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Budget général de l’Etat 2026-2027 : PARCEM alerte sur l’efficacité des dépenses publiques

Alors que le budget général de l’État burundais dépasse 7 000 milliards de BIF pour l’exercice 2026-2027, la PARCEM s’interroge sur son impact réel sur les conditions de vie de la population. Dans une analyse présentée le 6 septembre 2026, son directeur national, Faustin Ndikumana, pointe notamment l’inflation, l’endettement public, la baisse des importations des biens essentiels et les faiblesses de la gouvernance budgétaire.

Pour la Faustin Ndikumana, l’augmentation du budget ne devrait donc pas être considérée comme une fin en soi. Elle doit surtout se traduire par une amélioration mesurable des services publics, de la production, du pouvoir d’achat et, plus largement, des conditions de vie des Burundais.

Le budget général de l’Etat connait une progression importante depuis quelques années. Selon Faustin Ndikumana, directeur national de l’organisation Parole et Actions pour le Réveil des Consciences et l’Evolution des Mentalités (PARCEM), il est passé d’environ 1 500 milliards de BIF en 2021 à plus de 7 000 milliards de BIF en 2026. Une évolution qui, selon lui, doit être appréciée à l’aune de son impact sur le quotidien des citoyens. Cette hausse intervient alors que l’inflation s’est fortement accélérée. Elle était d’environ 8 % en 2021, avant d’atteindre 34 % en 2026, voire plus de 40 % à certaines périodes de l’année. Dans la plupart des pays de la Communauté d’Afrique de l’Est, l’inflation reste pourtant inférieure à 7 %, souligne-t-il.

Pour M. Ndikumana, la hausse des prix constitue l’un des principaux facteurs de pauvreté. « Une personne qui payait auparavant un loyer de 200 000 BIF et qui doit aujourd’hui payer 800 000 BIF, est-ce qu’elle est réellement en train de progresser ? Quand un kilo de riz qui coûtait 3 000 BIF passe à 6 000 BIF ou plus, est-ce que cette personne progresse ? La réponse est non », estime-t-il.

La PARCEM s’inquiète également de la diminution des importations des produits nécessaires à la production et au fonctionnement de l’économie. Entre 2022 et 2025, les importations de carburant auraient diminué de 37 % pour l’essence et de 40 % pour le gasoil. L’organisation s’interroge ainsi sur la cohérence entre l’augmentation du budget et la capacité du pays à importer les biens essentiels, notamment les médicaments, les fertilisants et les autres biens de production.

Endettement et gouvernance budgétaire en question

La dette publique constitue un autre sujet de préoccupation. Alors que les critères de convergence de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) recommandent de maintenir l’endettement dans certaines limites, Ndikumana estime que le Burundi se situe autour de 60 % du PIB. Pour la PARCEM, la question n’est toutefois pas uniquement celle du niveau de la dette, mais surtout celle de son utilisation et de son impact sur la population. L’organisation évoque notamment les difficultés liées au paiement des salaires, au recrutement des enseignants et à l’amélioration des conditions de travail. « Le poids de la dette sans amélioration des conditions de vie de la population, c’est incroyable. On peut se demander pourquoi le pays continue à s’endetter si les citoyens ne voient pas une amélioration correspondante de leurs conditions de vie », déclare M. Ndikumana.

La PARCEM appelle ainsi à une meilleure gouvernance budgétaire. Selon son directeur national, même un budget de 9 000 milliards de BIF ne produirait pas suffisamment d’effets si les mécanismes de gestion des finances publiques ne changent pas. L’organisation recommande notamment de respecter les priorités de l’État, en commençant par les missions régaliennes, notamment l’administration, la sécurité et la justice. Viennent ensuite les services sociaux comme la santé et l’éducation, puis les infrastructures telles que les routes, l’accès à l’eau et l’électricité.

M.Ndikumana estime également que l’Etat ne devrait pas se substituer aux opérateurs privés dans le commerce. Il appelle à davantage de discipline dans l’utilisation des ressources publiques et cite notamment les financements accordés aux coopératives Sangwe, tout en déplorant l’absence, selon lui, d’une rubrique consacrée à leur remboursement dans le budget actuel.

La PARCEM réclame plus de transparence et de contrôle

Pour la PARCEM, les dépenses publiques doivent répondre à des priorités clairement définies dans les documents nationaux de planification, notamment le Plan national de développement. L’organisation estime également que les projets réalisés en dehors du cadre budgétaire doivent être évités. « Les projets hors budget doivent être arrêtés. Il n’est pas compréhensible qu’un stade national soit construit alors que les moyens mobilisés pour sa construction ne passent pas par la loi budgétaire », alerte M. Ndikumana.

La PARCEM insiste aussi sur la nécessité d’un contrôle budgétaire plus rigoureux. Selon elle, les dépassements budgétaires doivent être limités et les personnes responsables d’une mauvaise utilisation des fonds publics doivent répondre de leurs actes devant la justice. L’organisation préconise par ailleurs une plus grande participation des citoyens lors de la préparation du budget afin que les priorités retenues correspondent davantage aux besoins réels de la population.

Une autre préoccupation soulevée : le poids de l’économie informelle. M. Ndikumana estime que le marché informel des devises joue un rôle majeur dans les transactions et influence fortement le taux de change auquel les citoyens se réfèrent. Il appelle à rendre le secteur formel plus accessible. La situation du carburant illustre, selon lui, les limites de cette informalité. En raison des pénuries, une partie de la population se tourne vers le marché parallèle, où le litre peut atteindre environ 15 000 BIF, contre environ 4 000 BIF dans une station-service reconnue. « Il serait préférable que le carburant entre régulièrement dans le pays et qu’il soit ensuite vendu à 6 000 ou 7 000 BIF le litre. L’objectif devrait être de faire en sorte que le carburant soit disponible et accessible à tous dans un cadre formel », conclut M. Ndikumana.

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