La délégation de l’Union Européenne (UE) au Burundi a organisé le nettoyage des plages (EU Beach Clean up) du lac Tanganyika à l’endroit communément appelé «Kumase » samedi le 12 octobre 2019. L’action, qui en est à sa deuxième édition, rentre dans le cadre de la journée mondiale de nettoyage du littoral. Elle remercie les partenaires, la Mairie de Bujumbura et les bénévoles pour avoir participé à cette activité
Patrick Dupont, Chargé d’Affaires a.i de la Délégation de l’Union Européenne: « Les déchets en plastique constituent un danger non seulement pour les océans et les eaux des fleuves et des mers, mais aussi pour la santé humaine »
Environ 150 personnes provenant des ambassades, des organisations internationales et des associations de lutte pour la protection de l’environnement se sont joints aux agents de la Délégation de l’UE au Burundi pour une action de nettoyage des plages du lac Tanganyika, conjointement organisée avec la Mairie de Bujumbura.
« Les Burundais et les personnes d’autres nationalités sommes ensemble dans une action symbolique de nettoyage des plages du lac Tanganyika pendant une durée de 2 heures. L’action s’inscrit dans un vaste programme de sensibilisation sur la situation alarmante de la pollution des océans et des eaux appuyé par l’UE. Cela pour contribuer à rendre le monde propre», déclare Patrick Dupont, Chargé d’Affaires a.i de la Délégation de l’Union Européenne.
Les participants au « Beach Clean up ont ramassé des déchets plastiques et autres sur une distance d’environ 800 mètres. Actuellement dans le monde, le plastique représente 12 % des déchets municipaux dans le monde. Si rien n’est fait d’ici 2050, il y aura plus de plastique que de poissons dans les océans.
M. Patrick Dupont se réjouit d’avoir collecté les bouteilles en plastique (un des objectifs du programme) sur les plages du lac Tanganyika qui, par après, seront recyclées par des associations locales. Les déchets en plastique, continue-t-il, constituent un danger non seulement pour les océans et les eaux des fleuves et des mers, mais aussi pour la santé humaine.
« Ainsi, ces déchets sont avalés par les poissons et ces derniers sont à leur tour consommés par l’homme. Ce qui est nuisible à sa santé », ajoute le Chargé d’Affaires a.i à la Délégation de l’Union Européenne au Burundi.
Il rappelle que c’est la deuxième fois que l’UE organise le Beach Clean Up.
Le bénévolat un grand signe de détermination
«Aujourd’hui, l’action n’a pas coûté cher puisque les participants sont des bénévoles. C’est un geste louable qui montre que tout le monde commence à comprendre l’importance de préserver l’environnement. C’est aussi un message fort que la sauvegarde de l’environnement ne coûte pas cher si on part de la protection. Elle le devient plutôt lorsqu’il s’agit de recycler les produits polluants», indique M.Patrick Dupont avant d’annoncer qu’il salue la récente mesure du gouvernement burundais d’interdire l’importation des sacs en plastique non recyclables. Il remercie également la Mairie de Bujumbura qui a autorisé l’UE à nettoyer les plages du lac Tanganyika et à disponibiliser du matériel et son personnel pour acheminer les déchets collectés, plus particulièrement les objets en plastique, vers les lieux de recyclage.
Le nettoyage des plages du lac Tanganyika appelle la participation de tout un chacun et les encouragements y afférant
Une action salutaire
« Le nettoyage des plages du lac Tanganyika appelle la participation de tout un chacun et les encouragements y afferant. Ce qui me désole, c’est que les expatriés y participent en grand nombre comparativement aux locaux » , déplore Léanne Bukuru, membre de Rotary Club Inyage qui participait à ce nettoyage.
Elle doute qu’une partie importante de la population ne soit pas informée sur l’impact causé par les plastiques sur l’environnement. Et de continuer : « Deux heures de temps dans une année ne suffisent pas pour collecter les ordures se trouvant dans le lac Tanganyika. C’est pourquoi l’administration et les citoyens en question doivent prendre en main la question de préservation de l’environnement et nettoyer le lac à chaque fois de besoin», lâche-t-elle.
Diomède Habonimana, agent du bar « Ku Mase » n’y va pas par quatre chemins. Il affirme que le geste posé par la Délégation de l’Union Européenne au Burundi est sans précédent. Au bar « Ku Mase », nous sommes une vingtaine, annonce-t-il, à nettoyer les alentours du bar « Ku Mase » les jeudis et les samedis. « Voici que les étrangers nous donnent un coup de main. Normalement, ce sont nos concitoyens qui devraient le faire régulièrement», lâche-t-il avec un sourire aux lèvres.
Le nettoyage des plages du lac Tanganyika s’inscrit dans un vaste programme de sensibilisation sur la situation alarmante de la pollution des océans et des eaux appuyés par l’UE
Evangeline Niyonsenga, trésorière de l’association Jardin Villageois Ami de Bon Climat (JVABC) applaudit l’acte posé par la Délégation de l’Union Européenne au Burundi. Venue de la zone de Rubirizi, commune Mutimbuzi, province de Bujumbura Rural pour nettoyer les plages du lac Tanganyika, elle fait remarquer que ce travail devrait se faire au niveau des ménages.
L’administration, explique-t-elle, devrait organiser un système de collecte et de tri des déchets quitte à ce que ceux-ci finissent dans les dépotoirs.
Une plage nettoyée, un appât pour le tourisme
« Vous avez un beau pays plein de sites touristiques dont des plages», témoigne un agent de l’UE. En vacances en avril 2019, il affirme avoir parcouru 1600 kilomètres à la découverte du pays. Ainsi, insiste-t-il, les plages sont parmi les milieux attractifs des touristes. Comme il est de notre devoir d’aider la population, signale-t-il, nettoyer les plages est une nécessité.
Elles attirent les touristes qui amènent les devises, celles-ci contribuant au développement du pays.
Une activité qui arrive à point nommé pour les collectrices de déchets
Kelly Nahigombeye élue « Miss zeroplastique 2019 » collabore avec Anny Darlène Ndorimana de l’entreprise RC Retraining dans la collecte et le recyclage des déchets plastiques et des bouteilles en plastique. Fière de l’activité de nettoyage des plages du lac Tanganyika, Mme Nahigombeye profite de l’occasion pour informer les participants qu’avec la collecte et le tri sélectif de ces déchets, on minimise les dégâts. Elle invite les ménages (grands collecteurs de plastiques) à ne plus jeter les déchets plastiques.
« Mettez ces plastiques de côté, je vais les collecter », conclut-elle.
L’action de Beach Clean up clôt une série d’activités organisées dans le cadre de la « semaine de la diplomatie climatique » et qui a démarrée le 24 septembre avec un concours de dessin d’enfants défavorisés sur le changement climatique, suivi le 25 septembre d’une conférence sur le même thème avec 60 élèves de 6 lycées de Bujumbura.