Dans différents coins de la ville de Bujumbura, de nombreuses routes, y compris certaines artères principales, restent plongées dans l’obscurité la nuit. Pourtant, la plupart de ces axes avaient été équipés il y a plusieurs années de lampadaires solaires destinés à assurer l’éclairage public. Aujourd’hui, la quasi-totalité de ces installations est devenue dysfonctionnelle.
Certains citoyens ont pris des initiatives pour éclairer leur environnement notamment à Nyakabiga et à Buyenzi.
C’est notamment le cas du boulevard Ndadaye Melchior, de la Chaussée du Peuple Murundi ou encore de l’avenue de l’OUA, etc. La nuit, ces routes sont souvent plongées dans une obscurité totale. Les usagers ne profitent de la lumière que lorsque les phares d’un véhicule s’allument. Sur place, de nombreux lampadaires ont perdu leurs principaux équipements. Dans bien des cas, il ne reste que les poteaux : les panneaux solaires, pourtant fixés à plus de cinq mètres de hauteur, ont été volés tout comme les batteries qui les alimentaient. Certains poteaux ont également été endommagés après avoir été percutés par des véhicules, tandis que d’autres ont simplement disparu. Fait surprenant, même des lampadaires installés à proximité de structures considérées comme stratégiques n’ont pas échappé au vandalisme. C’est notamment le cas de ceux qui se trouvaient devant les bureaux de la Police spéciale de roulage (PSR).
Cette situation inquiète de nombreux usagers de la route, qu’ils soient automobilistes ou piétons. L’obscurité accentue le sentiment d’insécurité et fait craindre d’éventuelles agressions. Une jeune femme résidant dans le Sud de la capitale économique raconte une expérience qui l’a marquée. Elle explique : « Un soir, alors que je circulais en voiture sur le boulevard Melchior Ndadaye en direction du centre-ville, j’ai ressenti une forte inquiétude en raison de l’obscurité. » Selon elle, dans de telles conditions, on craint toujours de croiser des malfaiteurs susceptibles de profiter de la situation.
Un autre habitant qui a vécu plusieurs années à Buyenzi partage le même sentiment. Habitué à faire régulièrement des exercices physiques, il avait l’habitude de se rendre au terrain Tempête situé près du lac Tanganyika pour se relaxer. Toutefois, il explique qu’il évitait d’y aller en fin de journée, par crainte de devoir rentrer chez lui dans l’obscurité et de rencontrer des personnes mal intentionnées qui pourraient lui faire du mal.
Les initiatives de la population restent limitées
Face à cette situation, certains citoyens ont pris des initiatives pour éclairer leur environnement. Dans certains quartiers comme à Nyakabiga et Buyenzi, des habitants se sont organisés pour installer des lampadaires alimentés par l’électricité de la REGIDESO. Mais ces initiatives restent limitées au regard du nombre de routes et de ruelles encore plongées dans le noir.
Les personnes interrogées appellent les autorités à agir afin de rétablir l’éclairage public dans la ville. Elles demandent soit l’installation de nouveaux dispositifs, soit la réparation des systèmes existants afin de profiter de leur potentiel.
Le directeur général de la REGIDESO, Jean Albert Manigomba, reconnait lui aussi l’existence d’un problème d’éclairage sur plusieurs axes de la ville de Bujumbura. Dans une interview accordée au magazine Jimbere, il explique que lorsque les responsables communaux tardent à acheter les unités nécessaires pour alimenter l’éclairage public, les lampadaires restent éteints. Selon lui, la REGIDESO n’est pas chargée de l’achat de ces unités, cette responsabilité incombant plutôt aux communes.
Malgré ces difficultés, M. Manigomba indique que la REGIDESO mène actuellement des études en collaboration avec le ministère ayant les finances dans ses attributions afin de trouver une solution durable à ce problème. Il estime que le problème de l’éclairage public devrait être suivie directement par ce ministère en partenariat avec la REGIDESO plutôt que par les communes.