Des cartes d’assurance maladie (CAM) ont été offertes par l’association Villages d’Economie Durable à 100 ménages les plus vulnérables de la commune Kabezi province Bujumbura. Les bénéficiaires s’en réjouissent. Malgré cette initiative et les avantages que présente la CAM, son taux de pénétration reste bas
Vendredi le 7 février 2020, l’association «Villages d’Economie Durable» a octroyé 100 cartes d’assurance maladie aux ménages les plus vulnérables de la commune Kabezi de la province Bujumbura. Sigismond Ndikumana, représentant de cette association indique que c’est dans l’optique de leur permettre de se faire soigner, car ce sont des familles qui ont des moyens financiers limités. Selon lui, on ne peut pas travailler quand on n’est pas en bonne santé.
Comment l’utilise-t-on ?
Le titulaire du centre de santé de Kabezi a fait savoir que la CAM coûte 3000 FBu. Elle a une validité d’une année. Il indique qu’elle est d’une importance capitale pour la population. Sa valeur dépasse de loin son coût. On ne l’utilise en désordre. D’abord, pour se faire soigner, on commence par se diriger au Centre de santé le plus proche. En cas de nécessité, les responsables du CDS peuvent vous accorder la permission d’aller se faire soigner à l’hôpital de district ou dans les hôpitaux de Bujumbura- mairie. Les avantages sont incommensurables. Pour un patient qui dépasse 14 ans, il paie 500 FBu et bénéficie de tous les soins disponibles au CDS. Celui qui est âgé de 5 ans jusqu’à 14 ans il paie 800 FBu.
La CAM coûte 3000 FBu. Elle a une validité d’une année
Pour être hospitalisé à l’hôpital de district, on paie 12 000 FBu et on bénéficie de tous les soins disponibles à cet hôpital. Actuellement, ce responsable dit qu’il n’y a pas de patients emprisonnés dans les hôpitaux du fait qu’ils ont échoué à payer les factures des soins de santé. Il invite donc la population à prendre soin de ces cartes disponibles car c’est une aubaine à leur endroit.
Les bénéficiaires ravis
Les bénéficiaires éprouvent un sentiment de satisfaction. Monique Ngendangenzwa fait savoir qu’elle avait des difficultés à supporter le coût des soins médicaux. «Et d’ailleurs je vais passer au CDS pour me faire soigner. Je suis malade depuis le mois de décembre 2019. Néanmoins, puisque je n’avais pas d’argent, J’étais obligée de rester à la maison». Angèle Mbonimana, une sexagénaire abonde dans le même sens. Le manque d’une carte d’assurance maladie et de moyens financiers l’empêchaient de se faire soigner.
Les mécanismes d’assurance maladie couvraient seulement 17,9% de la population en 2012/2013, révèle l’ « Enquête Démographique et de Santé » (EDS) réalisée entre janvier 2012 et janvier 2013 sur tout le territoire national auprès d’un échantillon de 8 220 ménages dans le cadre du programme gouvernemental de protection sociale.
Seulement 23% de la population adhère à la CAM
D’après la direction générale des ressources au ministère burundais de la Santé Publique et de la Lutte contre le Sida, 23% de la population burundaise adhère actuellement à la CAM, mais la croissance future des adhésions à cette dernière pourrait être affaiblie par les réserves exprimées sur la longue période d’attente pour le remboursement des frais consécutifs aux prestations sanitaires rendus. Selon une seconde enquête réalisée en 2012/2013 intitulé « Paquet Minimum des Services de Santé au Burundi » (PMS), la CAM souffre des faiblesses de conception et de mise en œuvre. Même si c’est une initiative audacieuse d’étendre l’assurance-maladie au-delà du secteur formel à la masse populaire dépendant de l’agriculture familiale, relève l’enquête PMS, la réintroduction de la CAM en 2012 sans études techniques préalables menace l’efficience et la pérennité du mécanisme.
La CAM sous financée
En effet, explique-t-on dans cette enquête, la cotisation annuelle de trois mille francs burundais (1,96 USD) par ménage n’a pas été décidée sur base de calculs paramétriques de la viabilité du mécanisme, prenant en compte à la fois le coût des services couverts, la capacité contributive des ménages et le niveau potentiel du subventionnement public. En conséquence, fait-t-on remarquer, la CAM est sous-financée. Cette situation conduit à de longs retards de remboursement des factures et ainsi à l’accumulation des dettes par les formations sanitaires. Par ailleurs, l’enquête PMS fait remarquer que la Mutuelle de la Fonction Publique (MFP), qui fournit une assurance maladie aux employés du secteur public, bénéficie à une couche extrêmement faible de la population (3,4%).
Il en est de même des mutuelles de santé communautaires, souligne-t-on, car leur taux de pénétration est « extrêmement faible » puisqu’elles ne couvrent que 1,3% de la population. La MUSCABU (Mutuelle de Santé des Caféiculteurs du Burundi), considérée comme la plus importante pour avoir réussi à rassembler 14.830 ménages adhérents (31% des membres des associations des caféiculteurs) et 79.896 bénéficiaires en août 2012, a cependant des revenus aléatoires. En effet, ceux-ci sont exposés à une instabilité cyclique selon les « caprices du climat », avec pour effets pervers la possibilité de soldes déficitaires.