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Bujumbura : Le coût des loyers a presque doublé en l’espace de 2 ans

La hausse des prix de presque tous les produits n’a pas épargné le logement. Les coûts du logement dans la capitale économique a explosé durant ces dernières années. Les petits travailleurs peinent à joindre les deux bouts du mois    

Les loyers des maisons ne cessent d’augmenter en mairie de Bujumbura. Les coûts ont presque doublé dans presque tous les quartiers de la capitale économique. Les locataires des maisons se lamentent que leurs propriétaires augmentent les prix à leur gré.  Dans la zone de Kinama (qui n’était pas convoité par les locataires), une maison en carreaux de deux chambres et salon est louée actuellement à plus de 250 mille FBu. Cette même maison était louée à 150 mille FBu il y a de cela une année. Une maison d’une chambre et un salon est actuellement louée à 100 mille FBu alors qu’elle était à 50 000 FBu il y a de cela deux ans. Même situation dans la zone de Kanyosha. Trouver une maison de deux chambres et un salon à moins de 250 000 FBu serait une équation à plusieurs inconnues.

La population actuelle de la ville de Bujumbura est estimée à plus d’1 million d’habitants alors qu’elle était de 497 166 habitants en 2008.

Dans le quartier Gihosha Rural de la zone Gihosha, une chambrette peut te coûter plus de 100 mille FBu par mois. M. S habite une maison d’une chambre et un salon avec sa femme et ses deux petits enfants. « Il y a 2 ans les frais de loyer étaient à 60 mille FBu mais, pour le moment, je décaisse une somme de 130 mille FBu par mois », fait-il savoir. 

A Kibenga, une maison qui se louait à 250 mille FBu il y a deux ans est actuellement louée à plus de 450 mille FBu. Une autre qui se louait à 150 mille FBu est actuellement louée à 300 mille FBu.  

Les locataires indiquent que les propriétaires ne respectent pas souvent les contrats de bail, en revoyant à la hausse les loyers sans consentement.

Plusieurs raisons à l’origine de cette cherté des logements

« La hausse des prix de tous les autres produits est à l’origine de l’envol des coûts des loyers », fait savoir Jean Nkurikiye rencontré à Kinama. Cet homme de 72 ans ajoute que le FBu se déprécie d’années en années. « Un fonctionnaire qui touchait 12 mille FBu dans les années 1980 parvenait à vivre aisément mais, actuellement, avec 250 mille FBu tu peines à joindre les deux bouts du mois », explique-t-il. 

Les propriétaires des maisons informent que la cherté de tous les matériaux de construction est à l’origine de la hausse des coûts de loyer des maisons. « Par exemple, le ciment Buceco est introuvable dans les entrepôts de Bujumbura. S’il est disponible, un sac de 50 kg est acheté à plus de 33 000 FBu alors que le prix officiel est de 24 mille FBu par sac de 50 kg », précise J. H, propriétaire d’une maison à louer à Gihosha. Pour lui, tous ces facteurs contribuent à la hausse des loyers. A côté de cela, les commissionnaires sont pointés du doigt. Ils sont soupçonnés de faire augmenter le coût des loyers afin d’encaisser le maximum possible de commissions.

Des politiques de logement qui n’ont pas porté des fruits

Au moment où la population de Bujumbura n’a cessé pas de croître, les politiques nationales de logement n’ont pas porté des fruits sur le long terme. La population actuelle de Bujumbura est estimée à plus d’1 million d’habitants alors qu’elle était de 497 166 habitants en 2008, selon le recensement de 2008. 

Alors que le logement décent est un droit fondamental reconnu par la Constitution de République du Burundi, certains habitants vivent dans des conditions déplorables dans les quartiers périphériques comme Mugoboka, Kinama, Gisyo, Buterere, etc. Il n’est pas rare de trouver une famille de 5 personnes dans une maisonnette de deux pièces. Là aussi, l’hygiène laisse à désirer. 

La politique de l’habitat a été pensée par plusieurs étapes. De l’époque coloniale jusqu’en 1970, une politique de loger gratuitement les fonctionnaires de l’Etat a été mis en place. Des quartiers ont été lotis et des logements de standing variés ont été construits. Ceci a constitué une charge que l’Etat ne pouvait plus supporter à un certain moment.   Depuis 1973, plusieurs structures ont été mises en place pour aménager et construire des logements décents mais, faute de moyens, les souhaits ne sont restés que de vieux pieux. Il s’agit notamment de l’Office National du Logement (ONL) en 1973.  Par après, le gouvernement a créé la Société Immobilière Publique (SIP) et l’Encadrement des Constructions et Aménagement de Terrains (ECOSAT) pour l’aménagement des terrains et la construction des maisons pour les agents du secteur public et privé. Il y a également eu la création en 1989 du Fonds de Promotion de l’Habitat Urbain pour des crédits de logement dont le remboursement est étalé sur 20 ans. Une politique nationale d’habitat et d’urbanisation a été mise en place en 2007 pour assurer un habitat décent à toutes les couches de la population. Elle proposait d’aménager chaque année 855 ha de terrain et la construction de 26 000 unités de logements jusqu’à l’horizon 2020. Mais, les résultats n’ont pas été à la hauteur des attentes par faute de moyens.

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