Au port sec de Kwala, le gouvernement tanzanien a octroyé des terrains aux pays enclavés qui utilisent le port de Dar es-Salaam, notamment les Etats membres du Corridor Central. Le Burundi, qui fait partie de ces pays, s’est vu attribuer une parcelle de dix hectares afin de faciliter l’acheminement des marchandises en provenance du port de Dar es-Salaam vers l’intérieur du pays. La construction de la clôture délimitant l’espace concédé au Burundi est en cours d’achèvement.
Ir Egide Nijimbere, secrétaire permanent au ministère des Infrastructures, des Logements sociaux, des Transports et de l’Equipement : « Le port sec de Kwala permettra de réduire les distances et les coûts tout en facilitant l’approvisionnement tout au long du Corridor central ».
Ir. Egide Nijimbere, secrétaire permanent au ministère des Infrastructures, des Logements sociaux, des Transports et de l’Equipement, se réjouit de l’état d’avancement global de la construction du port sec de Kwala, un projet initié pour désengorger le port de Dar-es-Salaam par lequel transitent plus de 90 % des importations burundaises.
Selon lui, la première opportunité a été l’obtention du terrain, une étape majeure dans la facilitation du transport et du commerce entre le Burundi et la Tanzanie. Il remercie ainsi le gouvernement tanzanien d’avoir octroyé à la République du Burundi une parcelle de 10 hectares à Kwala pour y ériger ce port sec
Un terrain sécurisé
Ir. Nijimbere indique qu’après l’obtention du terrain, une phase de sécurisation administrative a été nécessaire, notamment par la recherche des documents officiels régissant son attribution.
« Cela a été fait. Nous avons obtenu les documents qui permettent au gouvernement d’être officiellement propriétaire du terrain », précise-t-il.
Ir.Nijimbere poursuit en expliquant que la sécurisation physique a suivi, par la construction d’une clôture entourant l’ensemble du site.
« La construction de la clôture est terminée. Nous attendons maintenant sa réception officielle provisoire », affirme-t-il.
Ir. Nijimbere annonce également affirme également que le calendrier des prochaines étapes, notamment l’installation des infrastructures logistiques et douanières ainsi que d’autres constructions à ériger sur le site dépendra de la livraison des études détaillées. Il rassure qu’on a déjà commandité une étude de faisabilité qui englobera toutes les composantes prévues pour ce terrain.
« Une étude de faisabilité a déjà été commanditée. Elle prendra en compte toutes les composantes prévues pour ce terrain. Le consultant est actuellement à l’œuvre. C’est sur base de son rapport que les étapes suivantes seront définies », explique-t-il.
Pour Ir.Nijimbere, le Burundi s’est investi dans la valorisation de ce terrain à hauteur de plus d’un milliard de FBu. La construction de la clôture de sécurisation de ce terrain est presque achevée.
Et d’ajouter : « Le financement de l’étude de faisabilité est également pris en charge par le gouvernement. Celui-ci s’est déjà engagé dans l’aménagement du site afin de contribuer à la mise en place de la logistique nécessaire pour passer à son exploitation effective ».
Ce projet bénéficie de l’appui de l’Agence de Facilitation du Transport de Transit du Corridor Central (AFTTCC) qui assure la coordination des études de faisabilité, de la conception technique, de l’exécution et du suivi de ce chantier.
Une avancée dans le désenclavement du pays
Le secrétaire permanent au ministère des Infrastructures, des Logements Sociaux, des Transports et de l’Equipement, reconnait que la majorité des importations du Burundi transitent actuellement par le port de Dar-es-Salaam.
« La quantité des importations burundaises stockées au port de Dar-es-Salaam est estimée entre 40 000 et 45 000 tonnes par mois », indique-t-il, déplorant que les frais d’entreposage représentent un coût important pour les commerçants burundais.
Il affirme que le port sec de Kwala permettra de réduire les distances et les coûts tout en facilitant l’approvisionnement tout au long du Corridor central.
« Les commerçants qui font transiter actuellement leurs marchandises au port de Dar-es-Salaam sont soumis à la tarification tanzanienne. Or, une fois que le port sec de Kwala sera opérationnel, ils seront soumis à la tarification burundaise », explique Ir. Nijimbere avant de dévoiler que les recettes issues de ces opérations seront partagées entre la Tanzanie et le Burundi, contribuant ainsi au développement économique du pays.
La construction de la clôture du port sec de Kwala est désormais achevée. Ce qui assure la sécurisation du site.
Par ailleurs, il souligne que ce projet permettra également une réduction significative des distances à parcourir. La distance entre Dar-es-Salaam et Kwala étant d’environ 80 km, cela représente un gain de 160 km aller-retour. Ce qui se traduira par des économies en carburant et un gain de temps.
« Cela évitera aussi les embouteillages fréquents à Dar-es-Salaam qui ralentissent les livraisons. A terme, cela améliorera l’approvisionnement du pays en produits importés », insiste-t-il.
La gestion à distance présente de nombreux défis. Néanmoins, le Secrétaire Permanent remercie l’Agence de Facilitation du Transport de Transit du Corridor Central, véritable œil du gouvernement burundais, pour son suivi régulier. En tant que maître d’ouvrage délégué du Burundi, le Corridor Central a coordonné les études et supervisé les travaux, assurant un suivi technique rigoureux sur le chantier, notamment dans un contexte où le site de construction est éloigné du pays.
« Le Corridor Central a joué un rôle clé dans la coordination malgré l’éloignement du site. Son appui a été précieux », souligne Ir. Nijimbere.
Il invite cette organisation non seulement à poursuivre ses efforts dans la facilitation du transport régional, mais aussi à contribuer davantage, tant sur le plan technique que financier, à la suite du projet.
Selon lui, ce n’est pas la première fois que le Corridor Central s’engage pour améliorer les infrastructures de transport dans la région. Il rappelle que lors des travaux de construction de la clôture, plusieurs défis ont été rencontrés, liés notamment à la morphologie du terrain qui a engendré des zones inondables, nécessitant des interventions et des coûts supplémentaires.
« La coordination à distance n’est pas simple. Elle complique le suivi régulier et réactif des travaux », explique-t-il.
Ir. Nijimbere appelle donc le Corridor Central à continuer à mobiliser des financements, y compris pour les charges imprévues. Il estime également qu’il est nécessaire que les Etats ayant bénéficié de terrains adjacents à celui du Burundi au port sec de Kwala construisent simultanément afin de mettre en place un système de drainage commun et d’éviter les inondations sur l’ensemble du site.
L’achèvement de la construction de la clôture de sécurisation du terrain burundais au port sec de Kwala en Tanzanie constitue une étape majeure. C’est une excellente nouvelle pour les opérateurs économiques, car une fois la construction de ce port sec terminée, le commerce sera facilité, la vie du consommateur final sera améliorée et la croissance économique du Burundi sera stimulée.
Le lancement des travaux de construction de la clôture et des infrastructures portuaires du port sec de Kwala a eu lieu le 12 juillet 2024.