Face à l’actuelle pénurie d’eau potable dans plusieurs quartiers de la capitale économique Bujumbura, certaines activités économiques sont mises à mal. Plus grave encore, les conséquences de cette crise commencent à affecter la santé des citadins. Ces derniers interpellent la REGIDESO pour qu’une solution soit trouvée avant qu’il ne soit trop tard.
Depuis plusieurs mois, presque tous les quartiers de Bujumbura font face à une pénurie continue d’eau potable.
« L’eau, c’est la vie », dit-on. Cette expression prend tout son sens dans le contexte actuel, tant l’eau est indispensable à la survie de chacun. Pourtant, depuis plusieurs mois, presque tous les quartiers de Bujumbura font face à une pénurie continue d’eau potable. Pour certains, le rythme est connu: leurs robinets coulent un jour sur deux. Ce sont les moins menacés, car ils peuvent s’adapter et se préparer en conséquence. Pour d’autres, c’est une question de plusieurs jours voire de semaines sans une seule goutte d’eau.
Dans les quartiers du Sud de la ville, notamment dans la commune de Mugere, les robinets restent secs pendant plusieurs jours. Pour s’approvisionner, certains habitants sont contraints de parcourir de longues distances jusqu’aux quartiers voisins. D’autres préfèrent acheter l’eau par bidon. Ce qui représente un coût non négligeable: un bidon de 20 litres coûte entre 1 000 et 2 000 FBu. Cette situation met à rude épreuve les familles les plus modestes qui peinent à couvrir leurs besoins essentiels. Beaucoup se tournent vers les rivières et les ruisseaux qui passent près de leurs habitations, malgré les risques sanitaires qu’ils encourent.
La population en souffre
La population de Busoro est parmi les plus vulnérables. La pénurie d’eau potable dans cette localité ne date pas d’hier. Selon Edouard Ndayisenga, habitant du quartier, leur problème est bien connu des autorités locales. Il regrette que les promesses de raccordement à un autre réseau n’aient jamais été tenues. « On ne peut pas vivre sans eau potable. Nous sommes obligés de l’acheter à 1 500 FBu par bidon de 20 litres sachant que les ménages les plus économes utilisent au moins cinq bidons par jour », déplore-t-il. Comme il l’explique, pour une famille vivant dans la précarité, cette dépense est tout simplement insoutenable.
Sa voisine, Aline Muhimbundu, confirme la gravité de la situation. « Même avec de l’argent, il n’est pas toujours facile de trouver quelqu’un pour nous livrer de l’eau. La bête noire de notre quartier, c’est cette pénurie permanente d’eau potable. Je connais des voisins qui ont été contraints de déménager à cause de cela. Notre plus grande peur c’est d’attraper des maladies liées au manque d’hygiène », confie-t-elle. Elle appelle la REGIDESO à agir rapidement pour éviter une catastrophe sanitaire.
Les maladies des mains sales, un danger imminent
Le manque d’eau compromet l’hygiène quotidienne: lavage des mains, nettoyage des ustensiles de cuisine, entretien des toilettes… tout devient difficile. Les établissements commerciaux comme les restaurants, les salons de coiffure, etc. Voient leurs activités ralentir à cause de cette pénurie d’eau. Certains improvisent avec de l’eau de source non traitée.
Conséquence directe: les cas de choléra commencent à se multiplier dans certains quartiers, en particulier ceux du nord de la ville de Bujumbura. Cette situation est préoccupante, d’autant plus que le choléra est une maladie mortelle qui se propage rapidement. Sa prévention repose sur une hygiène constante, rendue impossible par la pénurie d’eau.
Face à cette crise, la REGIDESO explique que la pénurie d’eau est due à une demande croissante liée à l’expansion urbaine. La situation se présente ainsi alors que le Burundi s’est engagé à garantir un accès universel à l’eau potable d’ici 2030. L’objectif est que 100 % de la population ait accès à une source d’eau potable améliorée, sûre et abordable.