Site icon Burundi Eco

Le bananier, une plante multifonctionnelle

Pour la plupart des Burundais, l’utilité du bananier réside au niveau de son régime. Pourtant, pour Clarisse Nsabimana, rien n’est à jeter sur le bananier. Chacune de ses différentes parties a au moins une utilité et donc une possibilité de générer de l’argent. Elle transforme les fleurs de bananier en salades, les feuilles en objets d’ornément et le tronc en emballages biodégradables   

Le taux de chômage s’accroît du jour au lendemain au Burundi. Beaucoup de jeunes en sont victimes. D’autres par contre s’en remettent à la créativité pour pallier à ce problème national. Clarisse Nsabimana, 33 ans est l’une d’entre ces rares jeunes qui ont su vendre leur créativité. Elle est détentrice d’un diplôme de master en Management des ressources humaines. A part qu’elle est professeur à l’Université du Burundi, elle est cultivatrice des bananiers et possède un champ de plus de 560 plants de bananiers. Depuis le mois d’avril 2021, elle dirige une société appelé « Un Sourire à tout Visage » (STVI) qui s’occupe de la culture des bananiers et de la transformation des produits provenant du bananier.

Cette société jeune de seulement 8 mois a déjà fourni de l’emploi à quatre personnes. Son but est de rentabiliser chaque partie du bananier et d’en minimiser les déchets. A part le régime d’une banane, consommé partout sur le territoire national, chacune des différentes parties du bananier, que ce soient les fleurs, les feuilles ou le tronc a au moins une utilité et donc une possibilité de générer de l’argent, selon Mme Nsabimana.

Les jeunes entrepreneurs ne cessent d’innover. Cette fois-ci, ils se lancent dans la valorisation des feuilles de banane.

Une créativité génératrice de revenus

Pour Nsabimana, rien ne se perd sur le bananier. Après avoir émondé les bananiers de son champ, dans les feuilles émondées que les autres prennent pour déchets, elle y voit de l’argent. Ces feuilles lui servent d’objets de décor pour les fêtes. Elle a sa façon de les tailler et de les transformer en sous couverts. Une créativité qui lui apporte de l’argent. « Après émondage, sur chaque bananier on peut avoir au minimum quatre feuilles. Avec ces feuilles émondées, je peux gagner au moins 40.000 FBu dans les activités de décoration », se réjouit-elle. Cela n’a aucun impact négatif sur la production des régimes de banane car, pour un régime de banane, le minimum qu’elle gagne est 8000 FBu. Selon elle, les différents dérivés des bananiers lui procurent de l’argent pour subvenir à ses différents besoins et rémunérer ses employés.

Qui aurait cru qu’une fleur de bananier pourrait servir d’aliment ? Clarisse l’utilise dans la préparation des salades. La fleur de bananier est reconnue pour sa composition en éléments nutritifs. Au Burundi, elle est moins connue et moins consommée que la banane. Pourtant, elle est riche en vitamines A, C et E, en fibres, antioxydants et potassium.

Une contribution écologique

Son innovation ne laisse pas de côté la protection de l’environnement. A partir des feuilles de bananiers, elle fabrique de petits sacs biodégradables pouvant remplacer les sachets qu’on utilise souvent dans les pépinières. Non seulement ces petits sacs en feuilles de bananiers remplacent valablement les sachets non biodégrables, mais aussi ils sont écologiques.

Dans l’optique de protéger l’environnement et de générer des revenus, Nsabimana compte mettre sur pied une usine qui transforme les troncs de bananier en emballages biodégradables, mais, le manque des machines lui met les bâtons dans les roues. « Nous ne détenons pas nos propres machines. Ce qui constitue un grand défi pour notre société. Nous utilisons des machines artisanales d’emprunt qui non seulement produisent peu d’emballages biodégradables, mais aussi de mauvaise qualité », ajoute-t-elle.

Elle souhaiterait avoir des machines modernes pouvant produire beaucoup d’emballages biodégradables et de bonne qualité. Selon cette entrepreneure, les emplois sont partout, seulement cela exige un certain niveau de créativité. Toutefois, elle demande aux jeunes burundais de penser à une activité génératrice de revenus qu’ils peuvent exercer pour pallier au chômage sans oublier la protection l’environnement.

Quitter la version mobile