La culture constitue une barrière à l’autonomisation de la femme burundaise. Chanice Obelle Mirukiro a brisé le tabou. Elle entreprend dans l’apiculture et entend aller plus loin. Pour parvenir à se lancer, elle aura essuyé les critiques de son entourage et laisser derrière elle les conseils décourageants.
Chanice Obella Mirukiro, fondatrice et DG de l’entreprise CSTL: « C’était ma passion depuis mon enfance d’élever les abeilles et cela correspond à mon cursus de formation ».
Au Burundi, la femme n’a pas les mêmes chances que l’homme dans le domaine de l’entrepreneuriat. Pour atteindre son autonomisation, la gent féminine doit faire face aux contraintes culturelles. C’est le cas pour Chanice Obelle Mirukiro. Diplôme de master en poche, la jeune fille a décidé de se lancer dans le métier d’apiculteur et a créé une entreprise dénommée Chan Sovitech Limited (CSTL). « C’était ma passion depuis mon enfance d’élever les abeilles et cela correspond à mon cursus de formation », explique-t-elle sourire aux lèvres. Mirukiro est détentrice d’un diplôme de master en science et technologie des aliments et affirme que le savoir acquis au banc de l’école lui est utile dans ses activités. En 2019, elle a lancé son entreprise avec l’objectif de produire, de transformer et de vendre son miel. A deux ans de son existence, elle a déjà commencé à mettre ses produits sur le marché.
Faisant face à l’insuffisance de la production au début, Mirukiro a dû mobiliser d’autres groupes d’apiculteurs pour lancer son business le plus vite possible. En misant sur le travail en synergie, les producteurs du miel avaient l’objectif de se faciliter certaines tâches dont la recherche des marchés d’écoulement. Tout de même, cette stratégie permet à Obella Mirukiro de satisfaire la demande dans le cas où le client sollicite une grande quantité. « Le marché est aujourd’hui vaste et les entreprises qui ont besoin du miel et de ses dérivés se multiplient », explique Mirukiro qui insiste sur le besoin d’augmenter la production du miel. Actuellement, la jeune entreprise de Mirukiro emploie 4 personnes dans le service commercial. Elle indique également posséder des ruches à l’intérieur du pays pour produire le miel en grande quantité.
Braver la peur pour atteindre ses objectifs
La jeune entrepreneure Chanice Obella Mirukiro a dû faire face à de nombreuses barrières avant de lancer son entreprise. Encore enfant, Mirukiro a été passionnée par le métier de son père. Celui-ci était apiculteur. Malheureusement, Mirukiro ne sera pas encouragée par son père dans son ambition de devenir apicultrice. Il refusait toujours de lui expliquer tout ce qui concerne ce métier, arguant qu’il ne s’agit pas d’un métier pour filles.
Alors qu’elle s’est lancée dans l’élevage des abeilles à la fin de ses études universitaires, elle a continué à se heurter à certains obstacles culturels. « Beaucoup de gens ne me comprenaient pas. Ils me disaient que j’échouerai ou que je ne produire jamais le miel et que je risque d’être un ‘’porte-malheur’’ pour ce métier, car il ne s’agit pas d’un métier pour femmes », raconte-t-elle. Pour d’autres, le métier d’apiculteur est assez banal, car il ne peut pas être exercé par une personne disposant d’un diplôme aussi élevé.
Cependant, la jeune entrepreneure ne compte pas lâcher prise. Interrogée sur ses objectifs, Mirukiro a été on ne peut plus brève. Pour cette jeune entrepreneure, il faut être patient, y aller étape par étape. Elle indique que son entreprise est encore jeune, mais qu’elle a confiance dans son avenir qu’il espère radieux.