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Budget 2024-2025 : Quand les urgences bousculent les priorités

Le rapport du PTBA 2024-2025 révèle un dépassement budgétaire de 2,7 %, avec des fonds réaffectés à des postes non prévus. Les parlementaires dénoncent le non respect des affectations budgétaires et l’impact sur les projets stratégiques. Le Premier ministre évoque des ajustements nécessaires face aux urgences. Une meilleure planification et une gestion rigoureuse sont vivement recommandées.

Le détournement d’objet initialement prévu a des conséquences sur la vie de la population.

Le 7 octobre 2025, devant le Parlement réuni en congrès, le Premier ministre Nestor Ntahontuye a présenté le rapport de mise en œuvre du Plan de Travail et Budget Annuel (PTBA) du gouvernement pour le second semestre de l’exercice 2024–2025. Ce rapport révèle que les dépenses totales ont été exécutées avec un dépassement de 2,7%.

Après analyse, les membres des commissions permanentes en charge des affaires économiques au Parlement ont constaté que certaines activités prévues dans le budget national n’ont pas été réalisées et que les fonds qui leur étaient destinés ont été utilisés pour completer d’autres activités dont le taux d’exécution a atteint ou dépassé les 100 %.

Le premier ministre Ntahontuye a expliqué qu’il arrive qu’on planifie des activités, mais que leur mise en œuvre tarde et que les fonds risquent de rester inutilisés. Selon lui, cela est inacceptable alors qu’il y a d’autres secteurs où les besoins sont urgents. Dans ce cas, il explique qu’on transfère alors ces fonds pour accélérer la mise en œuvre d’autres projets. Il donne l’exemple du chemin de fer pour lequel 258 milliards de FBu avaient été prévus. Mais comme le projet n’était pas encore prêt, 150 milliards de FBu ont été utilisés à cette fin et les 100 milliards restants ont été transférés pour acheter des engrais pour la saison culturale A, car les fonds initialement prévus pour l’achat des engrais étaient insuffisants. Il indique qu’ils ont même dû chercher d’autres sources de financement pour compléter les besoins en engrais et en semences.

Détournement de l’objet initialement prévu

Malgré les explications de Ntahontuye, les parlementaires trouvent que plutôt, avec le budget programme, cela ne devrait pas avoir raison d’être. Surtout qu’il y a eu une révision budgétaire. Pour eux, si on veut un budget-programme efficace, les fonds doivent être utilisés strictement pour ce à quoi ils sont destinés. Ils regrettent que ce détournement d’objet initialement prévu a des conséquences sur la vie de la population.

Ils ont énuméré des cas où des activités phares et stratégiques ont été planifiées, les parlementaires les ont approuvées et ils s’attendent à ce que la population en bénéficie, mais en vain. L’exemple, donné est celui des hôpitaux de district qui devaient être construits à Ntega, Busoni et Nyabikere, avec un budget d’environ 1,3 milliard de FBu. Le ministère des Finances a transféré la totalité de ce montant à l’institution chargée de l’exécution, à savoir l’OBUHA. Mais dès réception de ce montant, OBUHA a prélevé 206 millions pour d’abord payer les arriérés des fournisseurs. Les citoyens qui attendaient ces hôpitaux sont restés sans réponse. L’OBUHA a justifié cela par l’insuffisance du budget alors qu’il y a eu détournement de l’objet initialement prévu. Ils ont donc suggéré qu’une politique claire de gestion des fonds publics soit mise en place afin de respecter les prévisions budgétaires votées par le Parlement.

Un manque de planification

Pour l’Honorable Eric Nshimirimana, ces dépassements montrent que la planification n’a pas été bien faite. Il propose que ces dépassements ne soient pas justifiés après coup, mais qu’ils soient anticipés en identifiant les besoins à temps et en évaluant leur nécessité réelle.

Cette situation n’est pas sans conséquences néfastes sur la vie économique du pays. Car, pour combler ce vide, l’Etat est obligé d’emprunter auprès des banques commerciales ou de demander des avances à la Banque centrale pour pouvoir réaliser les activités prévues. Les parlementaires ont recommandé aux gestionnaires des crédits de faire une gestion rationnelle et objective en respectant surtout la philosophie du budget-programme.

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