« Mieux vaut prévenir que guérir », dit-on. Le cancer du sein révèle une mortalité de plus de 6 % des cas diagnostiqués. 50 % des cancers du sein se retrouvent dans les pays moins développés. Néanmoins, ce cancer peut être prévenu si le diagnostic est précoce
L’OMS estime à environ 2,1 millions le nombre de cas diagnostiqués, et à 627 000 le nombre de décès dus au cancer du sein, le classant comme le cancer le plus diagnostiqué (1 /4 des cas) et le plus meurtrier (mortalité de 15%). Selon les estimations de l’OMS, une femme sur huit souffre du cancer du sein ; d’où l’intérêt d’un dépistage des premiers signes. Et la majorité des cas détectés dans les pays en voie de développement sont des diagnostics de cancers à stades avancés. C’est ce qui ressort d’une journée de sensibilisation des femmes sur les risques du cancer du sein, organisée vendredi le 9 octobre 2020 par l’organisation locale des médecins « Jars for Love Community » (JLC) en partenariat avec « Actions for Women Rights » (AWOR). C’était dans le cadre de la campagne « Octobre Rose 2020 ».
Une bosse au sein est le symptôme le plus fréquent
Le diagnostic précoce, la mammographie (radio des seins) et l’autopalpation des seins, sont les moyens recommandés pour détecter le cancer du sein. L’autopalpation des seins est une technique qui consiste à tâter ses seins et à s’examiner soi-même à la recherche d’une masse ou d’un nodule au niveau des seins. Ce qui devrait pousser la personne à chercher les soins auprès d’un médecin et plus particulièrement d’un gynécologue.
Dr Christian Irakoze, président de la JLC : « Plus le cancer du sein est détecté tôt, plus les chances de guérison sont importantes ».
Dr Christian Irakoze, président de la JLC fait savoir que le cancer du sein est une maladie qui évolue à bas bruit car, au moment de s’en rendre compte, c’est déjà trop tard. Mais, précise-t-il, cette maladie peut guérir. « Une bosse au sein, qu’elle soit fixe ou mobile. Il s’agit du symptôme le plus fréquent du cancer du sein, pour les femmes et les hommes ».
Plus le cancer du sein est détecté tôt, plus les chances de guérison sont importantes. Les chances de survivre cinq ans en présence du cancer du sein sont estimées à 84 % s’il est pris en charge à temps. Selon lui, les gestes ou les techniques utilisés dans le diagnostic du cancer du sein sont très simples. « Ce qui est grave est que même les personnes instruites ne savent pas ces techniques. Et même ceux qui les connaissent les banalisent ne les pratiquent pas alors que cela joue un rôle très important ». Le traitement est d’autant plus lourd que le diagnostic est posé de façon tardive, à un stade avancé.
Ce n’est plus l’affaire des femmes seulement
Selon le docteur Christine Nina Niyonsavye, Directeur Général de la planification au ministère de la Santé Publique et de la Lutte contre le Sida, l’Agence Internationale de la Recherche sur le Cancer révèle une mortalité de 6,4% des cas diagnostiqués du cancer du sein. Cela pourrait diminuer grâce à une action de sensibilisation collective et de conscientisation massive des facteurs de risques et des personnes à risques, car tout le monde est sujet à risque d’attraper le cancer du sein. Ce n’est plus l’affaire des femmes seulement, même les hommes sont concernés. Ils présentent un risque minime, mais réel d’être atteint par ce fléau. En Tanzanie, de tous les cancers du sein diagnostiqués, 6% sont des hommes.
Les symptômes sont très divers même si ce n’est pas visible. Le signe le plus fréquent et le plus rapide est presqu’anodin. Cela se présente comme un petit grain ou une petite acné qui apparait au niveau du sein. Et après, cela va se manifester quand il sera trop tard et le sein va changer de forme, devenir comme une orange. Le mamelon se rétracte ou alors apparait quelque chose apparentée à un abcès. Malheureusement, cela peut aussi apparaître comme des signes qui font suite aux métastases « Il faut que les femmes développent cette habitude de s’autopalper le sein pour détecter d’éventuelles bosses ».
Les facteurs de risques sont notamment des facteurs héréditaires, le non allaitement, les facteurs liés à la reproduction, l’allaitement après 35 ans et les antécédents familiaux du cancer. « C’est une maladie souvent héréditaire. Dès qu’il y a une personne dans la famille qui a déjà eu un cancer du sein, c’est très important de faire dépister toutes les filles et même tous les garçons de la famille ».
Organisée sous le thème : «Une femme en bonne santé est une source du développement socio-économique du Burundi», cette journée a marqué le début d’une campagne annuelle de communication destinée à sensibiliser au dépistage du cancer du sein.