L’Association Burundaise des Femmes Journaliste (AFJO) a organisé vendredi le 13 décembre 2019 un concours de la chanson intitulé « Agahogo 2019 » sous le thème «Tous ensemble pour la promotion de la participation active des femmes et des jeunes à la consolidation de la paix, de la sécurité et du développement». Ce concours avait pour objectif de contribuer à l’amélioration du statut social et culturel de la femme dans la famille en particulier et dans la société en général
Le groupe Peace and Love animant les cérémonies
Au Lycée Scheppers de Nyakabiga durant cet après-midi pluvieux du vendredi 13 décembre 2019, une ambiance de grande joie, et d’enthousiasme régnait. . Au fond de la salle, la musique retentissait. D’ici et là les gens venaient petit à petit. Au son de la musique, les élèves de cet établissement n’ont pas pu se retenir. Les uns entraient à toute vitesse dans la salle, les autres regardaient par la fenêtre. Ils étaient plusieurs et le nombre s’accroissait de plus en plus. Le chanteur Vivi de Peace and Love et son groupe ainsi que le grand comédien Kigingi étaient là pour agrémenter les cérémonies.
Le conseilleur économique du maire de la ville de Bujumbura a rehaussé de sa présence cet événement. Dans son mot d’ouverture, Christophe Kinshasa a salué avec enthousiasme l’initiative de l’AFJO de promouvoir les jeunes talents au service du pays. C’est un tournant décisif vers la mise sur pied d’un véritable programme de promotion de la vraie musique burundaise, a-t-il indiqué.
Il a souligné que les chanteurs sont un outil pour le maintien de la paix au Burundi. Il a rassuré les jeunes chanteurs que le gouvernement ne ménagera aucun effort pour les soutenir et promouvoir la chanson burundaise. « La Mairie soutiendra toujours de telles initiatives qui contribuent au développement du pays et de la ville ».
La musique pour l’amélioration du statut social et culturel de la femme
Diane Ndonse, représentante légale indique que l’AFJO veut utiliser la musique pour valoriser le rôle des femmes et des jeunes dans la consolidation de la paix et le développement communautaire. « En organisant ce concours, l’AFJO veut contribuer à l’amélioration du statut social et culturel de la femme dans la famille et dans la société ». A travers cette action, l’AFJO veut appuyer la production de trois chansons qui promeuvent le rôle des femmes et des jeunes dans la consolidation de la paix et le développement communautaire. Elle veut sensibiliser la population à jouer un rôle actif dans la promotion de l’égalité des genres et elle souhaite amener les journalistes à parler du rôle de la musique dans la valorisation du rôle des femmes et des jeunes dans la cohésion sociale et le développement communautaire.
Diane Ndonse, représentante légale de l’AFJO: « On veut utiliser la musique pour valoriser le rôle des femmes et des jeunes dans la consolidation de la paix et le développement communautaire »
La chanson ou la musique est considérée comme la propagande la plus efficace et la plus rapide. L’AFJO déplore les messages véhiculés à travers certaines chansons qui dévalorisent la femme. Les chansons bien conçues peuvent contribuer à valoriser le rôle de la femme et sa contribution dans le développement du pays.
Ainsi, tout artiste âgé de 18 à 35 ans et les femmes de tout âge qui le désirent étaient invités à composer des chansons qui cadrent avec le thème « Femmes et jeunes, le pilier de la paix et du développement ».
Dans ce concours, cinq finalistes sélectionnés étaient présents, le cœur palpitant, pour pouvoir enfin participer à la finale du premier Concours «Agahogo 2019» il s’agissait de Ange Bernice Irakoze, Anne-Marie Irahambaye, Inès Niyera, le groupe Buhonga Boys et Tite Munyembabazi
Le jury était composé de six membres dont des professionnels des médias et des chanteurs, à savoir: Christian Nsavye, chanteur et journaliste à la radio Isanganiro, Angela Singirankabo de la radio Nationale, Candide Kazatsa, chargée de la communication à la Mairie, Freddy Kwizera, président de l’amicale des musiciens, Thierry Kitamoya, journaliste et Yvette Ihorimbere, représentante légale de RFM. Le jury portait son jugement en tenant compte du message véhiculé dans la chanson, de l’entrée du candidat sur scène, de la performance et la justesse de la voix dans la musique. Chaque chanson ne devrait pas dépasser 5 minutes. « Le règlement de ce concours consistait à présenter un texte de chanson rédigé en Kirundi et cadrant bien avec le thème dudit concours. Le jury a auditionné les dix participants retenus pour la qualité de leurs textes dont sont sortis les 5 retenus pour la finale. Trois seulement sortiront vainqueurs », explique Yvette Ihorimbere, membre du jury.
Un concours salué
Anne-Marie Irahambaye qui a remporté le premier prix est passée devant le jury avec sa chanson «Abakenyezi n’urwaruka ni kirumara mu gustimbataza amahoro n’iterambere mu gihugu». Grande surprise pour le public, c’est avec sa guitare et une voix hors du commun qu’elle interprète sa chanson. Le public était ému. Le son de la guitare, la voix et les paroles étaient en harmonie avec la musique. « C’est elle la gagnante, c’est sûr, elle les a tous surpassés », pouvait-on entendre dans la salle. A la proclamation des résultats, ce n’était pas vraiment une surprise. Elle a remporté le prix avec 88,6% de points. Elle a reçu une enveloppe de 1,5 millions de FBu.
Anne-Marie Irahambaye, la gagnante, remporte le prix avec 88,6% des points
La 2ème et la 3ème place reviennent respectivement à Inès Niyera avec 78,8% de points et Tite Munyembabazi avec 75,1% de points. Ils ont remporté respectivement 1 million de FBu et 500 mille FBu. A côté de ces sommes, ils ont également reçu une enveloppe de cent mille FBu et un certificat d’honneur.
La 4ème place revient au groupe «Buhonga Boys» avec 72,8% de points et Ange Bernice Irakoze a occupé la 5ème place. Les deux ont eux aussi reçu une enveloppe de 100 mille FBu et un certificat d’honneur.
Pour la championne Anne-Marie Irahambaye, le prix reçu récompense les efforts fournis. La compétition n’était pas facile. Elle a été appelée à se faire enregistrer 2 jours avant la compétition. « Au début, on devait juste écrire le texte mais, par après, ils nous ont dit qu’on va également chanter »
Cette jeune fille de 20 ans, finaliste des humanités générales, nous confie qu’elle chante dans la chorale de son église et que c’est là qu’elle a appris à jouer de la guitare. « J’ai appris à chanter depuis que j’étais toute petite à l’école du dimanche Sunday School ».
Quant à Inès Niyera, ne pouvant pas cacher sa joie, elle était toute contente et elle souriait à chaque minute : « je suis submergée d’émotions. Je remercie l’AFJO pour ce concours .C’est une grande lancée dans ma carrière étant donné que j’ai déjà sorti deux chansons ».
Les trois meilleures chansons seront raffinées au studio sur financement de l’AFJO et pourront être diffusées dans les radios. La musique est aussi un partenaire idéal pour le progrès social, a conclu Mme Ndonse
Les cérémonies se sont clôturées dans une ambiance électrique. Le groupe Peace and love a fait bouger le public. Tout le monde chantait et dansait aux rythme des mélodies comme Kugatumba, Haranira amahoro, Ntabundi buhinga, Ubuzima, etc.
Ce concours de la chanson a été organisé dans le cadre du projet Partenariat Stratégique pour le Lobbying et le Plaidoyer-SPLA avec l’appui financier du Ministère des Affaires Etrangères du Royaume des Pays-Bas à travers l’ONG Cordaid.