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Le Burundi peut-il s’inspirer de la Tanzanie en ce qui est des investissements ?

En marge de la visite de la Présidente de la Tanzanie au Burundi, les hommes d’affaires Tanzaniens regroupés au sein de la Tanzania Private Sector Foundation (TPSF) et les hommes d’affaires Burundais regroupés au sein de la Chambre Fédérale du Commerce et de l’Industrie du Burundi (CFIB) se sont engagés à travailler ensemble pour promouvoir le commerce et l’investissement dans les deux pays. Un protocole d’entente comprenant plusieurs accords a été signée. Les hommes d’affaires burundais sont appelés à s’inspirer des hommes d’affaires tanzaniens.

Les opérateurs économiques Burundais et Tanzaniens se sont engagés à travailler ensemble pour promouvoir le commerce et l’investissement dans les deux pays.

Samedi le 17 juillet 2021 s’est tenu à Bujumbura un forum d’affaires de haut niveau réunissant des hommes d’affaires Tanzaniens et Burundais. Ces derniers ont montré aux deux présidents le protocole d’entente signé dans le cadre de faciliter la coopération entre les deux pays. Les deux parties utiliseront leurs possibilités respectives telles que les expositions-ventes, les missions commerciales et les milieux d’affaires pour stimuler et promouvoir le commerce et l’investissement.

Promouvoir le commerce et l’investissement

La Tanzania Private Sector Foundation et la Chambre Fédérale du Commerce et de l’Industrie du Burundi se sont convenues d’échanger régulièrement des informations et des publications sur les possibilités commerciales, économiques, scientifiques, techniques et d’investissement dans les deux pays qui pourraient intéresser les deux parties. Les deux parties se sont également engagées à fournir un soutien technique dans des domaines comme la recherche, les études, l’expertise, la durabilité, la stratégie commerciale, le développement et la mise en œuvre des activités réalisées en faveur de ces deux secteurs.

Ils ont misé sur l’augmentation du volume et de la valeur des affaires, des investissements et des échanges commerciaux par les membres de la TPSF et de la CFCIB. Ils vont s’assurer que toutes les activités de collaboration mises en œuvre par la TPSF sont intégrées efficacement dans les activités quotidiennes du CFCIB. Ces deux organismes vont collaborer sur les enjeux, les solutions disponibles et leurs réalisations par le biais d’activités spécifiques telles que les tables rondes sur le commerce, l’investissement et l’intégration des entreprises.

La résolution amicale des problèmes

Audace Ndayizeye, Président de la CFCIB se réjouit qu’avec ce mémorandum tous les problèmes vont être résolus amicalement. Il cite notamment la levée des barrières non tarifaires et aussi que l’opérationnalisation du chemin de fer Dar-es-Salaama-Kigoma. Selon M. Ndayizeye, les marchandises qui transitent par ce chemin de fer représentent seulement 5%. Il précise qu’il faudrait au moins 30% des marchandises transitant par ce chemin de fer pour minimiser les dépenses. « Une tonne de marchandises transitant à Dar-es-Salaama vers Bujumbura par route peut coûter 160 USD tandis que si ces marchandises transitent Dar-es-Salaama (chemin de fer) et par bateaux à partir de Kigoma peuvent seulement coûter 80 USD et on pourrait économiser environ 12 mille USD par an », explique le président de la CFCIB.

Face à ces défis, les secteurs privés des deux pays ont convenu de créer un marché commun. Il est prévu l’installation d’un centre logistique à Kigoma pouvant faciliter le commerce entre les deux pays.  Audace Ndayizeye signale que des cargos qui vont assurer le transport des biens et des personnes via le lac Tanganyika sont également en construction.

Le Président du Burundi, Evariste Ndayishimiye a invité les opérateurs économiques Tanzaniens à venir investir au Burundi.

Le Burundi, encore vierge en matière d’investissement

Durant le forum, le Président du Burundi, Evariste Ndayishimiye a invité les hommes d’affaires Tanzaniens à venir investir au Burundi. Selon lui, le Burundi est encore vierge en ce qui est de l’investissement. Evariste Ndayishimiye a insisté sur le secteur minier, le tourisme et la pêche.

Pour Ndayishimiye, les hommes d’affaires Burundais n’ont pas encore d’expérience dans l’investissement transfrontalier. Il explique que les hommes d’affaires Burundais produisent, mais ne savent pas comment exporter la production.  Il a appelé les hommes d’affaires Tanzaniens à partager leurs expériences avec leurs homologues Burundais en matière d’investissement.

De son côté, Samia Suluhu Hassan, Présidente de la République Unie de Tanzanie a appelé les hommes d’affaires Burundais à aller investir en Tanzanie dans le domaine agricole. Elle a fait remarquer que les terres tanzaniennes sont vastes et qu’elles sont encore vierges.

La Tanzanie dispose de 44 millions d’hectares de terres arables qui couvtrent 50% de la superficie totale du pays mais que seulement 25% sont cultivés. La majeure partie de la production est assurée par de petits producteurs disposant d’exploitations de 0,2 à 2 hectares et s’inscrivant pour la moitié dans une agriculture de subsistance. Le nombre de fermes de grande taille reste limité, mais la structure des exploitations évolue avec un important accroissement des exploitations agricoles de taille moyenne (5 à 100 ha) qui représenteraient 43% des terres cultivées.

Elle réitère son engagement à renforcer la coopération entre la Tanzanie et le Burundi. « Les ministres concernés sont ici présents pour concrétiser les accords ».  La Présidente de la Tanzanie a promis de mettre en œuvre les accords signés.

Les hommes d’affaires Burundais appelés à investir en Tanzanie dans le secteur agricole.

Plus de 90% des marchandises burundaises passent par la Tanzanie

Capitoline Niyonizigiye, ministre burundais du commerce salue les facilités qu’offre la Tanzanie au Burundi. Plus de 90% des marchandises entrant au Burundi y passent.  Le président burundais, insiste sur le fait que la Tanzanie est plus qu’un partenaire économique étant donné que le Burundi dépend largement de la Tanzanie dans l’importation des marchandises : « La Tanzanie est comme un canal assurant la survie du Burundi », indique le Président Ndayishimiye.

Néanmoins, le président de la Chambre Fédérale du Commerce et de l’Industrie du Burundi fait savoir que la question des infrastructures érigées aux postes-frontières pose problème. Selon Ndayizeye, seuls deux postes-frontières sont dotées d’infrastructures modernes. Il s’agit de Kobero à Muyinga et Mugina en province de Makamba. « D’autres postes-frontières comme Gisuru, kayogoro… ne sont pas bien aménagés ». Pour lui, ils devraient être améliorés pour permettre la fluidité des marchandises. Le président de la CFCIB souhaite qu’il y ait beaucoup de postes-frontières à arrêt unique sur tous les axes qui lient le Burundi et la Tanzanie.

Des leçons tanzaniennes en ce qui est du secteur minier ?

Depuis 2017, l’ex-Président Tanzanien feu John Pombe Magufuli s’est engagé dans une vaste restructuration du secteur minier national dans l’objectif d’en faire bénéficier au maximum l’Etat tanzanien et ses populations. Il s’en est suivi de nombreuses mesures, notamment l’examen à la loupe du contenu des contrats miniers signés avec les investisseurs internationaux et l’annulation des licences minières inactives au profit des mineurs artisanaux.  Il faut noter que dans ce domaine, le Président Evariste Ndayishimiye s’inspire de feu Président Magufuli. Depuis au moins trois mois, le Burundi a déjà suspendu les activités des sociétés minières dont RainBow Mining Burundi (RMB) qui exploitaient les terres rares de Gakara, Tanganyika Mining Burundi qui exploitait l’or dans la province de Cibitoke et Ntega Mining Burundi qui exploitait le coltan et la cassitérite dans commune de Ntega en Province de Kirundo.

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