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Augmentation du prix du transport en commun : La ministre sonne la fin de la récréation

La ministre en charge du commerce a annulé la mesure de revoir à la hausse le prix du transport en commun mise en place par une commission mixte. Elle a qualifié cette commission d'irrégulière et elle a fixé ce prix à 12,63% au lieu d’environ 25%.

La récente annonce de la revue à la hausse du prix du carburant à la pompe a été suivie par une revue à la hausse du ticket de transport par une commission qualifiée d’irrégulière par la ministre ayant le transport dans ses attributions. Les prix fixés ont été directement annulés. Environ 100 FBu avait été augmenté sur le prix du ticket de bus faisant le transport en commun en mairie de Bujumbura et environ 1500 FBu pour ceux qui font le transport Bujumbura-intérieur du pays, soit environ 25%. La ministre ayant le commerce dans ses attributions a fixé l’augmentation du ticket de transport à 12, 63%, soit 50 FBu de plus sur le prix de base à Bujumbura    

L’officialisation de ces nouveaux prix par Marie Chantal Nijimbere, ministre du Commerce, du Transport, de l’Industrie et du Tourisme est intervenue le 9 février 2022. Actuellement, le prix du transport à l’intérieur du pays et en mairie de Bujumbura est majoré de 12, 63%.

Plus d’une semaine venait de passer alors que les passagers et les transporteurs étaient déboussolés par des prix fixés par une commission non reconnue par la ministre.

« En date du 1er février 2022, le ministère du Commerce, du Transport, de l’Industrie et du Tourisme a été surpris de voir circuler sur les réseaux sociaux une décision de hausse des prix du transport public prise par une commission irrégulièrement convoquée et qui n’en a pas les prérogatives », lit-on dans un communiqué du ministère du Commerce, du Transport, de l’Industrie et du Tourisme du 4 février 2022.

Le communiqué fait remarquer que cette décision regorge d’irrégularités. Celles-ci sont notamment, la non prise en compte de tous les paramètres entrant en jeu comme l’état des infrastructures, le non respect de la procédure administrative de convocation de la réunion, l’absence de concertation des autorités hiérarchiques…

Cette hausse des prix du ticket annulée directement par la ministre Marie Chantal Nijimbere a eu lieu au moment où le prix de l’essence sur la pompe est passé de 2 400 à 2 700 FBu par litre, celui du mazout est passé de 2350 à 2 650 FBu par litre et 2 100 à 2 450 FBu par litre pour le pétrole. Cela à Bujumbura depuis le 27 janvier 2022.

La ministre en charge du commerce a annulé la mesure de revoir à la hausse le prix du transport en commun mise en place par une commission mixte dont deux directions générales du ministère faisaient partie. Elle l’a fixé à 12,63% au lieu d’environ 25%.

Une administration centralisée pour contribuer à la réussite des missions du ministère

En son article 2 du chapitre II du décret du 9 novembre 2020 portant réorganisation du ministère du Commerce, du Transport, de l’Industrie et du Tourisme, il est stipulé que pour réaliser ses missions, le ministère ayant le commerce dans ses attributions dispose des services de l’administration centrale, des services rattachés et des organismes personnalisés sous tutelle.

Parmi les services de l’administration centrale figurent la direction générale des transports et la direction générale du commerce. Ces directions faisaient partie de la commission mixte ayant révisé les tarifs du transport en commun.

Dans le procès-verbal non cacheté et dont l’accusé de réception date du 4 février 2022, cette commission indique qu’elle a travaillé en toute légalité. Pour elle, la mesure a été favorablement accueillie par tous les bénéficiaires (sûrement les propriétaires des véhicules). Le PV de la commission mixte signale qu’aucune contestation sur terrain n’a été remarquée et que la commission se trouve dans l’impossibilité d’annuler le communiqué du 1er février sur l’augmentation du prix du transport en commun.

« La ministre a fait une bonne chose en annulant le prix du ticket des bus. Celui-ci était de 100 FBu si je tiens compte de là où j’habite, soit 5000 FBu par mois. Cela car je fais 25 rotations par mois en vaquant aux activités quotidiennes. Avec les 5 000 FBu de plus, je peux acheter 1kg de riz, 1 kg de haricot et des légumes. Comme cela, je peux satisfaire mon dîner ou mon souper au moins une seule fois. Cependant, l’augmentation du prix à 12, 63%, soit 50 FBu fait que je récupère 2500 FBu, l’équivalent du prix d’1kg de sucre », explique Léonard Nikwibitanga, habitant à Cibitoke au Nord de la mairie de Bujumbura.

Pour revoir à la hausse le prix du transport en commun, la commission mixte témoigne qu’elle s’est référée à l’augmentation du prix du carburant. Le prix du gasoil a été augmenté de 12, 76% tandis que le prix de l’essence a été augmenté de 12,5%.

Considérant cette hausse, la commission mixte avait calculé l’augmentation du prix du transport en commun à 13%, soit 52 FBu. Comme elle a tenu compte des autres paramètres connexes au transport routier, l’augmentation du prix du transport en commun a été revue à la hausse d’à peu près 25%.

Alors que le prix d’un litre d’essence coûtait 2400 FBu, le ticket du bus en mairie de Bujumbura était fixé à 400 FBu sur certains axes.

2400 FBu correspond à 400 FBu. Comme le litre d’essence revient actuellement à 2700 FBu, si on prend les 2700 et qu’on les multiplie par 400 diviser par 2400, la solution est 450, donc 50 FBu d’ajout sur le ticket de bus.

Au mois de janvier dernier, la ministre en charge du commerce avait suspendu la revue à la hausse des prix du ciment BUCECO

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