Le Programme Alimentaire Mondial (PAM) a, depuis 2013, initié le projet de cantines scolaires dans les provinces en état d’insécurité alimentaire. Pendant la semaine des Nations Unies, le PAM a fait une descente dans la province de Cibitoke pour s’enquérir des résultats de ce projet
Nous sommes à l’école fondamentale de Cuzwe en commune Rugombo, province Cibitoke. Cette école est une parmi des dizaines d’autres de cette localité, prises en charge par le PAM dans son programme de cantines scolaires endogènes. « Ce programme a commencé en mars 2013 dans la province de Cibitoke et plus précisément à l’école fondamentale de Cuzwe. La nourriture est octroyée par le Programme Alimentaire Mondial en partenariat avec l’Etat », fait savoir Silas Nsabimana, responsable de l’Ecofo Cuzwe. Le Pam leur donne tout le nécessaire pour la restauration des écoliers et élèves de cette école, entre autres la farine de maïs, le riz, le haricot ou le petit pois, l’huile et le sel. « Avec le Pam, nous sommes maintenant capables de nourrir 415 élèves de cet établissement », fait savoir M. Nsabimana.
A peu près 600.000 écoliers bénéficient du programme de cantines scolaires endogènes dans 700 écoles. L’objectif d’ici 2020 est d’améliorer la couverture jusqu’à 700.000 élèves.
Chaque élève a droit à 150g de riz ou de farine de maïs par jour, 40g de haricot ou petit pois, 10g d’huile. Pendant 20 ou 21 jours ouvrables, l’école utilise 4.200 kg de vivres par mois. « A part la nourriture, le Pam nous a construit une maison servant de cuisine car, au début de ce programme, on préparait la nourriture dans une maison de fortune », témoigne-t-il.
Moins d’abandons et plus de réussite grâce aux cantines scolaires
Depuis que l’Ecofo Cuzwe reçoit l’aide du Pam, Nsabimana affirme qu’il y a eu une nette amélioration au niveau de l’apprentissage et de la ponctualité des élèves. En guise d’exemple, il n’y avait pas encore d’écoliers Batwa à cette école parce qu’il n’y avait pas assez de nourriture chez eux. « Maintenant, nous avons plus d’une cinquantaine de Batwa qui fréquentent l’école comme les autres enfants », se réjouit ce responsable avant d’ajouter que l’abandon scolaire a été réduit considérablement, passant d’une cinquantaine à un seul abandon l’année dernière. Le programme a aussi permis d’augmenter le taux de réussite. « Maintenant nous sommes entre 75% et 78% alors qu’avant ce programme de cantines scolaires on n’atteignait à peine 60% de taux de réussite », indique M. Nsabimana.
Une bouffée d’oxygène pour les parents des élèves
Même les parents acclament le programme de cantines scolaires endogènes. Pascal Nzeyimana, un des parents rencontrés à cette école témoigne : « Quand nos enfants quittent l’école, ils ne demandent plus de quoi manger. Ce qui nous permet de vaquer à nos activités champêtres sans inquiétude ». Les parents contribuent aussi à la réussite de ce programme. Ils viennent à tour de rôle pour la préparation de la nourriture à raison de huit parents par jour. Aussi, ils apportent des céréales pour préparer une bonne sauce pour les enfants. Ceux-ci apprennent mieux et sont en bonne santé. Ils remercient le Pam d’avoir pensé aux enfants des milieux défavorisés et demandent que ce programme ne s’arrête pas car, avec la situation alimentaire précaire dans les ménages, les enfants quitteraient massivement le banc de l’école.
Une coopérative de la localité en bénéficie
La coopérative « Abajamugambi » est l’une des bénéficiaires du programme « Purchase for Progress » ou soutien à la commercialisation agricole locale initié par le Pam. Pierre Burama, président de cette coopérative fait savoir que depuis 2013, leur production est entièrement achetée par le Pam. « Cette année, c’est 450 tonnes de riz que nous devons livrer à cette organisation humanitaire », indique-t-il.
Les membres de cette coopérative affirment que grâce aux revenus générés par l’achat de leurs produits par le Pam, ils ont pu acheter des propriétés foncières ainsi que des parcelles pour se construire des maisons. « Le Pam nous achète le riz à 1500 FBu par kilo alors que sur le marché, le même kilo se vend à 1300 FBu ou légèrement moins. Aussi, nos revenus sont régulièrement versés », témoigne Fadia Hakizimana, une des dames membres de coopérative.
Acheter localement pour alimenter les cantines scolaires, une priorité pour le Pam
Selon Serigne Mbacke Loum, chargé du service Nutrition au sein du Pam-Burundi, le Pam travaille en étroite collaboration avec les coopératives pour renforcer leurs capacités dans deux domaines à savoir l’augmentation de leur productivité, mais aussi augmenter leurs revenus. « Nous les aidons à avoir accès à des marchés pour écouler leur surplus et nous l’achetons pour alimenter les cantines scolaires endogènes » précise-t-il. Le Pam travaille avec un certain nombre de coopératives qui ont un potentiel, mais qui n’ont pas les formations nécessaires pour accéder aux marchés institutionnels, mais également pour améliorer la qualité de leurs produits parce que le Pam a des critères stricts. Pour bénéficier de ce marché-là, il a fallu aider ces coopératives à augmenter leur standard en améliorant les conditions de production et de conservation.
Pour ce qui est des cantines scolaires, Loum fait savoir qu’à peu près 600.000 écoliers bénéficient de ce programme dans 700 écoles. L’objectif d’ici 2020 est d’améliorer la couverture jusqu’à 700.000 élèves. Ce qui va donner le ratio de 1 élève sur 3 qui devrait bénéficier de l’assistance du Pam. Actuellement, 7 provinces sur les 18 que compte le pays sont couvertes par le programme de cantines scolaires endogènes, mais le Pam compte élargir ses interventions sur d’autres provinces, particulièrement celles qui accueillent les rapatriés.