A Bujumbura, les prix des denrées alimentaires continuent de grimper. Cette réalité fragilise davantage les ménages, contraints de revoir à la baisse leurs habitudes alimentaires face à un pouvoir d’achat qui s’effrite de plus en plus.
Les pommes de terre et les patates douces, souvent considérées comme des substituts abordables, sont aussi chères. Elles coûtent respectivement 2 200 BIF et 1 700 BIF le kilo.
Dans un reportage fait au marché Ngagara II dit Cotebu, l’un des principaux points d’approvisionnement de la ville de Bujumbura, les prix des denrées alimentaires enregistrés ce lundi 27 avril 2026 témoignent d’une tendance préoccupante. Les produits de première nécessité atteignent des niveaux difficilement soutenables pour de nombreux ménages.
Le riz se vend à 7 000 BIF le kg voire plus, tandis que la farine de maïs et celle de manioc coûtent respectivement 4 000 et 3 000 BIF le kg. Les haricots, pilier de l’alimentation locale, coûtent 5 000 BIF le kg. Même les légumes et les tubercules, souvent considérés comme des alternatives abordables, affichent des prix en hausse : 2 200 BIF le kg pour les pommes de terre ou encore 1 700 BIF le kg pour les patates douces.
Ces niveaux de prix traduisent une inflation alimentaire persistante qui affecte directement le quotidien des consommateurs. En outre, ces prix donnent une image assez préoccupante des conditions de vie des ménages, surtout urbains. Ce qui est inquiétant, c’est le niveau général des prix des denrées de base est élevé. Des produits essentiels comme le riz (7000 BIF/kg), la farine de maïs (4000 BIF/kg) ou les haricots (jusqu’à 5000 BIF/kg) sont déjà à des niveaux hauts. Or, ce sont précisément les aliments qui composent l’essentiel du panier alimentaire des ménages burundais, surtout dans les villes. Cela signifie que se nourrir correctement devient coûteux, même dehors de luxe.
Des alternatives qui n’en sont pas vraiment
Même les alternatives “moins chères” ne le sont plus vraiment. Les pommes de terre (autour de 2200 BIF/kg) ou les patates douces (1700 BIF/kg) souvent considérées comme des substituts abordables voient aussi leurs prix grimper. Cela réduit la capacité des ménages à s’adapter pendant la période de hausse des prix.
En pratique, cela se traduit par plusieurs stratégies de survie chez les ménages. C’est par exemple Eric Ndereyimana, père de cinq enfants, rencontré au marché qui affirme avoir réduit le nombre de repas par jour. Il a également abandonné des aliments trop coûteux comme la viande pour accorder la préférence aux aliments les moins chers.
Prix des denrées alimentaires au Marché Ngagara II dit Cotebu le
27 avril 2026
| Produit | Prix par kg (BIF) |
| Pomme de terre Victoria | 2200 |
| Pomme de terre Kijumbu | 2100 |
| Oignon blanc | 4000 |
| Oignon rouge | 4500 |
| Colocase | 2500 |
| Banane | 2100 |
| Patate douce | 1700 |
| Riz | 7000 |
| Farine de maïs | 4000 |
| Farine de manioc | 3000 |
| Haricot kirundo | 5000 |
| Haricot frais | 8000 |
| Petit pois frais | 10000 |
| Tomate | 2500 |
| Viande umusoso | 35000 |
| Viande cangacanga | 28000 |
| Huile de palme (1,5 L) | 13000 |
| Huile de palme raffinée (1,5 L) | 20000 |