Les députés burundais ont adopté à l’unanimité le projet de loi portant budget général de l’Etat pour l’exercice 2026-2027. Avec des dépenses prévues de plus de 7 020 milliards de BIF contre des recettes estimées à 6 296 milliards de BIF, ce budget marque une hausse significative par rapport à l’exercice précédent. Toutefois, quelques jours après son adoption à l’Assemblée Nationale, la Cour des comptes a relevé plusieurs zones d’ombre dans le document et appelé les sénateurs à demander davantage d’éclaircissements avant son examen.
Avec une progression de 23,76 %, le budget général de l’Etat pour l’exercice 2026-2027 dépasse nettement celui de l’exercice précédent.
Réunis en séance plénière le 13 juin 2026, les députés ont examiné puis adopté à 100 % le projet de loi portant budget général de l’Etat pour l’exercice 2026-2027. Le texte prévoit des recettes évaluées à 6 296,03 milliards de francs burundais, tandis que les dépenses devraient dépasser les 7020 milliards de BIF. Comparé à l’exercice budgétaire 2025-2026, pour lequel le gouvernement avait prévu des dépenses totales de 5352 milliards de BIF, le nouveau budget affiche une augmentation de plus de 1668 milliards de BIF (soit 23,76 %).
Présentant le projet devant les élus, le ministre en charge des finances, Dr Alain Ndikumana, a insisté sur le caractère participatif de son élaboration. Selon lui, le gouvernement a multiplié les consultations afin de mieux prendre en compte les préoccupations de la population. « Les administrateurs communaux, les responsables des hôpitaux, les entreprises publiques ainsi que les partenaires au développement ont été associés au processus », a-t-il expliqué. L’objectif était, selon le ministre, de concevoir un budget davantage adapté aux réalités du terrain et aux besoins des citoyens.
L’Assemblée Nationale salue l’unanimité et appelle à une gestion rigoureuse du budget
L’adoption unanime du texte a été saluée par le président de l’Assemblée Nationale, Daniel Gélase Ndabirabe. Pour lui, ce vote traduit la confiance des députés envers les orientations économiques proposées par le gouvernement. Cependant, le président de la chambre basse du Parlement a profité de l’occasion pour rappeler l’importance de la bonne gouvernance dans la gestion des finances publiques. Il a notamment dénoncé les cas de détournement et de gaspillage des ressources de l’Etat qui continuent à être signalés dans certains secteurs.
M. Ndabirabe a appelé les institutions chargées du contrôle et de la répression des infractions économiques à faire preuve de fermeté. Selon lui, les auteurs des malversations financières doivent être sanctionnés de manière exemplaire afin de protéger les ressources publiques et de renforcer la confiance des citoyens dans les institutions.
Après son adoption par l’Assemblée Nationale, le projet de budget doit être transmis au Sénat qui, à son tour, l’examine avant son éventuelle promulgation par le Président de la République. Cette promulgation est attendue avant le 1er juillet 2026, date correspondant au début du nouvel exercice budgétaire.
La Cour des comptes pointe plusieurs insuffisances
Alors que le projet de budget poursuit son parcours législatif, la Cour des comptes a émis plusieurs réserves sur son contenu. Le 17 juin 2026, devant les sénateurs, le président de cette institution, Léonidas Kabura, a estimé que certaines informations essentielles manquaient de clarté dans le document soumis au Parlement. Selon lui, plusieurs éléments méritent des explications complémentaires avant l’adoption définitive du texte. La Cour des comptes a ainsi recommandé aux sénateurs de solliciter des éclaircissements auprès du ministère ayant les finances dans ses attributions.
Parmi les points jugés insuffisamment détaillés figurent notamment le niveau exact de la dette publique restant à rembourser, les effets attendus de certaines nouvelles mesures prévues dans le projet de loi, etc.
M. Kabura a notamment relevé que le gouvernement prévoit de rembourser environ 80 milliards de BIF de dette publique au cours du prochain exercice budgétaire. Toutefois, le document ne précise pas clairement le montant total de la dette qui subsistera après ces remboursements. Pour cette institution de contrôle, cette absence de précision pourrait compliquer l’évaluation de la soutenabilité de la dette publique et limiter la capacité des parlementaires à apprécier pleinement les implications financières du projet.