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Cibitoke-Rugombo : GASOME, une unité de transformation qui se recherche

La politique nationale encourage depuis un certain temps la création des unités de transformation agro-alimentaire. Cependant, des difficultés liées à l’insuffisance de matière première et au manque de financement ralentissent les progrès de l’unité de transformation du jus de banane « GASOME » tenue par les coopératives DOGODOGO et CODCO   

L’entreprise GASOME se trouve à plus ou moins deux km du chef-lieu de la province de Cibitoke. Retirée à l’intérieur du quartier, l’entreprise GASOME ne se fait remarquer que par une petite pancarte dressée sur les abords de la RN5. Rien d’anormal. Pas de bruits ni d’odeurs. L’entreprise naissante se développe en silence à l’intérieur d’une clôture en briques cuites construite de manière très rudimentaire. Un portail en tôles ondulées permet d’empêcher l’accès des étrangers à ce lieu où est transformé le jus de bananes. Sur un mur non encore couvert de ciment, un écriteau indique l’adresse de l’entreprise. Dans cet après-midi, personne n’est visible sur les lieux. Le portail est fermé.

En outre, les travaux se poursuivent à l’intérieur. Après quelques minutes d’attente, un des employés de l’entreprise vient ouvrir le portail. A l’intérieur de la clôture, rien ne fait la différence entre l’usine et une simple maison d’habitation.

A l’intérieur de la maison, seule une petite table sert d’écritoire et quelques cartons sont encore rangés dans une pièce donnant directement à l’entrée. Dans un coin, on peut voir une bonbonne adossée contre le mur et une machine servant à la fabrication du jus. Pour Elimereck Ndihokubwayo, notre interlocuteur, cette machine aide à chauffer le jus avant la mise en bouteille. Ce jour-là, on n’avait pas procédé à la fabrication du jus. Deux jeunes garçons dont un chargé du marketing étaient occupés à amener au marché des cartons de jus qui étaient déjà prêts.

Alors qu’ils affirment être décidés à développer leur business et à diversifier leurs produits, les associés de cette entreprise font toujours face à certains défis.

Une production multipliée par dix en 2 ans

L’entreprise GASOME connait un manque criant en termes de matériels techniques. En outre, il suffit de connaître origines pour comprendre ses avancées actuelles. Selon Elmereck Ndihokubwayo, cette unité de transformation n’est vieille que de 2 ans. Cependant, elle est parvenue à augmenter fortement la production, passant de 10 cartons, soit 250 bouteilles par semaine au début à 100 cartons, soit 2500 bouteilles par semaine aujourd’hui. Cette unité de transformation agro-alimentaire créée par des personnes groupées dans une coopérative semble avoir avancé dans le temps malgré les défis auxquels elle fait face. Aujourd’hui, cette usine en gestation parvient à écouler tous ses produits. Après s’être offert un espace au marché de Cibitoke, elle a déjà commencé à élargir son marché à la ville de Bujumbura. Mais, Ndihokubwayo reconnait qu’ils cherchent encore à élargir davantage le marché d’écoulement.

Alors que l’entreprise a été lancée à ses débuts par trois personnes seulement qui se faisaient aider par des travailleurs journaliers, l’équipe est aujourd’hui composée de 26 personnes au total, soit 20 associés et 6 salariés. Parmi eux figurent trois femmes dont l’une est chargée de la gestion des avoirs de l’entreprise.

Des défis sont encore nombreux

Alors qu’ils affirment être décidés à développer leur business et à diversifier leurs produits, les associés de cette entreprise font toujours face à certains défis. La province de Cibitoke a la réputation d’être une des provinces du Burundi où la production de la banane est bonne. « Les fruits sont abondants en province de Cibitoke, mais tous les autres fruits connaissent des périodes de pénurie sauf les bananes », a-t-il confié. Malheureusement, cela n’empêche pas que l’unité de transformation ait des difficultés liées à l’approvisionnement de temps en temps. Interrogé sur les retombées des périodes de pénurie des bananes, Ndihokubwayo affirme que leur entreprise est obligée d’assumer la volatilité des prix de bananes sur le marché. Cependant, le prix d’une bouteille de jus de banane ne change pas. Ce qui constitue un défi majeur pour cette unité de fabrication.

D’autres difficultés sont liées au manque d’emballages. Alors qu’ils doivent utiliser des bouteilles en verre à usage unique, les rassembler n’est pas chose facile. « La question liée au manque d’emballages est réelle. Nous les obtenons difficilement et les prix varient alors que celles importées coûtent cher », a-t-il expliqué.

Alors qu’il affirme que l’objectif de la création de cette entreprise est de générer des profits et d’offrir aux jeunes de l’emploi, Ndihokubwayo souligne que le défi majeur consiste au manque de machines modernes et de moyens adaptés pour augmenter la production et élargir le marché partout dans le pays. 

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