Le Centre d’Education Spécialisée pour Déficients Auditifs Notre Dame de la Persévérance (CESDA/NDP) lance un appel à l’aide. Il a urgemment besoin de soutien, notamment pour la réhabilitation des bâtiments, la relance des formations professionnelles, l’équipement en matériel adapté, sans oublier la réparation de l’audiomètre, une urgence prioritaire.
La priorité du CESDA/NDP reste la réparation urgente de l’audiomètre, indispensable au diagnostic auditif des enfants.
Selon Augustine Bucumi, directrice du CESDA/NDP, le centre a déjà atteint sa capacité maximale pour l’année scolaire 2025-2026. Elle confie qu’environ 65 enfants sourds étaient sur la liste d’attente au cours de l’année scolaire 2024-2025, faute de places disponibles.
Le centre accueille en internat 220 enfants déficients auditifs, parmi lesquels 2 sont issus de la communauté Batwa et 6 des camps de réfugiés congolais. « Actuellement, notre préoccupation principale est la réparation de l’audiomètre, tombé en panne. Nous ne pouvons plus évaluer le degré de surdité des enfants », déplore Mme Bucumi.
A cela s’ajoutent d’autres défis majeurs comme l’insuffisance alimentaire, le manque d’enseignants spécialisés, l’inactivité des filières professionnelles, l’absence de matériel scolaire adapté, et la difficulté de traduire les contenus pédagogiques (images) en langue des signes.
Un renforcement indispensable après les cours
A partir de la 4ème année, les enfants sont envoyés dans les écoles inclusives. Mais, selon la directrice, ils nécessitent un appui pédagogique complémentaire après les heures de cours afin de rester au même niveau que leurs camarades entendant.
« Les enseignants font des efforts considérables pour se faire comprendre avec une attention particulière sur chaque enfant, mais enseigner des enfants sourds demande une attention et des méthodes particulières », explique-t-elle.
Des projets en attente de financement
Le centre souhaite relancer les filières de formation professionnelle, notamment la menuiserie, la savonnerie, la boulangerie et la céramique. « Seule la savonnerie fonctionne encore, mais de façon très limitée et insatisfaisante », regrette Mme Bucumi, soulignant également l’urgence de construire une clôture de sécurité.
Parmi les autres projets envisagés figurent la poursuite de la réhabilitation et de l’agrandissement des bâtiments, l’achat des machines adaptées aux enfants sourds, la formation continue des enseignants, la construction d’une école inclusive adaptée à tous les types d’handicaps, la construction des logements pour le personnel, la construction des terrains de jeux adaptés et d’une chapelle ainsi que l’amélioration de la production agricole pour garantir une alimentation équilibrée aux enfants et assurer un meilleur autofinancement du centre.
Mme Bucumi rappelle que la mission du CESDA/NDP est la réhabilitation et la rééducation fonctionnelle de l’audition, de la parole et de la communication totale, tout en assurant le développement intellectuel par l’instruction, la formation professionnelle, la scolarisation et la réinsertion sociale. Une mission exigeante, qui, selon elle, ne peut réussir qu’avec le soutien de tous, d’autant plus que le minerval reste fixé à seulement 35 000 FBu par trimestre.
Créé le 1er février 1982, le CESDA/NDP est un établissement médico-socio-pédagogique à régime d’internat. Dans six ans, il fêtera son jubilé d’or (50 ans d’existence). Avec les réformes du système éducatif burundais, il a été intégré au système de l’école fondamentale.