Les Banques centrales des Etats membres de la Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE) ont enregistré des avancées dans la mise en œuvre de la feuille de route de l’Union Monétaire Est-Africaine (UMEA). Toutefois, les progrès restent inégaux entre les Etats membres. Ce qui pourrait compliquer la concrétisation de l’établissement d’une monnaie unique prévu en 2031.
Les Banques centrales des Etats membres de la CAE poursuivent la mise en œuvre de la feuille de route de l’Union Monétaire Est-Africaine en vue de l’introduction d’une monnaie unique d’ici à 2031.
Les avancées enregistrées dans le processus d’établissement d’une monnaie unique au sein de la Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE) ressortent du communiqué publié à l’issue de la 29ème réunion ordinaire du Comité des Affaires Monétaires (CAM) tenue le 24 juillet 2026 à Kampala en Ouganda.
Selon ce communiqué, la réunion a examiné les progrès réalisés dans la mise en œuvre de la feuille de route révisée en vue de l’Union Monétaire Est-Africaine (UMEA) et de l’introduction d’une monnaie unique de la CAE d’ici à 2031.
« Le Comité a noté que les Banques centrales des Etats membres de la CAE ont progressé dans la mise en œuvre de la feuille de route de l’UMEA », indique le communiqué.
Parmi les principales réalisations figurent la modernisation et l’harmonisation des cadres de politique monétaire, le renforcement de la coordination des politiques grâce au partage d’informations et à la recherche conjointe, la promotion du système de paiement est-africain afin de faciliter le commerce régional et l’intégration financière, le renforcement des capacités du personnel des Banques centrales ainsi que l’amélioration des dispositifs de collecte, d’analyse et de gestion des données liées aux risques.
Des progrès inégaux
Malgré ces avancées, les progrès demeurent inégaux entre les Etats membres. Le Comité relève qu’aucun Etat membre n’a encore satisfait à l’ensemble des quatre principaux critères de convergence (un taux d’inflation ne dépassant pas 8 %, un déficit budgétaire, dons inclus, inférieur à 3 % du PIB, une dette publique brute n’excédant pas 50 % du PIB en valeur actualisée nette et des réserves officielles de change couvrant au moins 4,5 mois d’importations de biens et services).
La réunion a notamment souligné la difficulté persistante de préserver la stabilité macroéconomique tout en finançant les investissements indispensables dans les infrastructures dans un contexte économique mondial marqué par une forte volatilité et les conséquences des conflits géopolitiques.
Le Comité a également insisté sur la nécessité pour les Banques centrales des Etats membres, de renforcer leur résilience, de diversifier leurs réserves internationales, notamment par l’acquisition d’or produit localement et par la mobilisation des transferts de fonds de la diaspora et de mieux coordonner leurs réponses en matière de politique économique.
Les participants ont, par ailleurs, convenu d’accélérer la mise en œuvre de la feuille de route de l’UMEA à travers la mise en place d’un mécanisme d’examen par les pairs destiné à renforcer la surveillance macroéconomique régionale. Ils ont également appelé à l’élaboration des cadres opérationnels nécessaires à la mise en œuvre de la stratégie quinquennale de développement de la CAE pour la période 2026/27-2030/31.
Lors de sa 28ème réunion, le Comité des Affaires Monétaires avait approuvé le plan directeur du système de paiements transfrontaliers de la CAE. Ce document constitue un cadre stratégique visant à moderniser et à intégrer les systèmes de paiement au sein de la région.
Il ambitionne de répondre aux principaux obstacles qui entravent les paiements régionaux, entre autres les coûts élevés des transactions, les longs délais de règlement, le manque d’interopérabilité et la fragmentation des infrastructures de paiement.
L’objectif est de favoriser des paiements transfrontaliers plus fluides, de renforcer l’inclusion financière, de stimuler l’innovation et de développer le commerce intra régional.
Sa mise en œuvre a déjà permis des avancées comme l’élaboration des plans de travail annuels, la définition des priorités d’exécution et la mobilisation des ressources financières et techniques.
Le Comité estime que le secteur financier de la CAE demeure stable et résilient grâce à des niveaux satisfaisants de capitalisation et de liquidité. Il relève par contre que les risques liés à la cybersécurité continuent de représenter une menace importante pour la stabilité financière.
Un contexte mondial plus risqué
Selon le communiqué, la réunion s’est tenue dans un contexte de risques mondiaux croissants alimentés par la flambée des prix internationaux du pétrole et l’augmentation des coûts du transport maritime, en raison du conflit au Moyen-Orient.
Malgré la poursuite des investissements dans les technologies liées à l’intelligence artificielle, la croissance mondiale devrait ralentir pour s’établir à 3,0 % en 2026 contre 3,5 % en 2025. Dans le même temps, l’inflation mondiale devrait repartir à la hausse sous l’effet de l’augmentation des prix de l’énergie.
En dépit de cet environnement international défavorable, la croissance économique de la région de la CAE devrait demeurer robuste, avec une projection de 5,2 % en 2026, un niveau supérieur à la moyenne attendue pour l’Afrique subsaharienne (4,3 %).
L’inflation moyenne dans la région est retombée à 6,7 % au cours de l’exercice 2025/2026, contre 9,6 % un an plus tôt. Elle devrait rester modérée si les tensions au Moyen-Orient continuent à s’atténuer progressivement. Les monnaies des Etats membres devraient également conserver une stabilité relative soutenue par la diversification des entrées de devises et par les réformes engagées sur les marchés nationaux des changes.
La CAE est une organisation intergouvernementale régionale. Elle regroupe la République Démocratique du Congo (RDC), la République Fédérale de Somalie, la République du Burundi, la République du Kenya, la République du Rwanda, la République du Soudan du Sud, la République d’Ouganda et la République-Unie de Tanzanie.