Bujumbura est dans son train-train. Rien d’anormal. Pourtant aux USA, aux îles Seychelles, à Rio de Janeiro(Brésil), des étoiles burundaises brillent. Francine Niyonsaba (médaille d’or), Antoine Gakeme (argent) et Diane Niyukuri (bronze) soulèvent les foules au championnat du monde d’athlétisme à Portland quand Sada Nahimana frappe fort aux îles Seychelles pour enfin devenir, pour la troisième fois consécutive, championne d’Afrique de tennis dans la catégorie des moins de 16 ans. Presqu’au même moment, le Burundi fait la différence aux Jeux Olympiques des enfants de la rue au Brésil : trois médailles d’or, deux de bronze et une en argent.
C’était l’actu du weekend dernier. Les Burundais n’ont pas manqué de manifester leur joie. Sur les réseaux sociaux, les images de nos stars circulaient à la vitesse de l’éclair. Les prouesses qui forcent le respect de nos athlètes, le moment de leurs performances, la réaction du public ne peuvent s’interpréter qu’avec un seul message, au plus deux : le Burundi traverse des moments durs sur le plan politico-sécuritaire et économique, mais il a mille et une raisons de garder espoir. Francine et son équipe l’ont démontré. Malgré la radicalisation politique qui gagne de plus en plus le terrain, les Burundais semblent n’avoir pas perdu grand-chose de leur patriotisme. Les exploits du weekend dernier ont encore une fois prouvé que les Burundais peuvent oublier ce qui les divise pour se concentrer sur ce qui fonde leur unité.
Un détail, pas très agréable : certains de ces athlètes n’ont pas manqué de mentionner qu’ils ont participé sur leurs propres moyens à ces compétitions. Difficile à croire vu les messages de félicitation qui viennent depresque de toutes les hautes institutions de l’Etat.