. Le niveau de Kinuke s’est réduit jusqu’ à 80%.
Jean Marie Vianney Niyongabo, Journaliste.
Cela s’observe au moment où il y a beaucoup de consommateurs qui s’y approvisionnent en eau potable. Le même chaos s’observe dans tout le pays même s’il n’y a pas de données actualisées. Celles qui sont disponibles datent de 2019.
Le ministère en charge de l’environnement a fait remarquer que sur un total de 24787 sources d’eau dont dispose le Burundi, 2508 sont déjà taris, soit 10,1% et 4418, soit 17,8% sont en cours de tarissement.
Le même ministère évoque ce qui est à l’origine de cette situation. Il s’agit entre autres de la dégradation de l’environnement causée principalement par des actions d’ordre anthropique telles que la déforestation, les constructions anarchiques, la plantation d’arbres absorbant beaucoup d’eau près des sources, des marais et des zones humides ainsi que les activités agro-pastorales non conformes à la réglementation en vigueur.
Les conséquences qui en résultent sont les perturbations climatiques caractérisées par l’irrégularité des pluies, l’érosion, les inondations ou la sécheresse prolongée provoquant le tarissement des sources d’eau et la diminution des niveaux d’eau des lacs et des rivières.
Le pire est que compte tenu de la position géographique du Burundi, notre pays exploite des sources hydrologiques internes et ne dispose pas de cours d’eau prenant source à l’extérieur. Il alimente d’autre pays.
Suite à cela, des mesures strictes visant la protection des sources d’eau devraient être prises et mises en œuvre dans l’immédiat pour éviter le pire.
La plantation des arbres autochtones est l’une des stratégies à adopter pour inverser la tendance.
La raison est que ces derniers sont des arbres agroforestiers fixateurs. Ils cohabitent bien avec les autres cultures et contribuent à la lutte contre l’érosion.
Deux ordonnances ministérielles dont l’une institue jeudi comme journée nationale dédiée à l’environnement et une autre interdit la plantation d’arbres absorbant beaucoup d’eau dans les périmètres de protection des sources d’eau, les bas-fonds et les marais ont été mises en place. Pourtant, la mise en application de ces textes pose problème.
La protection de l’environnement ne circule pas bien dans les veines de la plupart des citoyens malgré qu’elle occupe une place de choix dans le développement du pays.
Le pire est que la tentation de transformer les espaces occupées par les arbres en espaces agricoles est grande dans une partie non négligeable du pays.
Pour dire que l’agriculture risque de se constituer en ennemi de l’environnement si on ne fait pas attention.