Le Deuxième Vice-Président de la République du Burundi, Dr Joseph Butore a visité ce mardi 13 novembre 2018 les centres d’appui aux enseignements des métiers. C’était dans le but d’évaluer l’état des lieux de la formation professionnelle. Il appelle d’ailleurs les responsables des centres d’enseignement des métiers à mettre à profit les équipements à leur disposition pour s’auto-financer
La visite a débuté vers 7h 30 du matin à l’Ecole Technique Secondaire de Kamenge (ETS-Kamenge) où le Deuxième Vice-Président de la République du Burundi, Dr Joseph Butore a parcouru les différents ateliers de cette école. Les enseignants-formateurs ont eu l’occasion de faire des démonstrations sur le fonctionnement des machines. Malgré la vétusté des équipements (la plupart datent des années 1950), les techniciens s’en sortent plutôt bien. Ils parviennent à réaliser des œuvres en menuiserie, en soudure, en réparation des véhicules, en fabrication des pièces de rechange, etc. Les techniciens dans le secteur des télécommunications ont fait une présentation sur un prototype de feux tricolores qui fonctionnent sur base des automates. Les apprenants de la section informatique de télécoms ont la possibilité d’apprendre la programmation des lignes automatiques, la propagation des ondes électromagnétiques dans le vide etc. Il n’y a pas de problèmes majeurs à signaler sauf qu’il s’observe un manque de personnel qualifié pour la manipulation de certains équipements notamment dans le domaine de télécommunications.
Dr Joseph Butore, Deuxième Vice-Président de la République du Burundi : «On ne peut pas parler de métiers sans formateurs compétents, ni équipements adéquats»
Dr Butore a poursuivi sa visite au Centre de Formation Professionnelle (CFP) de Kigobe. Il a visité les ateliers mécaniques, la salle qui sert à l’apprentissage des techniques culinaires, etc. Le centre est bien équipé, mais certains équipements ne sont pas utilisés efficacement. A titre illustratif, le CFP-Kigobe a des équipements flambant neufs, mais certaines fonctionnalités échappent aux formateurs. C’est notamment l’appareil utilisé pour tester les phares d’une voiture. Les techniciens regrettent qu’ils ne disposent pas de capacités techniques pour manipuler cet engin. A ce sujet, Dr Butore a demandé au ministère en charge de l’éduction de prévoir des bourses à l’étranger pour le perfectionnement des enseignants.
Un potentiel inexploité
Dr Butore a visité également le centre d’incubation des petites entreprises de Buyenzi. Ce centre a été érigé pour aider les jeunes entrepreneurs à démarrer leurs business. Les formateurs dispensent des modules allant de la transformation agroalimentaire à la production industrielle en passant par l’artisanat (la couture). Le centre dispose des équipements avec lesquels les jeunes en incubation apprennent la fabrication des clous, des papiers de toilette et autres serviettes, des emballages papiers, etc. Au niveau de ce centre, il y a une machine qui produit des concentrés de tomates mais qui n’a jamais fonctionné car les techniciens indiens qui l’ont installée sont partis avant qu’ils ne forment les instructeurs sur l’utilisation de cet engin. Le Deuxième Vice-Président de la République a clôturé sa visite par la Régie des Productions Pédagogiques (RPP). Les techniciens lui ont expliqué les étapes de l’impression offset de la prépresse jusqu’à la finition
Pourquoi cette visite ?
L’objectif de la visite était de s’enquérir de l’état des équipements utilisés dans l’enseignement des métiers auprès des écoles techniques et de différents centres des métiers en Mairie de Bujumbura. C’était l’occasion de répertorier le parc d’équipements utilisés, de découvrir leur mode de fonctionnement et de vérifier si réellement ces équipements aident à convertir la jeunesse d’aujourd’hui en de véritables acteurs de développement, a indiqué Dr Joseph Butore, Deuxième Vice-Président de la République du Burundi. Pour lui, On ne peut pas parler de métiers sans formateurs compétents, ni équipements adéquats.
L’enseignement des métiers est l’un des grands piliers du développement du pays et de la société. Ces dernières années, le gouvernement et ses partenaires n’ont pas hésité à mettre le secteur des métiers parmi les priorités menant vers le développement durable. Le Plan National de Développement 2018-2027 et le plan d’actions prioritaires pour la période 2018-2027 en sont l’exemple. Cela prouve à suffisance qu’Ainsi au-delà d’une conviction, le gouvernement est déterminé plus que jamais à opérationnaliser le secteur des métiers par le truchement de l’enseignement des métiers dans les écoles, renchérit Dr Butore.
Les principaux constats et enseignements
A l’issue de sa visite, Dr Butore range les principaux constats en quatre catégories. « Nous avons vu des ateliers où tout marche bien. Ils disposent de machines neuves ou vielles mais qui sont encore fonctionnelles. Les techniciens s’y connaissent et transmettent à l’aise les connaissances pratiques aux apprenants », se réjouit-il. Par contre, certains centres disposent des machines hors d’usage. Cela pour deux principales raisons à savoir : le manque de personnel qualifié pour les manipuler et des pièces de rechange ou parties manquantes pour faire tourner les engins, déplore-t-il.
La troisième catégorie regroupe les centres de métiers qui ont des machines bien installées et en bon état avec des instructeurs compétents mais malheureusement qui ne sont pas en train d’être utilisés parce que les cours théoriques ont été modifiés. Et enfin, « nous avons constaté que dans certains endroits il y a carence des machines qui devraient appuyer la formation technique et professionnelle », regrette Dr Butore.
La valorisation des équipements, plus que nécessaire
Le Deuxième Vice-Président de la République lance un appel vibrant aux usagers des machines pour qu’ils veillent à la maintenance des équipements, car ces derniers coûtent énormément chères. Et quand le contexte le permet, il suggère aux gestionnaires des CEM de valoriser les équipements à travers des partenariats dynamiques actifs avec les professionnels du secteur. A travers cette voie, une machine qui tournait deux heures par semaine peut être utilisé tous les jours et ainsi générer des revenus des recettes. Cela aurait un impact positif sur l’économie car nombreux sont les petites entreprises ou les particuliers qui ont les connaissances qu’il faut, mais qui n’ont pas des machines performantes. Pourtant, il existe des écoles techniques à proximité qui ont des machines sous-exploitées, déplore Dr Butore.
Il a félicité et encouragé les écoles où les choses marchent bien. « Le gouvernement fera d’autres efforts pour soutenir davantage le secteur de l’enseignement des métiers », a-t-il conclu. Les cadres du ministre de l’éduction dont la ministre Dr Janvière Ndirahisha et les autorités administratives dans la municipalité de Bujumbura avaient accompagné le Deuxième Vice-Président de la République lors de sa visite marathon qui a duré plus de 2 heures.
Benjamin Kuriyo