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Compétition « Cup of Excellence », La station de lavage de « Rubagabaga » remporte la première place

Du 15 juillet au 2 août 2018, l’Agence de Régulation de la Filière Café et l’Intercafé en collaboration avec l’ONG américaine « Alliance for Coffee Excellence », ACE en sigle ont organisé la 5ème édition de la compétition « Cup of Excellence » qui classe les cafés de spécialité selon leur goût. La station de lavage de Rubagabaga exploitée par la société Greenco a gagné le prix du meilleur café Burundais avec un score de 91,43%

Le ministre de l’Environnement, de l’Agrciulture et de l’Elevage, Dr Déo Guide Rurema visitant les stands lors de la compétition « Cup of excellence », édition 2018.

«Chaque année, la compétition « Cup of Excellence » est organisée pour sélectionner les cafés de meilleure qualité dits de spécialité. C’est une opportunité pour faire la promotion du café burundais », a déclaré le ministre de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Elevage Dr Déo Guide Rurema. Il a précisé que le gouvernement apprécie et soutient cette compétition surtout dans sa vision de promouvoir le café Burundais à travers les acheteurs internationaux. Ainsi, « la vision de l’ACE est de promouvoir une bonne qualité de café en sélectionnant des cafés exceptionnels commercialisables sur le marché international », a indiqué Mme Erin Wang représentante de l’ACE. D’ailleurs, depuis le début de ces compétitions, le café Burundais est connu; en témoigne les lots commercialisés dans les différents pays. De même, les acheteurs affluent vers le Burundi, car  attirés par la meilleure qualité du café Burundais, indique M. Joseph Ntirabampa président de la Confédération Nationale des Associations des Caféiculteurs (CNAC).

Du café de meilleure qualité

Pour John Tompson, président du jury, les lots présentés donnent une idée sur la qualité du café Burundais. Il a confirmé que la saveur du café Burundais atteint un niveau élevé. « Nous avons senti l’odeur des plantes aromatiques comme le jasmin dans les échantillons analysés », a-t-il indiqué. La dégustation permet de distinguer le bon café et du mauvais. Les caractéristiques recherchées dans le café sont, entre autres le sweetness ou le goût sucré, le goût chocolat, le goût fruité comme les bananes mûres ou les cerises du café, fait savoir Alfred Ndikuriyo, un des dégustateurs. Pour les mauvais cafés on peut les réconnaitre par lme gout amère résultant de la sur-fermentation du café cerise. Malgré la persistance du goût de la pomme de terre, la qualité du café est globalement bonne. « Normalement, quand on produit peu on mise sur la qualité », conclut le spécialiste.

Le ministre en charge de l’agriculture parle d’une heureuse coïncidence. « La bonne production du café vert (plus de 19 000 tonnes) est couplée avec la meilleure qualité. Pour les cafés de spécialité, pour la première fois 29 lots ont été sélectionnés dans 41 lots, dont 7 lots ont eu un score de plus de 90% (rang des lots présidentiels) alors que généralement on ne dépassait pas 2 ou 4 lots dans cette catégorie », fait remarquer Dr Rurema.  Les lots gagnants seront vendus aux enchères sur internet à travers l’ACE au mois de septembre.

Trois Burundais élevés au rang des dégustateurs internationaux

Le ministre Rurema a indiqué que la compétition « Cup of Excellence » contribue à renforcer les capacités des dégustateurs nationaux. Cette année-ci, trois candidats Burundais qui accèdent au rang des dégustateurs internationaux. Il s’agit de Jérémie Ndayishimiye, Jean Pierre Ntarindwa et Clémence Nsabimana qui vont désormais participer au

Greenco confirme sa première place dans l’amélioration de la qualité

Après 2015 et 2017, la société de transformation et d’exportation du café Greenco gagne pour la troisième fois le prix du meilleur café produit au Burundi. C’est la station de lavage de Rubagabaga qui remporte avec un score de 91,43%. M. Frédéric Kanuta, technicien chez Greenco est très satisfait de ce classement. « Sur les 29 lots sélectionnés par le jury, les stations de lavage encadrées par Greenco remportent 15 prix », se réjouit Kanuta. Greenco a mérité le certificat présidentiel car elle a beaucoup investi dans le secteur café.  Elle dispose d’ingénieurs agronomes qui encadrent directement les caféiculteurs lors de l’entretien des vergers. Et, au niveau des stations de lavage partenaires, les dépulpeurs exigent des cerises de bonne qualité, insiste M. Kanuta.

Kayanza, épicentre de la culture du café

La province de Kayanza vient en tête avec des caféiculteurs qui ont fait preuve de compétence dans le traitement du café. Ceci transparait dans le score enregistré en 2018, soit 91,43%. La culture du café est en vogue dans la province de Kayanza. Ce qui lui confère une place de choix dans les compétitions internationales. Ainsi, sur 29 lots qui ont gagné la 5ème édition de « Cup of Excellence »,  19 lots proviennent des stations de lavage de Kayanza. De plus, parmi les 7 lots présidentiels choisis par les spécialistes durant la même compétition, 6 lots ont été produits dans la province de Kayanza. Des données qui  confirment que Kayanza reste leader au niveau de la qualité du café.

Que gagne le caféiculteur ? 

Selon Mme Erin Wang de l’ACE, les lots qui passent par la compétition ont généré plus d’1 200 000 USD au cours des 5 dernières années.  La grande partie de cette somme a été versée aux caféiculteurs qui ont gagné la compétition, a-t-elle affirmé. « Les caféiculteurs bénéficient des primes après la commercialisation des cafés de spécialité. Cela les incite à produire du café de bonne qualité», s’est réjoui M. Ntirabampa. Par exemple, pour le café qui a gagné la compétition 2015, chaque caféiculteur a empochés 1 760 FBu par kilo cerise additionnels au 400 FBu initialement reçus lors de la vente, alors qu’en 2014, le caféiculteur avait reçu 7 850 FBu par kilo cerise additionnels à 600 FBu.

Toutefois, regrette –t-il, des retards ont été enregistrés dans le paiement des primes des caféiculteurs.  Il a suggéré à ce que les primes soient versées à temps aux caféiculteurs afin  d’améliorer leurs conditions de vie. La compétition « Cup of Excellence » a permis aux caféiculteurs et aux dépulpeurs de tisser des relations commerciales mutuellement avantageuses avec les acheteurs. Elle est pourtant d’une importance capitale dans la mesure où  elle permet de connaître le niveau de la qualité du café Burundais. Notons que plus d’une dizaine de pays dont  la Chine, la Russie, la Malaisie, la Corée du Sud, la Suisse, Norvège, Japon, les Etats-Unis d’Amérique, l’Angleterre, ont été conviés aux les cérémonies de clôture de la compétition pour apprécier la saveur du café Burundais. Le ministre en charge de l’agriculture leur a demandé d’être des « ambassadeurs » dans leurs pays respectifs pour attirer les investisseurs.

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