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Bujumbura-Mairie : Les obsèques pour vulnérables, un casse-tête

Si les dépenses liées à l’organisation des cérémonies funéraires ruinent les familles à faibles revenus, qu’en est-il pour les personnes ou les familles démunies ? Dans le traitement du dossier réactionnel sur la mort dans la mairie de Bujumbura, Burundi Eco est allé à la conquête de la lumière sur cette question

De loin plus peuplée que d’autres centres urbains du Burundi, la capitale économique attire des milliers de personnes venant de l’intérieur du pays. L’exode rural y est donc une réalité. Très souvent, cette partie de la population qui migre de l’intérieur vers la ville est constituée de démunis à la recherche d’une vie meilleure. Avec le temps, les effectifs des personnes ou des familles vivant dans l’extrême pauvreté ont augmenté dans cette ville riveraine du lac Tanganyika où rien n’est gratuit et où les chances d’obtenir un emploi s’amenuisent.

A part ceux qui vivent dans des conditions d’extrême pauvreté, les sans-abris constituent un autre groupe social qui s’observe dans les villes qui s’élargissent d’année en année. Des femmes et des hommes sans domiciles fixes, des enfants de la rue abandonnés à eux-mêmes, des familles vivant dans l’extrême pauvreté,… font aussi partie intégrante de cette population grandissante des villes.

Les vulnérables doivent aussi faire face à la mort avec tous les malheurs qu’elle suppose.

Ces malheureux font face à d’innombrables difficultés dont l’organisation des funérailles en cas de décès dans une famille de démunis. Personne n’est à l’abri de cet événement malheureux. La mort survient partout sans avertir et tout service en rapport avec cet événement malheureux coûte cher à la famille. Or, certains couples sont nés d’une union de personnes démunies et vivent de la manne du ciel chaque jour. Elles ne sont pas excusées. Elles doivent aussi faire face à la mort avec tous les malheurs qu’elle entraine avec elle.

La mort coûte quand-même

Nous avons cherché à savoir ce qui se passe au cas où la mort frappe dans une famille qui est dans une incapacité totale d’organiser les funérailles du défunt. Pour Hyppolite Karerwa, un habitant du quartier Bwiza, il s’agit d’une question purement sociale qui date de longtemps. Ce septuagénaire, citadin de naissance, explique : « Quand la mort frappe dans une famille très pauvre, c’est une affaire purement sociale. L’administratif à la base organise une collecte de fonds nécessaires pour l’enterrement du disparu ». Selon ce vieil homme qui fut catéchiste et responsable administratif   dans le passé, la Mairie de Bujumbura intervient très souvent en disponibilisant un moyen de transport.

Quand le disparu était un sans-abri ou une personne démunie vivant seul, la Mairie s’active et prépare toutes les activités funéraires et connexes. Il revient aux administratifs de transmettre le message à ses proches.

Ils sont enterrés dans une précarité totale

Très souvent, en cas de décès, la famille du défunt n’est pas informée. Il s’agit des personnes qui sont totalement séparées de leurs familles. Parfois, la personne disparue n’est même pas connue de son entourage.  Cependant, le temps presse et il faut faciliter toutes les opérations liées aux cérémonies funéraires sans l’avis de leurs familles d’origine. Parfois, celles-ci ignorent totalement où se trouve le leur et continuent à croire qu’il est en vie.    

La situation se complique au cas où la mort survient à l’hôpital. « Pour un employé dans un hôpital interrogé, il est compréhensible que les personnes démunies soient abandonnées dans les infrastructures sanitaires en cas de décès », indique-t-il. Cet homme affecté au service de la chambre froide dit que l’hôpital a quelquefois été obligé de faire enterrer les personnes décédées et abandonnées à l’hôpital et pense qu’il s’agit surtout de ces personnes démunies et sans soutien qui peuplent nos quartiers.  Selon cette source, la famille du défunt n’est pas poursuivie au cas où la facture n’a pas été payée.  Nul ne doute que si on mettait en place une politique sociale claire, on pourrait alléger de tels problèmes et ensevelir toutes les personnes décédées en dignité.

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